Pausanias, V, X
fragments*; mais les produits de cette industrie, spéciale à Naxos, n'ont dû, à celte époque, être utilisés que dans cette île, dans les lies voisines et dans des villes qui, comme Athènes, entretenaient avec les Cyclades d'étroites relations. Dans TAttique même, c'est seulement au V® siècle que cette pratique se généralisera, que l'on prendra l'habitude de substituer, dans la couverture du temple, le marbre à la terre cuite ; on y sera tout naturellement conduit quand le temple sera bâti en marbre du Pentélique. Partout alors, du faîte de l'édifice jusqu'aux larges degrés du soubassement, éclatera la blancheur de la roche cristalline. Jusqu'à ce moment, c'était l'argile qui avait été affectée à cet usage, l'argile qui s'y prête si bien par son bas prix et par les facilités qu'elle offre au moulage; on continuera longtemps encore de s'en contenter, presque partout.
Il semble pourtant que , là où le marbre faisait défaut, on ait quelquefois employé, par esprit d'imitation, àla place des tuiles, des dalles de pierre^; mais ce
n'a jamais été là que l'exception 247. — charpente de la cathérale de Monréale
et, d'ailleurs, la couverture en ^^^^^'^ ^'- ^^'^^^^'•
marbre ou en pierre n'était que la copie de la couverture en tuiles qui, elle, est née avec le temple périptère, et dont les dispositions ont été combinées dès le début de manière à garantir une protection efficace au sanctuaire, aux vestibules et au portique au-dessus desquels s'étendait l'abri de ses terrasses inclinées.
L'élément principal de cette couverture, c'est des tuiles plates, à rebords, qui reposaient sur les chevrons, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un voligeage (pi. XLIV, 3, 4, 14,pl.XLV,A,B,C,D)^ Très lourdes, elles pouvaient tenir en place par leur propre poids ; quelquefois aussi, pour les fixer mieux encore, on les reliera par des clous aux chevrons. Dans le sens de la pente du toit, ces tuiles étaient
\, Lepsius, Griechische Marmorstudien, p. 125. Les fragments de corniche auxquels nous faisons allusion sont ceux dont il est donné un échantillon dans les Antike Denkmœler, t. I, pi. 50, fig. E.
2. HiTTORF a trouvé, dans les ruines du temple S de Sélinonte, des dalles de pierre qui avaient toute l'apparence de tuiles {Architecture antique de la Sicile, p. 560).
3. Sur les formes différentes que présentent ces tuiles et leurs différents arrangements, suivant les temps et les pays, voir les observations de Grœber, dans le programme déjà souvent cité Ueber die Verwendung von Terrakotten im Geison und Dache Griechischer Bamverhe, p. 14-22.
posées de façon que le bord inférieur de celles du second rang recouvrit le bord supérieur de celles du premier rang, et ainsi de suite jusqu'au faite. L'eau glissait du haut en bas sur cette surface inclinée; mais, dans le sens de la pente, il y avait des joints, par où la pluie aurait pénétré dans le comble, s'ils n'avaient pas été couverts par des tuiles d'une forme spéciale (pi. XLIV, 1, 2, 10, 11)*. Celles-ci, le plus souvent, étaient rondes, ou tout au moins nous les rencontrons ainsi conformées dans les édifices les plus anciens, tels que l'Hérseon, le Trésor de Gela, le temple C de Sélinonte (pi. Vil, 1, 2) ; on les trouve aussi triangulaires, par exemple au temple d'Égine (pi. VII, A), à Métaponte et à Sélinonte, où elles sont élégamment décorées sur leurs faces supérieures et sur leurs côtés (pi. XLV).
Les tuiles faîtières sont, elles aussi, des tuiles de recouvrement; elles ont la forme de demi-cylindres, sous lesquels pénètrent, deux à deux, les bords supérieurs des tuiles de la dernière rangée, sur chaque versant (pi. XLIV, 5, 6, 7, 8, 9 10). Ce qui les distingue, c'est qu'elles sont le plus souvent munies d'un ornement en saillie, dont la répétition dessine une crête qui se profile sur le ciel. Cet ornement est d'ordinaire une sorte de palmette (pi. VII, 1).
Le long des rampants du fronton, il y a toujours une série de tuiles qui offrent une disposition toute particulière (pi. VII, 1). Ces tuiles se relèvent presque verticalement par leur bord externe et c'est ce relief qui fournit à la corniche sa cymaise, couronnement du larmier. En arrière de cette saillie, la tuile est concave ; elle se creuse en un chéneau qui aboutit à l'une des gargouilles ménagées aux deux
\. Planche XLIV. 1, 2, 3, 4. Temple R, à Sélinonte. 4, 2, Tuile de recouvrement vue par-dessous et par-dessus. 3, 4, tuile plate vue par-dessus et pair-dessous. D'après Hittorf, Archit, antique, pi. 46. — 5. Elévation de tuiles faîtières trouvées à Sélinonte. — 6. Coupe longitudinale des mômes tuiles. — 7. Coupe transversale d'une tuile faitière. — 8. Vue de côté de la même tuile. — 9. Perspective de la même tuile. Notizie degli scavi, 1884, pi. VI. — 10. Tuile de recouvrement, à crochet, vue pardessous. — 11. Coupe transversale de la même tuile. Type de la Grèce propre. Grœber, Ueher die Verwendiing, p. 18. — Temple R. 12. Profil perspectif d'une cymaise de fronton. 13. Perspective de l'assemblage de ces tuiles vues par derrière. D'après Hittorf, Arch. ant, pi. 46. 14. — Sélinonte. Tuile plate, vue perspective, en dessous. Notizie, 1884, pi. 6. — Temple d'Apollon à Bassœ. 15. Assemblage de tuiles faîtières, de tuiles de recouvrement et de la cymaise du fronton, vues par derrière. 16. Coupe géométrale de l'assemblage de la cymaise. 17. Assemblage des tuiles, coupe transversale. 18. Plan de ces tuiles. 19. Plan de la tuile faîtière, d'après Blouet, Expédition de Morée, t. II, pi. 8.
2. Dans le très vieux temple de Tirynthe, dont il n'a été retrouvé que de très faibles débris, les antéfixes étant triangulaires, les tuiles de recouvrement devaient offrir la même disposition (Schuemann et Dœrpfeld, Tirynthe, p. 276, iîg. 125, pL tuiles ornées,)