‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 287 sur 349 · ECHELLE PE ^ P.M · texte numérisé non relu

ECHELLE PE ^ P.M

TABLEAU COMPARATIF DES PROPORTIONS Gi:TiRAL2G DU TEMPLE DORIQUE

Celle particularité nous avertit que, dans le mode dorique, les proportions différaient profondément, suivant qu'elles étaient appliquées aux temples ou à des édifices d'une autre destination.

C'est également en série chronologique que sont indiquées, dans le diagramme inférieur du tableau C, les dimensions de hauteur, soit des entablements, soit des colonnes '.Quelques-unes de ces dernières ne figurent pas dans le diagramme supérieur, parce qu'elles appartiennent à des édifices dontTétat de ruine n'a pas permis de reconnaître le plan. Telles sont les colonnes d'un temple de Tarente (fig. 261) et celles qui sont engagées dans les murs de l'église Santa-Maria, à Syracuse.

Le tableau que nous examinons fait ressortir les dimensions assez médiocres des temples doriques. Dans quinze de ces édifices, la hauteur des colonnes est au-dessous de sept mètres, et dans treize autres cette hauteur n'atteint pas onze] mètres. L'élévation considérable de la colonne du temple des Géants s'explique par la structure exceptionnelle de cet édifice.

Recherchons maintenant les différentes proportions qui ont existé entre le diamètre et la hauteur des colonnes, et entre ce même diamètre et la hauteur de l'entablement. Ces rapports sont indiqués dans la partie inférieure du tableau D (pi. L), le diamètre étant le même pour toutes les colonnes ^ L'étude de ce diagramme nous fait reconnaître des particularités remarquables :

1** Dans chaque temple, les colonnes ont une proportion qui leur estpropre, autrement dit les proportionsde cessupports sont différentes dans tous les édifices sacrés. Le rapport le plus bas est 4,063 et le plus élevé 6,471 ;

2"* Presque toujours, la hauteur des entablements diminue à mesure que la hauteur des colonnes augmente ; mais le mouvement ondulatoire des lignes qui couronnent les ordonnées, dans les deux diagrammes de ce tableau, montre que cette diminution ne s'est pas opérée suivant un rapport constant dans tous les temples. La proportion la plus élevée est 2,45, la moindre 1,71.

Ces deux rapports extrêmes ne correspondent ni à la plus petite, ni à la plus grande proportion des colonnes.

Dans le diagramme inférieur du tableau D, ces mêmes rapports se succèdent dans Tordre des hauteurs.

1. Dans toutes ces figures, la hauteur de l'entablement ne comporte pas de cymaise.

2. Le temple visé sous le n« 18 et ainsi désigné Hera Agrig. est celui que Ton appelle souvent de Junon Lucine,

En résumé, le souci de diversifier les proportions des temples a été poussé si loin chez les Grecs, qu'ils n'ont jamais employé deux fois les mêmes rapports généraux dans ces édifices. L'étude de nos tableaux permet de formuler cette conclusion avec la plus entière certitude.

Le système modulaire,

11 ne faudrait pas supposer, parce que les temples doriques sont dissemblables, que, dans chacun de ces édifices, les proportions aient été établies comme au hasard ; elles répondent, au contraire, à tout un ensemble de prescriptions canoniques dont Vitruve a si maladroitement exposé la théorie, qu'elle a été à peu près incomprise par les architectes de la Renaissance aussi bien que par leurs successeurs.

Les passages du texte de cet auteur où il disserte sur les proportions ne se lient pas les uns aux autres. De plus, ils présentent souvent une certaine obscurité d'expression. Mais Vitruve avait lu les traités, perdus pour nous, des architectes grecs, et c'est seulement dans son livre qu'il est possible aujourd'hui de puiser des notions un peu précises sur les proportions architectoniques employées par les anciens*.

Nous allons définir brièvement, et sous une forme suivie et systématique, la méthode des proportions dont les éléments sont épars dans le traité de l'architecte romain.

i. Ce n'est pas ici le lieu de discuter la question du plus ou moins d'importance qu*il convient d'attacher à Tautorité de Vitruve. Ce qui est certain, c'est que, tout en s' appliquant surtout à enseigner le système de proportions qui était usité de son temps, il a eu entre les mains les traités des architectes grecs, où ceux-ci avaient exposé leur pratique et les règles qu'ils avai^t appliquées. Il cite Silenos, Théodoros, Chersiphron et Métagène, Ictinos et Carpion, etc. (VII, 12). A-t-il toujours suffisamment médité et toujours bien compris les textes de ces auteurs? 11 est difficile de le dire : aucun de ces traités ne nous est parvenu. En tout cas, les termes dont il se sert sont en grand nombre empruntés à la nomenclature créée par ces architectes ; il a tiré de leurs ouvrages plus d'une indication utile, que l'étude des monuments nous permet de mieux utiliser que n'avaient pu le faire les commentateurs de la Renaissance. Il en est ainsi pour ces symmetriai dont il parle et qui renfermaient virtuellement toute la théorie de ces modules auxiliaires sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir (Chipiez, le Système modulaire et les proportions dans Varchitecture grecque^ Revue Archéologique ^ t. XIX, 4891). On peut, avec quelque attention et quelque précaution, dégager de ses assertions les éléments d'une doctrine architectonique, le système modulaire, qui est bien celle des maîtres grecs. Le fond de ce système est certainement très ancien ; mais les prescriptions relatives aux rapports numériques ont varié de siècle en siècle. 11 en est de même de certaines classifications : ainsi, par exemple, il serait inutile de chercher à appliquer aux temples doriques du vi« et du v« siècle celle que Vitruve donne des différents genres d'entre-colonnement ; c'est avec les monuments ioniques de l'époque hellénistique que l'on éprouverait le moins de difficulté à la faire concorder.

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