‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 288 sur 349 · TABLEAU COMPARATIF DES PROPORTIONS GÉNÉRALES DU TEMPLE DORIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU COMPARATIF DES PROPORTIONS GÉNÉRALES DU TEMPLE DORIQUE

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C'est au moyen du module, et suivant une méthode particulière, que les Grecs fixaient les différentes proportions d'un édifice.

Le module est une mesure linéaire qui doit être comprise un certain nombre de fois dans une dimension de hauteur ou de largeur donnée. La dimension que doit diviser le module, c est la largeur du monument pour les temples, le diamètre de l'orchestre pour les théâtres, la hauteur de la colonne pour les portiques, etc.

Les figures 256 et 257 montrent les effets qui résultent de l'emploi du module pris en hauteur. La première représente la façade des propylées de Sunium, et la seconde le portique de Philippe, à Délos.

Ces deux monuments ont à peu près la même hauteur. Si on la divise en un certain nombre de parties égales, c'est-à-dire de modules, on verra la ligne de base des propylées A B contenir un nombre de modules bien moins grand que celle du portique de Philippe, C D. En conséquence, dans le cas où le module est employé de cette façon, les largeurs peuvent avoir les proportions les plus diverses par rapport à la hauteur, c'est-à-dire que les premières ne sont pas proportionnelles à la seconde.n

Tout autres sont les effets du module des temples. Quand, dans ces édifices, les largeurs s'étendent, les hauteurs grandissent en proportion, ou à peu près. C'est ce que prouvent les temples d'Égine et d'Olympie, représentés fig. 253 et 254. Dans ce dernier édifice, la dimension du module s'accroît en même temps que la largeur de la façade, et les colonnes augmentent en hauteur et en largeur, de même que les autres membres d'architecture.

Le nombre de modules que doit comprendre la largeur des temples diffère suivant le mode d'architecture de ces monuments et le nombre de colonnes qui entrent dans la composition de leur façade. Il s'ensuit que le module est une mesure variable, mais non pas arbitraire, puisqu'elle doit toujours

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diviser en un nombre voulu de parties égales une dimension donnée.

En principe, la colonne doit avoir tant de modules et le chapiteau tant. Il en est de même pour l'architrave, la frise, la corniche et les autres parties de l'édifice.

En outre, l'architecte romain veut que le module corresponde à une dimension de certains membres de l'édifice, telle que le diamètre de la colonne, ou, dans Tordre dorique, la largeur du triglyphe.

Mais ce n'est pas tout. Le module général une fois constitué, Vitruve en subordonne l'emploi aux dimensions absolues du temple. Si, par exemple, la colonne a quinze pieds d'élévation, l'architrave aura une hauteur égale au demi-diamètre inférieur du fût, tandis que^ si elle a vingt pieds, il faudra la diviser en treize parties, dont une donnera la hauteur de l'architrave (fig. 258, à droite).

De même, le plus ou moinsde largeur des entre-colonnements changera la proportion de hauteur pour les colonnes d'un même ordre. L'entre-colonnement le plus étroit (pycnostyle, un module et demi) doit avoir des colonnes de dix modules de hauteur (fig. 258, à gauche) et le plus large (aréostyle) des colonnes de huit modules seulement ^

On a proposé de donner le nom de canons conectifs aux règles qui modifient les proportions typiques *.

Enfin, pour chaque division des membres de l'édifice, Vitruve prescrit une loi spéciale de fractionnement, laquelle donne naissance aux mesures que l'on a nommées des modules auxiliaires ^.

Soit l'architrave ionique dont nous venons de fixer la hauteur, conformément aux prescriptions canoniques.

Pour obtenir les proportions des moulures de cette architrave, il fkut la diviser verticalement en sept parties égales : une de ces parties sera la hauteur de la cymaise qui la couronne. Puis on divisera en douze la totalité des six autres. Trois de ces parties seront la hauteur de la face du bas, quatre de la face du milieu, et cinq de la face supérieure de cette architrave. Les autres membres de l'ordre seront déterminés d'une manière analogue*.

Par l'emploi de ces sortes de modules, on obtient autant d'échelles difi'érentes qu'il est nécessaire pour constituer des membres d'architecture dont les proportions se déduisent les unes des autres, et l'on

i. VlTRUYB, ni, III, 10.

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