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les restes des monumeats qu'ils dégageaient, et ce qui ressort de cette enquête, c'est que, hors peut-être dans un seul édifice, on n'a pas trouvé trace de couleurs qui aient été posées sur la pierre plus bas que le chapiteau de la colonne. C'est ce qu'affirmaient avec assurance, après dix années d'études poursuivies sur le chantier, les architectes allemands qui avaient travaillé à l'exhumation d'Olympie, et, dans cet incomparable champ de fouilles, toute l'architecture grecque leur avait passé sous les yeux, représentée par des bâtiments dont les uns, comme le temple d'Héra et plusieurs trésors, remontaient au vu* et au vi"" siècle, tandis que d'autres étaient contemporains des successeurs d'Alexandre et même de la domination romaine. Ce qui, pour eux, ressortait des constatations qu'ils avaient opérées sur des fragments sans nombre et de tout âge, c'est que la décoration polychrome n'avait été appliquée, en règle générale, que sur les parties hautes de l'édifice ^
Cette règle, comment le constructeur a-t-il été amené à l'adopter? Peut-être pouvons-nous deviner les motifs qui l'y ont décidé. Appliquées sur un objet quelconque, des couleurs vives et franches semblent lui donner plus de corps et de solidité ; elles le font paraître plus proche qu'il ne l'est réellement. Or, dans un grand édifice, l'entablement est sensiblement plus éloigné de l'œil du spectateur que le stylobate, que les colonnes et que les murs de la cella. C'était donc surtout à cet entablement, à ses champs et à ses profils qu'il importait d'assurer le bénéfice des vertus de la couleur, en appelant celle-ci à redresser, dans une certaine mesure, les perceptions de la vue. Grâce à l'intensité des tons et à leur variété, l'architecte reprenait ainsi, un à un, tous les traits du dessin de la modénature ; sans les grossir et les alourdir, il les rendait plus nets; il appelait l'attention sur les correspondances et sur les contrastes par lesquels s'indiquaient les rapports que certaines analogies ou certaines différences de fonction établissaient entre les divers membres de cet ensemble. L'effet de diminution et d'atténuation produit par la distance se trouvait ainsi corrigé; la vigueur des colorations locales donnait à chaque motif son indépendance et sa pleine valeur; elle accentuait singulièrement la fermeté des contours.
Ce qui achevait d'appeler là l'intervention de la couleur, c'était le
1. C'est ce que ces architectes s'accordèrent à déclarer à M. Pottier, qui les interrogea à ce sujet quand, en 1879, il leur fît visite à Olympie (L'Architecture, 1889, p. 28, 29). Les observations que fit M. Pottier sur les fragments qui lui furent montrés confirmèrent les dires des directeurs des travaux.
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