HACHETTE ET C
ri|iMMplJpïïîM)l^iiaB^l=m^
MODE ©ORIQVE
Il II II II II
CYMAISE ET RSVBTEM.BNT
Jtnj). Drac^er
LA DECORATION POLYCHROME Terre cuite.
rouges, quelquefois aussi de la couleur naturelle du stuc; il arrivait aussi qu'elles fussent peintes en jaune ou dorées. On devine de certaines correspondances ménagées dans la coloration entre les membres qui, dans l'économie générale du bâtiment, se font pendant. Les petites cymaises de la corniche et du chapiteau de Tante sont d'ordinaire décorées de feuilles peintes. Le champ des métopes n'était colorié que quand il servait de fond à des sculptures; il l'était alors en rouge ou en bleu; autrement il restait blanc. Les champs des frontons et ceux des frises sculptées étaient généralement peints en rouge ou en bleu claire »
Si telle est la pratique à peu près constante de l'architecte grec pendant toute la durée de l'âge classique, ces règles, comme nous en avertit lui-même l'auteur de cet exposé, ne laissent pourtant pas de comporter certaines variantes et certaines exceptions. C'est ainsi que, dans le temple d'Égine — le fait paraît bien attesté — le dallage de la cella aurait été recouvert par une couche de stuc d'un rouge très franc *. Quant au stylobate, jamais on n'y a aperçu, sur les gradins, la moindre trace de couleur. Pour ce qui est des colonnes, on croit avoir distingué, sur un des fûts du temple E, à Sélinonte, trois bandes circulaires, sortes de ceintures dont l'une aurait été rouge, l'autre blanche, et la troisième bleue ^; mais, à supposer l'observation exacte, le fait reste isolé. Nulle part ailleurs on n'a signalé, sur les tambours, ni rouge ni bleu. La seule différence, d'un temple à l'autre, c'est que le ton du stuc, dans certains édifices, comme à Égine et dans la plupart des temples de la Sicile et de l'Italie, tire sur le jaune, tandis que, dans les monuments d'Olympie, il semble avoir visé plutôt à imiter la blancheur du marbre. Ce qui est vrai de la colonne l'est aussi des murs de la cella; on n'y rencontre qu'un stuc qui se rapproche plus ou moins du ton de la pierre. Il n'y a, nous affirme^t-on, de feuilles peintes sur
K BerL phil, Wochenschriftj 1895, p. 49, 50 (dans l'étude que Borrmaiin consacre à la seconde édition du manuel de Durm, auquel il reproche d'avoir fait une trop large part à l'hypothèse dans l'exposé qu'il présente des pratiques de la polychromie). C'est à peu près dans les données indiquées par Borrmann que se tient l'auteur de la planche CXII des Baudenkmœler {Olympia, t. I), planche dessinée par Paul Grœf et où est présentée une restitution de Tangle de rentablement d'un trésor. Les colonnes, leurs chapiteaux, Tarchitrave et même le larmier y gardent le ton naturel de la pierre ou d'un stuc qui imite ce ton. Des couleurs sont posées sur le chapiteau de Tante, sur le gorgerin des fûts, sur la frise, sur une partie de la corniche. La décoration polychrome reste très sobre.
2. LoviOT, U Architecture, 1889, p. 85. Ce témoignage est confirmé par le statuaire Eugène Guillaume, qui me raconte avoir ramassé lui-même un de ces fragments de stuc rouge et l'avoir rapporté à Garnier.