Sebra di Falco, Antickità délia Sicilia, t. II, p
réchine d'aucun des chapiteaux qui ont été découverts à Olympie et nous n'avons aucune raison de révoquer en doute cette assertion; mais il n'en est pas moins vrai que, sur plusieurs chapiteaux de Paestum, on a relevé de menus ornements, feuilles et fleurs, dont le relief est à peine sensible (pi. XXVI). C'est grâce à une coloration spéciale, dont quelques vestiges se discernent d'ailleurs sur le stuc, que ces ornements se détachaient du fond; sans elle, ils eussent été à peine visibles*. Ces ornements végétaux, on les a vainement cherchés sur le coussinet des chapiteaux d'Égine, ce qui n'a pas empêché de les y faire figurer quand on a restauré le temple*; tout ce que Ton a trouvé là, c'est des restes d'un stuc dont la teinte actuelle, terre de Sienne brûlée, représenterait, croit-on, un rouge qu'aurait usé et comme éteint une longue exposition à l'aire II en est de même pour l'abaque ; dans la restauration, on y a dessiné un méandre, quoique la pierre, on le reconnaît, ne donnât aucune indication à ce sujet. Au contraire, la teinte rouge qui a été attribuée à l'architrave serait justifiée, assure-t-on, par de nombreuses traces de rouge qui existeraient encore sur la face externe de la plate-bande ; ce rouge, qui aurait été mêlé à l'enduit, serait encore très vif par endroits*. Si Ton n'a pas été trompé par les apparences, Tarchitecte n'aurait pas suivi ici la même règle qu'à Olympie, où les architraves paraissent être restées blanches*. Quant aux rinceaux qui ont été dessinés en jaune et en vert sur cette architrave, ils sont de pure invention®. En revanche, les partis que l'auteur de la restauration a pris, pour la décoration de la frise et de la corniche, ne s'écartent pas sensiblement de ceux qui nous sont indiqués pour Olympie. Il n'y a qu'une différence : dans cette restitution des deux membres supérieurs de l'entablement du temple d'Égine, le bleu est le ton dominant; il est affecté ici à des moulures que l'on se serait attendu, d'après les observations faites sur les ruines d'Olympie, à trouver teintées de rouge. Ce sont là d'ailleurs des détails d'importance secondaire; tout contestable que puisse être tel ou tel d'entre eux, la décoration polychrome n'en reste pas moins, dans toute restauration
1. Sur ces traces de couleur au bas de l'échiné des chapiteaux de Pœstum, Hittorf, Arch. polych., p. 45, note 1 ; Garnier, Le temple de Jupiter Panhellénien, p. 18.
2. Gh. Garnier, Le temple de Jupiter Panhellénien à Êgine (1889, in-f^, Didot), pi, IX-X.