‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 297 sur 349 · Garnier, Le temple de Jupiter, p · texte numérisé non relu

Garnier, Le temple de Jupiter, p

dontrauteur s'en tient aux indices fournis parles monuments, assignée et réservée à la portion de Tédifice où les premiers modèles avaient été donnés parla tuile émaillée, où celle-ci en avait posé le principe et créé le type. lien est ainsi certainement des temples duv^ siècle; mais il est possible que, dans certains édifices plus anciens, l'architecte ait plus largement usé de la couleur. Il en est de même dans la statuaire : la coloration que le sculpteur archaïque donne à ses figures est plus variée, les tons y sont plus francs et plus hardiment étendus sur toutes les surfaces que dans l'œuvre des maîtres de l'âge suivant.

Il y a d'ailleurs des différences sensibles entre les tons que la flamme incorporait à l'argile et ceux que le pinceau posait sur l'enduit. Si ces derniers s'étaient aussi bien conservés que les dessins des plaques de terre cuite, nous découvririons peut-être aussi que les motifs variaient, dans certaines limites, quand le décorateur changeait de procédé. En tout cas, la palette du peintre céramiste était plus pauvre que celle du peintre en bâtiments. Le premier n'a employé que quatre couleurs, le blanc, le noir, le jaune et le rouge, les quatre couleurs qui, au témoignage de Pline, ont été les seules dont aient usé, jusqu'au temps même d'Alexandre, les artistes que nous appellerions des peintres d'histoire, les Zeuxis et les Apelle (pi. VIII et IX)*. Le second ajoute, à ces quatre tons fondamentaux, le bleu et peut-être le vert. Le bleu, un bleu tantôt clair et tantôt sombre, alterne partout avec le rouge dans l'ornementation des chapiteaux ioniques et des cymaises de marbre qui, rendues au jour par les fouilles récentes de l'Acropole d'Athènes, proviennent d'édifices ruinés du sixième siècle*; on en a retrouvé de nombreux vestiges dans le creux des triglyphes de maint temple grec. Quant au vert, on ne saurait nier que la trace n'en soit apparue sur plus d'un monument^; mais y représente-t-il exactement le ton original, celui que le peintre avait voulu mettre sur l'enduit ou sur le marbre? 11 est permis d'en douter. Tous ceux qui ont manié ces

i. Les éléments de la planche VIH sont empruntés aux planches III et I de Dœq)feld, Ueber die Verwendtmg.La, planche IX est exécutée d'après deLuynes et Bebacq, Temples de Métaponte, Pour le décor polychrome exécuté au moyen de la terre cuite, consulter aussi les planches CXV-CXXIV d'Olympia^ Baudenkmœler, t. I, et la description de ces planches donnée par R. Borrmann et enrichie de nombreuses figures insérées dans le texte. Sur les terres cuites peintes de la Grèce propre, qui n'auraient pas été assez remarquées, voir Fenger, p. 24-25.

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