‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 299 sur 349 · TOME VM · texte numérisé non relu

TOME VM

Dans les plaques de terre cuite comme dans les peintures exécutées sur Tenduit ou sur le marbre, les couleurs étaient posées à plat, Tune à côté de Tautre, sans nuances intermédiaires qui fissent la transition; mais le peintre, avec un sûr instinct, avait su éviter les rencontres qui auraient produit sur Tœil un effet désagréable. Ainsi, dans les ornements, le rouge et le bleu sont séparés d'ordinaire soit par un filet blanc et noir, soit par un léger filet d'or. Ailleurs, là où il s'agit de membres d'architecture, tels que le triglyphe et la métope, dont l'un est teint en blanc tandis que la métope est souvent colorée en rouge, les deux tons se touchent; mais les surfaces ne sont pas dans le même plan et les ombres portées viennent tempérer ce que cette juxtaposition aurait pu avoir de dureté. On pouvait d'ailleurs compter sur la distance pour atténuer la hardiesse de certaines oppositions, pour parer à tout risque de violence et d'outrance.

Si l'on sait quels étaient les tons qui servaient à établir ce décor, on est moins avancé au sujet de la nature et de la composition chimique des couleurs employées à cet effet. Voici ce qu'indiqueraient les quelques analyses qui ont été faites de fragments d'argile peinte ou d'enduits colorés recueillis en Sicile et à Athènes*. Le blanc est de la céruse ou de la craie, le noir du ier brûlé ou de l'os carbonisé, ce que Ton appelle du noir animal. Le jaune, c'est de l'ocre. Le rouge parait avoir été parfois un fer oligiste terreux et plus fréquemment le cinabre naturel. Quant au bleu, c'est un carbonate ou un silicate de cuivre, ce que Vitruve appelle le bleu d'Alexandrie, une fritte dont il donne la recette-; c'est le bleu dont se sont aussi servis les sculpteurs d'Athènes, au vi*^ siècle, et, plus tard, les coroplastes de Tanagra, pour colorier parfois le nu et toujours les draperies de leurs statues ou de^leurs figurines.

Dans les temples de tuf, là où , comme sur les triglyphes ou sur toute ia longueur d'une plate-bande, on ne voulait avoir qu'un ton uni, la couleur était souvent mêlée au stuc, en sorte qu'elle ne risquait point de disparaître, tant que celui-ci continuait d'adhérer à la pierre. Quant aux ornements, tels que palmettes, fleurons, rinceaux, ik ne pouvaient être tracés qu'au pinceau. Par une inscription déjà citée, on sait que, sur le marbre tout au moins, le travail se faisait par le procédé de l'encaustique, c'est-à-dire ai^ moyen de couleurs mêlées

i. HiTTOKF, Architecture polychrome, ch. 74. Rayet, Bulletin de la Société des Antiquaires, 4880, p. 109.

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