‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 3 sur 349 · Euripide, Alceste, v. i · texte numérisé non relu

Euripide, Alceste, v. i

eut prêté des formes charmantes à ce que Ton appelait les nymphes des bois et des fontaines, alors qu'il représentait les fleuves sous les traits de vieillards robustes, à la barbe limoneuse, à la tête couronnée d'une épaisse chevelure que percent des cornes, emblème de la force, le souvenir se conserva toujours du temps où, comme dit le poète,

Chaque arbre divin Enfermait sa Dryade et son jeune Sylvain, Qui versaient en silence à sa tige altérée La sève à longs replis sous Técorce égarée*.

Les inscriptions gravées sur les parois des grottes où Teau vive sortait du roc, les présents jetés dans le bassin où on Tentendait sourdre et murmurer, les chevelures que jeunes gens et jeunes filles coupaient sur les bords du torrent pour les abandonner à ses ondes*, les sacrifices par lesquels on honorait ces arbres sacrés et les offrandes votives que Ton suspendait à leurs rameaux^ tout cela date de la période reculée où la source, où le fleuve, où le vieux chêne sous lequel pâtres et troupeaux cherchaient un refuge contre les ardeurs du soleil de midi étaient, pour les gens du voisinage, un fétiche que ces dons propitiatoires devaient décider à ne point cesser de faire verdir la plaine ou d'y répandre l'ombre de ses rameaux. Ce que Ton adorait aussi dans le végétal puissant dont la jeunesse renaissait avec chaque printemps, c'était une plénitude, une surabondance de vie qui pouvait se reverser sur les faibles mortels, dont les infirmités se guérissaient au contact de cette florissante et indestructible santé. L'arbre attirait à lui tous les maux des hommes et les en délivrait*. Cet arbre fétiche, je l'ai plusieurs fois trouvé sur mon chemin, en Grèce, en Asie Mineure

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