‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 31 sur 349 · Ihid., VI · texte numérisé non relu

Ihid., VI

sanctuaire (ev (jLcyàXw âJ'jTw)*. Du temple d'Apollon Sminthien, dont Chrysès est le prêtre, tout ce que le poète trouve à dire, c'est qu'il est gracieux (/apul;)^ Zeus a beau être le plus grand des dieux, nulle part on ne trouve la mention expresse d'un temple qui lui aurait été consacré. Zeus, s'attendrissant sur la destinée d'Hector, qui va succomber sous les coups d'Achille, se souvient que le héros c< a fait brûler en son honneur les cuisses de beaucoup de bœufs, tantôt sur les cimes de rida aux nombreux ravins, et tantôt tout en haut de la ville » ^ ; mais le rapprochement que le poète établit entre les holocaustes offerts sur les sommets de la montagne et ceux qui l'ont été sur le point le plus élevé de Pergame éveille plutôt l'idée de simples autels, dressés au moment où se préparait le sacrifice ; on a peine à admettre qu'il y eût un temple sur chacune des têtes de l'Ida.

Les hymnes dits homé?iques sont moins anciens que V Iliade et que YOdi/ssée; cependant quelques-uns au moins d'entre eux doivent remonter à un temps très voisin de celui où les deux grandes épopées commençaient à se répandre dans la Grèce entière. Tel est particulièrement le cas pour Y Hymne à Apollon Délien^ le chef-d'œuvre de cette poésie. Il a été composé par un Homéride de Chios, et l'on sait avec quelle effusion le poète vante le grand air et la beauté de ses compatriotes. Celui, dit-il, qui les voit réunis à Délos dans leurs habits de fête serait tenté de les prendre « pour des immortels, exempts à jamais des maux de la vieillesse* ». Or c'est vers le viii® siècle que les Ioniens, enfin solidement établis sur les côtes de l'Asie Mineure et dans les plus grandes des lies qui en sont proches, commençaient à chercher au dehors des débouchés, à s'élancer hardiment sur la mer, à s'enrichir par le commerce et par la fondation de colonies lointaines. Le sentiment d'orgueil qui éclate dans l'épilogue de l'hymne est bien celui que devait éprouver vers ce temps un peuple ardent et jeune, qui s'admirait lui-même pour ce qu'il déployait d'intelligence et de force, pour le rapide essor que prenait sa fortune.

Nous croirions donc volontiers que cet hymne est à peu près contemporain des premières olympiades. Il nous mène ainsi, dans l'enquête que nous poursuivons, un peu plus loin que ne faisait l'épopée. Or ce qui résulte de plus d'un passage de l'hymne, c'est qu'alors le

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