‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 32 sur 349 · Hymne à Apollon Dé lien y · texte numérisé non relu

Hymne à Apollon Dé lien y

temple n'occupe encore qu'une place secondaire dans Tensemble des dispositions que Thomme avait imaginées pour créer, en vue du culte, des cadres fixes dont l'ampleur et l'heureux arrangement ajoutassent à l'effet des cérémonies religieuses. Rien de plus significatif, à cet égard, que les expressions dont le poète se sert pour rappeler combien d'hommages et de prières montent vers Apollon. « Tu as, lui dit-il, beaucoup de temples et de bois sacrés riches en arbres ; tu chéris aussi toutes les hauteurs d'où la vue s'étend au loin et les cimes suprêmes des montagnes élevées, ainsi que les fleuves qui coulent vers la mer ; mais c'est encore Délos qui te réjouit le plus le cœur*. »

L'impression que laissent ces vers, c'est qu'Apollon avait alors, en effet, beaucoup de temples, mais qu'aucun n'éfait assez grand pour attirer particulièrement l'attention. Le temple délien est le plus fréquenté, le plus renommé de tous ces sanctuaires ; or le poète, qui se complaît à décrire les fêtes célébrées à Délos, n'indique même pas par un trait jeté en passant, par un adjectif pittoresque, le caractère architectural de l'édifice; il ne le qualifie que par une épithète banale, n'wv^ riche. Le mot temple, wioç, ne se retrouve même plus dans le serment par lequel Latone rassure Délos sur les intentions de son fils et lui promet que cette île restera toujours la demeure préférée de son fils ; il n'y est plus question que de l'autel et de l'enceinte sacrée ^.

C'est qu'alors, dans chacun de ces lieux saints où les fidèles se donnent rendez-vous, ce qui frappe les yeux c'est moins le temple luimême, étroite maison du dieu, modeste abri qui renferme un simulacre très imparfait ou un symbole de l'espèce des bétyles, que l'aire dont le sol retentit sous les pas cadencés des danseurs, que l'autel sur lequel s'allume la flamme des holocaustes, que le bois sacré, avec le branchage élancé de ses lauriers toujours verts ou la forte ramure de ses vieux chênes. Le temple est trop petit pour s'ouvrir à la foule ou même à la procession des chanteurs et des porteurs de présents. Les sacrifices s'offrent en plein air, « près de l'autel bien construit »^, et c'est autour de lui que le chœur accomplit ses évolutions rythmées. On va ensuite se reposer à la fraîcheur de l'ombre du bois voisin. Le bois est alors une dépendance nécessaire du temple *. Il finira par disparaître.

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