‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 324 sur 349 · Naucratis, partiel, p · texte numérisé non relu

Naucratis, partiel, p

Naucratis n'est encore qu'un prolongement de Tlonie ; mais une découverte récente, le déblayement des ruines d'un des temples de Locres, sur la côte orientale de l'Italie, a montré ce mode d'architecture employé dans une ville qu'aucun lien étroit ne rattachait à la contrée dont il était originaire *. Là, sur le site même d'un plus ancien temple dont il ne subsiste plus que les substructions, fut bâti, vers le milieu du v« siècle, un temple périptère ionique ; de l'ordre, il a été retrouvé des fragments importants. La base rappelle beaucoup celle de Samos (pi. LU, 5, 6) ; mais ici on voit s'annoncer sur le fût la vraie cannelure ionique, une cannelure sans profondeur, qu'un filet, encore très étroit, sépare de sa voisine. Des fleurons ornent le gorgerin ; ils prennent naissance dans les angles courbes que dessinent les demi-cercles par lesquels s'amortissent à leur sommet les cannelures, et ils varient d'une colonne à l'autre (fig. 279). Du chapiteau même, on n'a qu'un fragment (pi. LU, 7, 8)*. Tout fruste que soit. ce débris, on y constate que le petit filet rond qui cernait les spires des volutes ne dessinait pas une courbe continue et se rattachait au filet supérieur par un angle obtus, tandis que, par en bas, c'était une courbe infléchie qui reliait l'une à l'autre les deux volutes. Le coussin qui forme la partie latérale du chapiteau offre une ornementation moins élégante qu'à Éphèse; il n'a, pour tout décor, que plusieurs rangs superposés d'écaillés. Cette disposition est d'une simplicité un peu pauvre; mais, à d'autres égards, par le profil de sa base, par la coupe de ses cannelures et, selon toute apparence, par l'arrangement de ses volutes. Tordre de Locres est déjà très avancé ; il se rapproche des ordres que leur heureuse proportion et leur noble élégance ont élevés à la dignité de modèles classiques.

Au cours de cette revue, nous n'avons pas rencontré une seule

1. Petersen, Tempel in Locri, dans Arch. Inst, Rôm. Mitth,, 4890, p. 464-227, pi. VIll, IX, X. Le plan dressé par Dœrpfeld a été publié, à plus grande échelle, dans Antike Denkmœler, t. I, pi. LI. Voir aussi P. Orsi, Scoperta dun tempio ionico nel- Varea deWantica Loci'i {Notizie degli scavi, 1890, p. 248-267).

2. Des fragments d'un gorgerin décoré dans le même goût ont été trouvés à Naucratis (cul-de-lampe à la fin du chapitre).

279. — Fragments du gorgerin de la colonne de Locres. Petersen, fig. 8 et 10.

ruine d'édifice qui présente Taspect des temples de Paestum, ou même de ceux de Corinthe et d'Égine; ni dans la Grèce d'Asie, ni hors de ses frontières, nous n'avons pas trouvé une seule colonne ionique encore debout, posée sur sa base et surmontée de son chapiteau. Nous ne nous en sommes attaché qu'avec plus de soin à recueillir et à figurer tous les débris qui pouvaient donner une idée du caractère des formes que cette architecture a créées et employées, dans sa période initiale, jusque vers le milieu du v* siècle. 11 nous reste à comparer et à classer ces formes, à les grouper en séries, à suivre la marche du travail qui, de génération en génération, les a faites plus harmonieuses et plus belles.

Le temple de Néandria est certainement plus ancien que les temples d'Éphèse et de Samos ; on a des raisons sérieuses d'en faire remonter la construction jusqu'au vu® siècle*. S'il en est ainsi, le type du chapiteau à volutes adossées représenterait la forme primitive du chapiteau ionique, et il y aurait lieu, jusqu'à plus ample informé, de regarder comme le berceau de cet art l'Éolie et son annexe Lesbos. C'est dans cette région qu'auraient été faits les premiers essais, ébauches et préludes du chef-d'œuvre futur. A mesure que s'élargît le domaine de cet art, les occasions se multiplièrent pour lui de reprendre, pour les retoucher et les corriger, les motifs qu'il avait esquissés tout d'abord, de redresser ou d'infléchir, pour mieux satisfaire l'œil, les lignes de ses épures. A prendre, hors de l'Asie, dans les îles de l'Archipel et dans la Grèce continentale, un certain nombre de chapiteaux archaïques qui ont dû servir de bases à des statues, on y voit le type se modifier par degrés ; de l'un à l'autre, on note des variantes, de légers changements du tracé, par l'effet desquels, avec le temps, le chapiteau à volutes adossées s'est transformé en un chapiteau à volutes reliées par des lignes horizontales.

Voici, par exemple, un chapiteau quiaététrouvéàDélos(pl.Lin,let 2)^ Lesvolutes n'y sont qu'indiquées par des lignes tracées àla pointe, lignes que relevait jadis la couleur; elles y présentent, dans l'ensemble, à peu près la même disposition qu'à Néandria; mais ici, ne se rejoignant même pas à leur naissance, elles sont comme écourtées. Elles

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