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KoLDEWEY, Néandria, p

2. Des croquis de ce chapiteau et d'un autre de la même provenance (pi. LUI, 3) avaient déjà été publiés par Homolle {Les Travaux de VÉcole française dans Vile de Délos, in-8°, 1890, p. 27-28). Nos remerciements à M. Nénot, qui a bien voulu mettre à notre disposition ses dessins originaux.

se dessinent sur un plateau qui, pour en suivre le mouvement s'arrondit sur les côtés, tandis qu'il offre, à sa partie supérieure, une surface rectangulaire. Le haut du fût vient s'appliquer sur le plan horizontal qui sépare les deux cylindres. Un ornement, peint en façon de palmette, meuble l'intervalle qui sépare ces volutes. Quand on essaye de restituer, par la pensée, le chapiteau du temple de l'Héra samienne, on serait assez disposé à croire que des rouleaux de ce genre y étaient ainsi suspendus des deux côtés de l'échiné, la seule partie de l'ensemble que nous connaissions; c'est ce qui expliquerait qu'il n'y ait aucune interruption dans le rang d'oves qui règne tout autour de ce tailloir.

Pour en revenir au chapiteau de Délos, il y a de la gaucherie et dans la forme générale de ce plateau et dans l'absence de toute relation établie entre les deux volutes ; mais cependant ce chapiteau a déjà un tout autre aspect que celui de Néandria, avec lequel il a pourtant encore certains traits communs; il est moins éloigné des formes que Tart classique nous a rendues familières. Un simple annelet, qui ici était tracé au pinceau, orne la partie terminale du fût.

Un chapiteau qui provient de l'Acropole d'Athènes marque un pas de plus fait dans cette même voie (pi. LUI, 4). C'est un plateau qui se termine par un abaque taillé dans la masse et qui s'arrondit sur les côtés. Les volutes, que sépare une légère palmette, présentent une disposition analogue à celle du chapiteau délien, mais avec cette différence qu'elles sont reliées, à leur naissance, par une barre horizontale dans laquelle on peut voir l'annonce du canal qui plus tard rattachera par en haut les spires l'une à l'autre.

Le progrès se marque, d'une façon plus sensible encore, dans un second chapiteau de Délos (pi. LUI, 3). Les volutes y sont encore indépendantes Tune de l'autre; la palmette s'interpose encore entre elles; mais le point de départ des spires, au lieu d'être sur le fût, est au sommet du chapiteau, dans le plan horizontal. Il y a renversement dans la direction de la volute; le changement est notable. On s'est aussi préoccupé d'opérer une jonction heureuse entre le fût et le plateau. Le fût est ici surmonté par une échine qui est loin d'avoir l'ampleur de l'échiné dorique, mais que décore un rang d'oves.

Un monument dont la place est marquée, dans cette série des types de transition, c'est la colonne de marbre qui, à Delphes, supportait le sphinx que les Naxiens avaient érigé, en l'honneur d'Apollon, sur la voie sacrée; les fouilles récentes ont permis d'en rapprocher les débris et d'en

restituer Tensemble (pl.LIV)\ Lie fût y a quarante-quatre cannelures; mais ces cannelures sont encore celles du dorique. En revanche, dans le chapiteau, les volutes ne forment plus deux motifs distincts. Un peu moins larges que le fût sur les côtés, elles sont reliées, à leur naissance, par une fasce horizontale. Elles ne s'en développent pas moins tout entières en dehors et à distance du fût; elles s'en écartent assez pour ne point entamer le rang d'oves qui garnit Téchine. Celle-ci prend, dans ce chapiteau, une importance qu'elle ne gardera pas plus tard; elle a plus de hauteur que la fasce qui relie les volutes.

Dans le chapiteau de Delphes, les volutes présentent encore ces formes détachées et tombantes qui caractérisent plusieurs des chapiteaux précédemment décrits (pi. LUI, 1, 3); mais la transformation s'achève, avec un dernier chapiteau recueilli dans l'acropole d'Athènes (pi. LUI, 5). Là, par l'effet de la liaison établie entre les volutes, le chapiteau n'est plus composé, comme dans les premières esquisses du type, de deux éléments plutôt juxtaposés que fondus; il a son unité; mais, dans cet ouvrage d'une réelle élégance, le bandeau qui met en rapport les deux spirales dessine, par en bas, une courbe dont la molle inflexion est bien mieux en harmonie avec le tracé curviligne des volutes que ne l'était la raideur des deux droites parallèles qui, dans le chapiteau des Naxiens, remplissaient la même fonction (pi. LIV, 3). En outre, ici, les volutes, sur les côtés, se rapprochent assez de l'échiné, où les oves sont peints et non sculptés, pour l'entamer et pour la pénétrer, pour en cacher aux yeux une partie. A remarquer aussi la forme du coussin, qui s'amincit par le milieu; elle a pris ainsi plus de légèreté, une certaine grâce. Les deux coupes ci-jointes (fig. 280 et 281) montrent quelles précautions avaient été prises pour prévenir tout déplacement de l'offrande votive, stèle ou statue, que portait la colonne. C'était une longue tige de métal qui faisait la liaison; elle traversait tout le chapiteau et l'on avait coulé idu plomb fondu tout autour. Celui-ci, versé dans la cavité en forme d'entonnoir qui se creuse dans le plateau, allait remplir la cuvette ménagée au centre du bloc et enveloppait ainsi, de manière à l'immobiliser, le pied de ce tenon.

1. PI. LIV. — i. Le chapiteau vu en perspective, d'après le géo métrai de Tournaire.

— 2. Plan du chapiteau vu de dessous. — 3. Élévation géométrale du chapiteau.

— 4. Élévation latérale. — 5. Coupe transversale. — 6. Plan du chapiteau vu de dessus. Nous remercions MM. Homolle et Tournaire de Tobligeance avec laquelle, pour la

colonne des Naxiens comme pour le trésor de Cnide, ils ont mis à notre disposition des dessins exécutés en vue delà publication où doivent être présentés les résultats des fouilles de Delphes.

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