l'entablement, la charpente et la couverture
On serait fort embarrassé pour se faire une idée de ce qu'a pu être l'entablement dans les plus anciens édifices ioniques, s'il fallait ne demander ses informations qu'aux restes de ces bâtiments ; rien ne subsiste de leurs frises et de leurs corniches, ce qui donne à penser que toute la partie supérieure du bâtiment élait en bois; mais quel était le caractère de cet ouvrage en charpente? Nous n'en saurions rien si, dans la contrée même qui a été le berceau de cette architecture, on ne rencontrait des tombes rupestres dont le frontispice est décoré d'une ordonnance ionique. Sans doute ces tombes sont, en général, très postérieures aux monuments dans lesquels nous avons cherché le secret des méthodes et du goût de cet art naissant ; mais nous avons dit avec quel scrupule d'exactitude les ouvriers qui taillaient ces sépultures dans le roc se sont attachés à reproduire les formes que présentaient autour d'eux la maison et le temple*. C'est à la conservatrice Lycie que nous demanderons nos exemples. Là, nombre de tombes, avec leur comble en arc brisé et leurs rondins apparents qui supportent le poids de la terrasse, sont la copie littérale de la maison du montagnard lycien. Ce n'est pas à celles-là que nous nous sommes adressé ; la façon en était trop particulière et trop rustique. Les sépultures qui nous ont paru pouvoir fournir le renseignement désiré, c'est celles où se maintient encore la tradition des modes primitifs de construction et des assemblages de charpente qui leur sont propres , mais où le goût grec a déjà modifié sensiblement le type indigène et local, dont certains éléments sont entrés dans le système de formes, dans le style d'architecture qu'il travaillait à créer. Comme échantillon de ces façades, nous avons donc choisi un tombeau de Telmissos, dont nous montrons un angle, vu en perspective (pi. X, 3). D'autres tombes du même genre auraient pu nous fournir des indications qui concorderaient avec celles que nous devons à ce monument*.
Le mode d'entablement que laisse deviner cette architecture feinte
1. Histoire de VArt, t. V, Hg, 250, 251, 260, 261, 262, 264, 263, 266, 267.
2. Tkxier, Description de /'Asie Mineure, pi. CLXIX, CLXXI. Nous n'aurions eu aussi que rembarras du choix si nous avions voulu chercher nos exemples dans la série des tombes phrygiennes de la haute vallée du Sangarios {Histoire de VArt, t. V, p. 140, fig. 92 et 97). Là aussi on rencontre la corniche archilravée avec la rangée de denticules qui règne partout au-dessous du larmier.