‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 332 sur 349 · KoLDEWEv, J^eandria, p · texte numérisé non relu

KoLDEWEv, J^eandria, p

2. Pour ce qui est de la disposition de la charpente et de la faible pente du toit, Koldewey croit trouver quelques indications utiles dans l'architecture feinte des tombes rupestres de la haute vallée du Sangarios, monuments qui doivent être à peu près contemporains du temple de Néandria (p. 44) ; les Phrygiens, sujets des Gordios et des Midas, entretenaient d'ailleurs des relations étroites avec les Grecs de l'Ionie et de rÉolie. Il rappelle surtout, à ce propos, une des plus importantes mais des plus ruinées de ces sépultures, celle où la poutre faîtière est nettement figurée, à la rencontre des deux versants de la toiture [Histoire de l'Art, t. V, fig. 71). Il y a là, en effet, des analogies qui méritent quelque attention.

par un si ferme profil le chapiteau de Tante et la saillie de la corniche; il Ta remplacée, au sommet de l'ante, par une suite ininterrompue de moulures où dominent le talon et le quart de rond. Dans l'entablement attique, les moulures sont peu nombreuses. Le quart de rond ou le talon surmontent Tarchitrave, et, en général, c'est Tune de ces deux formes qui termine le larmier. Au-dessus se profilent. des cymaises de diverses formes; on n'en connaît que. peu d'exemples anciens. L'ove sert déjà de parure à des chapiteaux très anciens (pi. X, C; pi. LUI, 3; pi. LIV, 1,2, 3). Les denticules et les modillons donnent à la corniche, en Asie Mineure, une physionomie très particulière (pi. X, 3, 4).

Ce que l'on entrevoit, c'est que, de très bonne heure, Tart ionique a eu le goût d'une ornementation moins sobre, plus fleurie dans le détail et moins franche, moins puissante que celle de Tordre dorique. Ce goût, qui produira son chef-d'œuvre à Athènes, dans la décoration de TÉrechthéion, on le voit déjà s'annoncer et percer dans des monuments qui datent du siècle précédent. Les indices abondent. C'est, dans les plus vieux chapiteaux, la palmette qui sépare les deux volutes dressées dans le sens vertical (pi. LU, 1, 2 ; pi. LIV, 1, 3, 4); c'est les cannelures qui rayent le coussinet latéral (pi. X, D, E; pi. LUI, 3; pi. LIV, 1, 2, 4); c'est, à Néandria, la double couronne de feuilles qui forme la liaison entre le fût et le chapiteau (pi. LU, 2), ou qui compose à elle seule le chapiteau (fig. 277) ; c'est, sur les chapiteaux des stèles, Téchine décorée d'oves (pi. LUI, 3) ou de feuilles (pi. LUI, 5); c'est le méandre peint sur Tabaque (pi. LUI, 5) ; c'est le chapiteau éolien tout entier, avec sa corbeille de feuillage largement épanouie (fig. 282, 283).

Dès les dernières années du vi® siècle, ce goût se manifeste avec éclat, à Delphes, par l'érection de la chapelle du Trésor que les Cnidiens y avaient consacré à l'Apollon pythien. Les Cnidiens parlaient un dialecte dorien; mais ils étaient trop voisins de Milet pour n'avoir pas subi l'influence des arts de Tlonie. C'est un édifice de style ionique qui, sur la Voie Sacrée, au pied du Parnasse, représentait Tîle dorienne de Cnide. L'habile architecte qui a été attaché à la mission de Delphes, M. Tournaire, a relevé sur place toutes les dispositions de l'édifice; il en prépare une restauration .

1. HomoUe a donné, dans le Bulletin de correspondance hellénique (1896, p. 581-602), une description très précise du Trésor de Cnide ; il n'y manque que des figures.

291. — Le Trésor des Cnidiens. Face inférieure du larmier, en géométral, à O^jlO pour mètre. Dessin de Toumaire.

Jusqu'au jour où seront enfin livrés à la curiosité des archéologues ces précieux documents, tout ce que Ton peut saisir, dans les fragments exposés au musée de Delphes, c'est le caractère général de Tédifice. Bâti en marbre des îles, il offrait, comme les Trésors d'Olympie, le plan d'un temple m aniisj avec deux colonnes entre les an tes. La hauteur de celles-ci était, avec la base et le chapiteau, d'environ 4°^,80. Les cannelures y sont à arêtes vives, mais au nombre seulement de 18. La base, dont il n'a été retrouvé que la partie inférieure, parait avoir ressemblé à celle d'Éphèse; le chapiteau manque. Ce qui fait l'intérêt et l'originalité du petit bâtiment, c'est que les formes des divers membres y sont déjà fort élégantes et que la décoration y est d'une richesse singulière. L'architecte y a mis de la sculpture dans tous les champs qui se prêtent à en recevoir, dans le fronton et dans la frise; celle-ci offre une suite continue de basreliefs où sont représentées maintes scènes empruntées aux mythes que la poésie avait rend us populaires dans tout le monde grec. Là où il n'y avait pas place pour des figures, c'était partout des motifs d'ornement, d'une heureuse invention, d'une exécution précise et même fine, où le pinceau était d'ailleurs venu, par l'applicatioa de vives couleurs, compléter le travail du ciseau. Au-dessus de la frise court une baguette de perles très renflées, que surmonte une cymaise lesbienne; par-dessus se développe la corniche où, sur la face inférieure du larmier, la même baguette de perles sert de support à un rinceau dans lequel des palmettes d'un joli dessin alternent avec des fleurs de lotus épanouies

292. — Le Trésor des Cnidiens. Face inférieure du larmier^ vue en perspective. Dessin de Tournaire.

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