‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 38 sur 349 · Iliade, VII, 452-453; XXI · texte numérisé non relu

Iliade, VII, 452-453; XXI

pierre brute ; c'est ce qu'Homère appelle des stèles (<rr7iXai) *. Ces dalles soutenaient la terre qui formait le corps du rempart, et, plus haut, celle-ci était encore maintenue en place par un chaînage de madriers (èTCaXÇci;). Quand Sarpédon arrache une pièce de ce chaînage, la terre s'éboule ; il s'ouvre une brèche dans le mur*. De place en place, près des portes, il y a des tours qui paraissent faites tout entières de madriers \ Ce mode de construction, avec le rôle qu'y joue le bois, c'est à peu près celui que nous avons rencontré à Troie, dans la vUle brûléSy et aussi en Argolide ; mais ici, dans cet ouvrage improvisé, les briques séchées au soleil sont remplacées par de la terre pilonnée.

Voici qui achève de prouver que les aèdes ne connaissent pas, par leur propre expérience, d'autre type de mur : dans cette île idéale, Scheria, qu'habitent les Phéaciens, qui sont représentés comme des hommes supérieurs au reste de l'humanité, si le poète de VOdyssée met un mur, ce mur n'est encore qu'une barrière de bois. Ulysse, lorsqu'il entre dans la ville où règne Alkinoos, admire

« Les marchés et les murs longs et hauts Où les palissades sont bien jointes, merveille à voir*. »

Par ce que l'on devine de l'histoire des tribus auxquelles nous devons l'épopée, on s'explique comment se perdit chez elles l'habitude d'employer à la construction d'indestructibles remparts la pierre débitée en gros blocs. Quand les Éoliens et les Ioniens débarquèrent sur les côtes de l'Asie Mineure, ce qu'il leur fallait s'assurer à bref délai, c'était un retranchement qui les protégeât contre les retours offensifs des indigènes. Ce résultat, ils l'obtenaient en creusant un fossé; rejetée en arrière de la tranchée, la terre qu'ils enlevaient ainsi leur donnait le rempart ; en plantant sur le sommet de la levée une série de pieux étroitement serrés, ils se mettaient à couvert. Quand on eut repoussé à distance les peuplades d'abord hostiles ou qu'on se les fut

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