Ibid., XII
4. Odyssée, VII, 44-46. On ne peut voir qu'une hyperbole poétique dans la mention d'un mur d'airain qui entoure toute Tîle d'Éole {Odyssée, X, 3). Le poète semble s'être figuré un mur de pierre lisse, revêtu de plaques de bronze, quelque chose comme les parois de la chambre du Trésor d^Atrée. Il n'est pas possible que jamais des murs d'enceinte aient été ainsi garnis. Mais, pour frapper l'esprit de ses auditeurs, le poète imagine d'appliquer à toute une enceinte une disposition qui, dans la pratique, n*a pu être employée que pour des intérieurs ou pour des façades de monuments richement décorés.
attachées par les liens du commerce, on n'éprouva pas le besoin de renforcer ces défenses. Des Mysiens, des Phrygiens et des Cariens, on n'avait plus rien à craindre, et, d'autre part, il ne semble pas qu'il y ait eu entre les villes grecques de l'Asie Mineure des inimitiés âpres et persistantes comme celles qui, dans la Grèce européenne, ont tant de fois mis aux prises Argos et Phlionle, ou Thèbes et Orchomène, Thèbes et Platée. Jetées sur la lisière et comme en marge du monde barbare, ces cités avaient trop d'intérêts communs pour être tentées de se combattre et de se ruiner mutuellement. Elles étaient, en général, assez éloignées les unes des autres pour que chacune d'elles eût une banlieue qui lui suffît; de hautes montagnes ou de larges golfes séparaient les domaines de Smyrne et de Phocée, d'Éphèse et de Milet. Ce n'était d'ailleurs pas du côté de la terre ferme que chacun de ces groupes cherchait à s'étendre ; ses vrais débouchés, il les avait du côté de la mer. Ne se voyant menacées ni par leurs voisins de l'intérieur ni par leurs sœurs de même race, ces villes paraissent n'avoir commencé que très tard à s'entourer d'enceintes de pierre; elles ne s'en sont avisées que le jour où elles eurent à se défendre contre les Lydiens, puis contre les Perses. Milet était fortifiée quand les Lydiens l'attaquèrent; mais Hérodote ne dit pas de quelle sorte était le rempart qui contraignait Alyatte et Crésus à se contenter de dévaster les champs et les vergers des Milésiens *. L'historien est plus explicite pour Phocée. Lorsque les Phocéens, après la chute de Sardes, eurent lieu de redouter les Perses, « ils construisirent autour de leur ville, en grandes pierres bien jointes », une muraille qui avait plusieurs stades de développement *. Phocée n'avait donc, avant ce moment, qu'un mur de terre ou de brique crue, si même elle possédait une clôture quelconque. L'auteur de V Odyssée semble s'être représenté Ithaque, Pylos et Sparte comme des villes ouvertes; quand il y introduit Télémaque ou Ulysse, point d'allusion à des portes que le visiteur aurait eu à franchir.
11 est pourtant, plus d'une fois, fait mention, dans l'épopée, de villes fortifiées. La ville qu'Héphaestos figure sur le bouclier d'Achille est ceinte d'un mur, sur la crête duquel se tiennent les femmes, les enfants et les vieillards ^ Plus d'une ville reçoit l'épithète de murée {i:zvf}6iG(5x) , ou bien le poète rappelle qu'elle est munie de