Ibid,, I
3. Homère, UiadCy XVIII, 514. Cf. Iliade, XV, 737 et iV, 308.
tours. Les villes auxquelles ce caractère est ainsi attribué sont, outre Troie et Scheria, Gortyne, Tirynthe, la Thèbes de Béotie et la Thèbes de Cilicie, Lyrnessos, Calydon, la cité des Curetés, Fleuron, Pheia en Élide ^ La seule de ces villes où soit conservée une enceinte certainement antérieure à Homère est Tirynthe, et Ton ne saurait douter que là l'épithète ne vise le rempart d'appareil cyclopéen qui existe encore aujourd'hui ; mais on n'en saurait conclure que toutes les autre s villes ainsi qualifiées aient eu une muraille aussi forte que celle de Tirynthe ou bâtie de la même façon. Cependant plusieurs des villes sur lesquelles l'attention est ainsi appelée remontaient à la période primitive : c'est le cas pour Thèbes et pour Gortyne. La Thèbes de Cadmos et la Gortyne rivale de Cnossos ont pu avoir des murs cyclopéens qui disparurent plus tard. C'est ce que, pour elles comme pour Tirynthe, rappellerait l'épithète en question. Homère l'aurait trouvée, liée au nom de ces villes, dans les vieux chants qu'il a utilisés ; mais il n'y attache aucun sens précis; pour le poète, un rempart de terre et de bois, comme celui que les Grecs avaient élevé devant leur camp, est le suprême effort de l'art; ne prête-t-il pas à Poséidon la crainte qu'un ouvrage aussi imposant ne fasse oublier le mur qu'Apollon et lui, de leurs mains divines, ont érigé tout autour de Troie? Pour rassurer son fils, Zeus l'engage à lancer contre cette barrière, aussitôt que les Grecs seront repartis, les flots auxquels il commande. Ceux-ci auront bientôt effacé toute trace du travail de l'homme, et, là où se dressait ce monument importun, on ne verra plus désormais qu'une grève de sable ^
Il semble donc que, pour ce qui concerne l'art de la fortification, l'architecte, du temps d'Homère, ait été moins habile et moins hardi que pendant la période mycénienne ; il n'osait ou ne savait plus tirer le même parti de la pierre. D'après l'idée que l'on a quelques raisons de se faire des rudes et belliqueuses tribus qui s'établirent dans les parties les plus fertiles du Péloponèse, on inclinerait à croire que, elle aussi, la demeure des nouveaux maîtres de l'Argolide et de la Laconie était plus rustique que celle des princes achéens. A Sparte, dans cette ville qui était comme le type de l'État dorien, les rois ne paraissent pas avoir jamais eu de palais ; quand ils n'étaient pas à la guerre, ils vivaient, en grands propriétaires ruraux, sur leurs terres , dans leurs fermes. On se sent loin de la richesse des palais de Mycènes