‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 46 sur 349 · HnioxTQ de VAri, t. VI, fig. 83 et · texte numérisé non relu

HnioxTQ de VAri, t. VI, fig. 83 et

4. Le récit de la lutte d'Ulysse et d'Iros s'explique très bien ainsi. La bataille se livre au milieu du mégaron; puis Ulysse, après avoir, du premier coup, terrassé son adversaire, l'entraîne au dehors ; il traverse le prothyron, la porte par laquelle celui-ci

est devant la maison », a un sens moins précis; tantôt il est employé comme synonyme de prothyron, et tantôt il paratt s'appliquer à la fois à Vaithousa et au prothyrcm, à l'ensemble de cette devanture du corps de logis principal *. L'épithète qui caractérise d'ordinaire Vaithousa, c'est ept^ouTToç, sonore; les bruits de la cour venaient retentir contre les parois du portique et contre le dessous de son toit. Par les nuits d'été, c'est sous cette galerie que l'on dormait le plus volontiers, étendu sur une natte ou sur une peau de bête.

Une seule porte ouvrait du prothyron (L) sur le mégaron (N). C'est dans l'embrasure de cette porte qu'Ulysse vient humblement s'asseoir, quand il se présente aux prétendants sous le costume et sous les traits d'un mendiant^ ; c'est elle que gardent, pendant toute la durée du combat, Ulysse et ses trois compagnons^. Cette porte a un seuil fait d'un plateau de frêne et des jambages en bois de cyprès, « qu'un charpentier a polis habilement et qu'il a dressés à la règle »*. On sent, à ces détails, quelle importance le constructeur attachait à cette partie de son œuvre ; il voulait qu'elle donnât dès l'abord aux visiteurs une haute idée du luxe de l'habitation royale. Le seuil de cette baie, ce seuil de frêne lisse, c'était le seuil par excellence, celui que franchissaient tous les visiteurs qui venaient du dehors : c'est le grand seuil ^ piya; oO^oç (0)\

communique avec Yaithousaj et il va asseoir le vaincu contre le mur de la cour {Odyssée, XVIII, 32-33). Si, dans la phrase, la cour est mentionnée avant Vaithousa et ses portes, c'est la mesure du vers qui a amené cette transposition; l'esprit de l'auditeur n'avait pas de peine à rétablir l'ordre réel et à suivre la marche d'Ulysse. Du vestibule, celui-ci se jette à droite ou à gauche, et, sans doute vers l'angle, il pousse Iros contre le mur de la cour. Si l'on voulait voir ici dans Vaithousa un second vestibule placé en avant du prothyron, il faudrait supposer que, pour se débarrasser d'Iros, Ulysse a toute la largeur de la cour à franchir; avec l'interprétation que nous proposons, il n'a que quelques pas à faire, une fois sorti de la grande salle. Le rapprochement des deux termes ne présente non plus aucune difficulté dans un passage de VIliade où Phénix raconte comment il a été conduit à s'exiler (IX, 172-173). Il est couché dans les appartements intérieurs, ev 6aX«[jici). On veut l'empêcher de s'enfuir; pour qu'il ne s'échappe pas à la faveur des ténèbres, deux feux sont allumés, l'un utc' aîOoo<jT) cuépxto; awXf,;, c'està-dire sous le portique contigu au vestibule, et l'autre h\ ;:po5ojjL«i>, jcjx^aôev OaXajioio Oupicov, c'est-à-dire dans le vestibule même.

1. Plusieurs passages de VOdyssée témoignent de ce sens étendu et collectif qu'a le plus souvent le mot xpdSojxoç (IV, 297, 302; III, 397-399, et XX, i).

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