‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 47 sur 349 · Ibid,, XVII · texte numérisé non relu

Ibid,, XVII

5. Ibid,y XXII, 2. Jebb a démontré que le gran i seuil, sur lequel Ulysse bondit, au commencement du chant XXU, ne peut être que le seuil de la porte d'entrée, auprès du prothyron; nous ne referons pas après lui cette démonstration {Journal, t. VII, p. 177- 179). Toute la suite du récit serait inintelligible si l'on n'admettait pas qu'Ulysse, après avoir tendu son arc et envoyé sa flèche au but, du fond de la salle, traverse cette

Nous voici arrivés au mégaron (N). On sait quelles vastes dimensions a, dans les palais de Tirynthe et de Mycènes, la salle à laquelle on a reconnu cette destination. Une faut pas chercher de cotes chez Homère ; mais il ressort de ses récits que le mégaron d'Alkinoos et celui d'Ulysse sont également des pièces très spacieuses. A Schérie, Alkinoos réunit dans son palais, pour écouter le récit des aventures d'Ulysse, tous ceux qu'il appelle les conducteurs et les chefs des Phéaciens. « La cour, les portiques et la maison étaient remplis d'hommes rassemblés ; il y avait beaucoup de jeunes gens et beaucoup de vieillards*. » A Ithaque, tous les prétendants trouvent place dans le mégaron d'Ulysse, assis à Taise autour des tables du festin; il y a là, maîtres et serviteurs, plus d'une centaine de personnes. Quant à l'aspect de la salle, nulle part Homère ne le définit; mais, à plus d'un trait, on le devine très semblable, au moins dans l'ensemble, à celui que nous avons prêté au mégaron dans notre restitution du palais mycénien. Le caractère de ces intérieurs, le poète l'indique en quelques vers; toute rapide qu'elle soit, l'esquisse ne laisse pas d'avoir sa couleur et son effet. C'est dans la nuit qui précède la lutte suprême. Télémaque et Ulysse traversent le mégaron pour aller mettre en sûreté, dans l'appartement des femmes, les armes dont les prétendants auraient pu se saisir. Alors Pallas illumine d'une lueur soudaine la grande pièce et Télémaque s'écrie :

0 mon père, c'est une grande merveille qui frappe mes yeux!

Partout, sur les murs de la salle et sur les belles poutres maîtresses,

sur les solives en bois de pin et sur les colonnes qui portent haut leur tête,

c'est, à mes yeux, comme l'éclat d'un feu brûlant.

Il y a, ici dedans, quelqu'un des dieux qui habitent le large ciel '.

On entrevoit là, comme sous un éclair, tout ce que présente notre

salle comme pour se retirer. Homère, il est vrai, ne dit rien de cette démarche; mais il la sous-entend par les paroles qu'il met dans la bouche d'Ulysse s'adressant à Télémaque après avoir accompli son exploit (XXI, 424-430). Elles pourraient se résumer ainsi : « Je me suis arrangé, Télémaque, pour que tu ne rougisses pas de l'hôte auquel tu as voulu que l'on fît un bon accueil; mais le moment est venu de laisser ces seigneurs à leurs plaisirs. » Ces mots, il les prononcerait en passant du haut en bas de la saUe, comme pour prendre congé; il se rapproche ainsi, sans avoir éveillé d'inquiétudes, de l'entrée du mégaron, et c'est seulement après être arrivé à son poste de combat qu'il se démasque et répand les flèches à ses pieds. Pour des auditeurs qui connaissaient la disposition de la maison contemporaine et auxquels le thème de ces récits était déjà familier, il n'y avait point là d'obscurité.

Page 1