‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 48 sur 349 · Ihid., XIX · texte numérisé non relu

Ihid., XIX

restauration, les grandes parois qui offrent une place toute préparée aux enduits luisants et aux revêtements polis, la forte charpente et les colonnes qui lui fournissent les points d'appui nécessaires.

Ces colonnes, dont la hauteur frappe le poète, nous en savons la place. Par les indications que donne Nausicaa à Ulysse, pour lui dire où il trouvera, dans le palais, la reine Arété, on apprend que ces supports se dressaient autour du foyer*. Il n'y a pas trace de cheminée dans les bâtiments de Tâge primitif, et Ton n'était pas plus avancé du temps d'Homère. Celui-ci, parlant des armes qui étaient suspendues sur les murs du mégaron d'Ulysse, les montre souillées par la fumée, depuis que leur maître n'était plus là pour les nettoyer*. Il n'y avait point de construction ménagée pour envelopper la fumée et la conduire au dehors; elle s'en allait soit par une simple ouverture pratiquée dans le toit, au-dessus du foyer, soit par les interstices des poutres, qui, sur les côtés, formaient d'étroites lucarnes, et par la porte, non sans avoir déposé sur son passage une couche de suie. C'est ce que rappelle l'épithète ociOx^oeiç, que le poète applique aux plafonds du palais de Priam et à ceux du palais d'Ulysse * ; elle veut dire noird par le feu^ enfumé.

Du moment où Tâlre n'était pas adossé à une paroi, il ne pouvait se trouver qu'au milieu de la salle (P) ; c'était ainsi qu'il était le plus accessible et que la chaleur s'en répandait le mieux dans tout le vaisseau. Je l'ai vu, bien souvent, encore disposé de cette façon, en Grèce et en Turquie. Je me rappeUe surtout, dans la montagne de Samarie, un village où nous avons passé la nuit. Les maisons où couchaient les paysans n'étaient que des huttes de terre, fort basses; mais il y avait au milieu du bourg un grand bâtiment fait d'une pièce unique, très vaste, que recouvrait un toit en coupole. C'était ce que l'on appelait la « maison des hôtes » [medhâfà). Pendant que les femmes travaillaientaux champs, les chefs de famille passaient là de longues heures à fumer, à prendre du café et à causer. Nous les trouvâmes réunis, à la tombée du jour, dans leur mégaron\ ils nous firent, au premier moment, un aussi mauvais accueil que jadis les prétendants à Ulysse. U nous fallut parler haut et payer d* audace pour loger nos bêtes de somme et nos bagages dans un coin de la grande salle et pour obtenir, mouillés comme nous l'étions par une pluie torrentielle, notre place au foyer. Celui-ci était formé par de grosses pierres, rangées en cercle, vers

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