‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 49 sur 349 · Iliade, II, 414; Odyssée, XXII · texte numérisé non relu

Iliade, II, 414; Odyssée, XXII

le centre du vaisseau; quelques bûches s'y consumaient, parmi des charbons sur lesquels bientôt cuisit notre souper. Il est permis de croire que, dans le palais d'Alkinoos et dans celui d'Ulysse, Tâtre avait une apparence moins rustique. Ce foyer, c'était le centre autour duquel se pressaient, pour entendre chanter les poètes, des hommes qui, malgré la simplicité de leurs mœurs, avaient déjà certains goûts de luxe; des colonnes l'entouraient, contre lesquelles on appuyait des sièges décorés d'incrustations d'ivoire ou de métal; il était nécessairement en rapport avec cet ensemble. Ce devait donc être, comme à Mycènes et à Tirynthe, un massif circulaire, assez élevé au-dessus du sol pour qu'on pût le charger de combustible sans avoir à se baisser, assez large pour que les tisons ne roulassent pas à terre. N'a-t-on pas, à Mycènes, poussé la recherche jusqu'à peindre de plusieurs couleurs le pourtour de ce socle, afin de le mettre en harmonie avec le reste du décor de la salle *?

Si l'on ne considère que la partie ouverte et publique de l'habitation, l'analogie paraît frappante entre la maison princière que le poète de V Odyssée avait en vue et celle qu'ont fait connaître les fouilles de Schliemann. Même cour, même grande baie au fond d'un large vestibule; même ampleur, même arrangement A\xmégaron.

Du mégaron, nous passons au thalamos. Celui-ci, dans la maison d'Ithaque, a un étage supérieur (OTreoàiov). Pénélope, pendant l'absence de son mari, habite, comme nous dirions, le premier; on la voit plusieurs fois monter et descendre*. A Mycènes, nous avons signalé des amorces d'escaliers qui attestent l'existence de chambres hautes'; aussi avons-nous ici indiqué le départ des escaliers (S). Ce n'est donc pas là qu'est l'originalité de la maison homérique ; elle est dans le rapport établi entre les deux parties de la demeure. Chez Ulysse, le mégaron et le tha^ lamos se touchent; de l'un à l'autre, le va-et-vient est continuel. De nombreux traits du récit témoignent de cette disposition. Mandé chez Pénélope, Ulysse traverse le mégaron^. La nuit, couché dans le vestibule, il voit les servantes sortir du mégaron pour aller rejoindre les prétendants auxquels elles se sont livrées*. Pénélope, assise au rezde-chaussée, derrière le mur de fond du mégaron^ entend ce qui se dit

Page 1