‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 52 sur 349 · Ihid., XXII · texte numérisé non relu

Ihid., XXII

LARCHITECTURE CIVILE. 93

les casques, les boucliers et les lances que celui-ci, la veille, avait pris soin de retirer de la salle du festin et de mettre en lieu sûr. Pour en venir à ses fins, Mélanthios monte (àvl&xive)

àvà ^ôya; (xeyàpoto,

et parvient ensuite sans peine jusqu'à la pièce où sont serrées les armes*. La question est de savoir ce qu'il faut entendre par les pôyfiç («ydcpoio. Le mot pûye;, encore un de ces mots que Ton ne retrouve pas chez les écrivains postérieurs, se rattache à la racine d'où sont dérivés, en grec, le verbe fTiyvufit, et, en latin, le verbe frangere; à le traduire littéralement, il signifierait les brisures du mégaron, mais ce que désignait au juste ce terme, c'est ce que nous ignorons.

Le grec moderne paraît avoir conservé, dans le nord-ouest de l'Asie Mineure, le mot homérique fûye; sous la forme porîya avec le sens de ruelle. On a donc proposé de voir, dans les ^ôye;, les couloirs qui pénètrent dans le thalamos^. Le rapprochement est ingénieux ; mais par où Mélanthios a-t-il monté pour gagner ces passages? Par Yorsothuréy a-t-on répondu ; mais cette porte latérale est aux mains d'Ulysse et de sa troupe. Mieux vaut en revenir à l'explication des anciens commentateurs, qui voient dans pôye; un équivalent de Ôupi^e;, petites portes, fenêtres. Nous avons supposé, dans lemégaron des femmes (R), audessus du seuil en pierre polie (Q), une galerie en encorbellement, une sorte de balcon qui relie les deux parties latérales de l'appartement des femmes, au premier étage^. Ce passage est nécessaire pour le service de l'étage supérieur, du gynécée. Nous avons admis que, dans le mur, à la hauteur de ce balcon, il avait été ménagé deux étroites ouvertures, bien plus hautes que larges, qui servaient à apercevoir de haut, sans se montrer, ce qui se passait dans le mégaron des hommes*. Ces petites lucarnes pouvaient être légèrement grillées ou closes par un rideau. Nous nous représentons Mélanthios cherchant à s'élever à la hauteur de ces fenêtres. L'agile chevrier y parvient en posant le pied sur la saillie des épaisses traverses horizontales qui maintenaient en place

i. Odysaée, XXII, 142-443.

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