‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 54 sur 349 · Ibid., XXI · texte numérisé non relu

Ibid., XXI

celui où Pénélope va prendre l'arc d'Ulysse et où Télémaque avait déposé les boucliers et les épées que dérobe Mélanthios. Cet arsenal, nous le chercherions soit dans la pièce V, située au-dessus du cellier, soit dans la pièce Z; c'est à celle-ci que conviendrait le mieux Tépithète l<jj^aTo;, la dernière, la plus au fond, par laquelle le poète caractérise la chambre dont Pénélope a la clef*; c'est en effet la pièce la plus éloignée de la porte d'entrée. Si Mélanthios réussît à s'y introduire, c'est que Télémaque avait négligé d'en clore la porte'; il s'était contenté de la pousser.

C'est aussi dans ce quartier, tout au fond du bâtiment, qu'il faudrait chercher la chambre nuptiale avec son lit taillé dans le tronc d'un olivier dont les racines restent en terre' (Y). Cette chambre, d'après la description qu'en donne le poète, ne pouvait être qu'au rez-de-chaussée ; dans le voisinage immédiat de cette chambre, nous supposons, pour l'usage du maître de la maison et des femmes, deux salles de bain (FF).

A toute cette partie de la maison, on n'aurait eu accès que par la porte qui s'ouvrait au fond du mégaron (Q) et par le couloir (TT) ; mais il devait y avoir, sur le devant, en rapport avec la cour d'entrée, des pièces qui étaient comme les dépendances naturelles du mégaron. Telles, à droite, des chambres de bain, dont il est si souvent question chez Homère; nous en avons placé trois à proximité de la grande salle (JJJ) ; ces chambres de bain ne pouvaient être éloignées du gynécée, car ce sont toujours les servantes qui baignent les hôtes et qui les frottent d'huile. A gauche, on peut supposer, complètement isolées de l'habitation des femmes, des chambres à coucher d'hiver, pour les célibataires et les hôtes de passage. Les chambres de bain donnent sur le couloir; oh accède aux chambres des hôtes par un vestibule irrégulier (I) dont l'entrée est sous le portique.

Comment étaient couverts les bâtiments de ces demeures princières? Le poète ne le dit ni pour la maison d'Alkinoos, ni pour celle d'Ulysse ; mais il ne saurait y avoir doute sur le caractère du seul toit dont il fasse mention. Quand Ulysse était chez Circé, un de ses compagnons, pris de vin, était allé dormir sur le toit; il en tombe, et se casse le cou*. Ce toit était certainement une terrasse. Peut-être y avait-il, par endroits, des toitures à double versant; mais ces ver-

\. Odyssée, XXI, 8-9.

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