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sauts ne pouvaient avoir qu'une pente très faible, qu'une pente dont rinclinaison n'a jamais dû dépasser celle que présentent les combles des temples*. Il paraît d'ailleurs probable que les grandes pièces tout au moins des habitations princières avaient pour couvertures des terrasses plutôt que des toits à pignons*.
Lorsque nous avons décrit le palais mycénien, nous nous sommes souvent servis d'Homère pour rendre compte de certaines dispositions que présentaient les ruines des bâtiments, et, de même, au cours de cette étude où nous cherchions à dresser le plan de la maison d'Ithaque, nous avons, à plusieurs reprises, demandé des éclaircissements aux résultats des fouilles qui ont été faites dans les acropoles de Tirynthe et de Mycènes. La comparaison s'imposait, et les ressemblances sont assez nombreuses, elles sont assez frappantes pour qu'il soit inutile d'insister davantage sur ce point. Le type d'habitation princière que le poète avait sous les yeux quand il composait V Odyssée dérive de celui qui avait été créé par les princes achéens dans leurs châteaux d'Argolide ; pour l'ensemble et pour le détail, c'est une épreuve du même modèle.
Il y a pourtant des différences. La première et la plus importante est dans le plan, dont elle modifie tout le caractère*. A Tirynthe, ce que l'on croit être l'appartement privé n'est en rapport avec la partie publique de la maison que par des passages compliqués et de longs détours; à Ithaque, il y a continuité entre les deux quartiers de la demeure ; il y a, de l'une à l'autre, des communications directes, et, par suite, des allées et venues constantes. Un tel changement de distribution ne peut s'expliquer que par un changement qui se serait pro-
1. On a voulu trouver une allusion au toit à double pente dans un passage de V Iliade (XXUI, 710-713) où Homère, voulant peindre Tattilude de deux lutteurs qui, penchés Tun vers Tautre, se sont saisis à bras-le-corps, les compare aux deux pièces de charpente qu'il appelle les a â(uî6ovTf( de la haute maison ». Dans ces ameibonies ou pièces qui s'opposent, on a cru reconnaître les arbalétriers d'un toit; mais l'image n'aurait quelque justesse que si on la rapportait à un comble aigu, comme celui de nos églises gothiques. Or rien ne nous autorise à penser que jamais construction grecque ait été couronnée par un comble de ce genre, et la comparaison ne se comprend plus avec Tangle très ouvert de la toiture du temple. Il faut croire qu'Homère a là en vue quelque autre chose qu'un toit. On pourrait songer à un chapeau en charpente que l'on aurait dressé au-dessus du trou percé dans le plafond pour laisser passer la fumée. C'est, dit le poète, c pour parer à la violence du vent (6{a( àvitxcjv àXeEivcov) que le charpentier a ajusté ces madriers qui se contre-battent ; ce dernier trait conviendrait bien à la disposition que nous imaginons et qui aurait été destinée à empêcher la bourrasque de rejeter la fumée, par paquets, à l'intérieur.