Odyssée, VII
peuvent pas avoir été faits de ces métaux précieux, mais où Ton clouait, tantôt sur la pierre et tantôt sur le bois, des appliques d'airain revêtues de feuilles d'or ou d'argent*.
Quant au motif même de ces images, il n'a rien qui soit pour nous surprendre. Dès la plus haute antiquité, TÉgypte avait fait entrer la figure humaine dans la composition de ses meubles ; nous l'avons vue utilisée de cette memière dans des manches de cuiller et dans des fauteuils où elle sert de support aux bras du siège*. 11 en a été fait un usage du même genre, à Mycènes, dans les manches de miroir*. Ce type du lampadaire, pour lequel le décorateur moderne a une prédilection marquée (voyez les statues de bronze qui entourent l'Opéra de Paris), n'est pas représenté dans l'art classique de la Grèce; mais il était familier à l'art archaïque : on l'a rencontré dans les peintures des tombes étrusques et parmi les bronzes qui sont sortis de ces sépultures*.
Ce sont encore des figures de bois ou de bronze argenté et doré que nous devinons dans ces chiens « immortels à toujours et exempts de la vieillesse » qui, façonnés par l'art savant d'Héphaestos, veiUent sur ce même palais, posés aux deux côtés de la porte \ Ce que nous avons rencontré partout en Orient à celte place, ce sont des êtres factices, tels que le sphinx, le griffon, le taureau ou le lion ailé. Le lion a même dû à sa force et à la crainte qu'il inspirait l'honneur d'être, sous sa forme naturelle, investi de cette fonction. Nous avons vu, en Phrygie, des lions rampants dressés au-dessus de la porte des tombes rupestres * ; nous en avons vu, à Mycènes, dans la même posture, qui surmontent le linteau de la porte, à l'entrée de la citadelle \ C'est à un autre mode de groupement que le poète fait allusion. 11 se représente évidemment ces gardiens de la maison accroupis ou couchés à droite et à gauche du seuil, comme le sontles sphinx devant les temples de l'Egypte. Ce qu'il y a d'original dans cette disposition, c'est le parti pris de substituer le chien, cet humble compagnon de Thomme, soit au lion, le roi des fauves, soit à tous ces monstres composites chez qui sont réunis des traits dont l'assemblage éveille l'idée d'une extraordinaire et mystérieuse puissance. Ne faut-il pas voir là l'effet des tendances innées du