‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 64 sur 349 · td., V, 738-7i · texte numérisé non relu

td., V, 738-7i

5. Phobos, d'après Pausanias, était représenté sur le coffre de Kypsélos avec une tête de lion (V, xix, 4). Milchœfer croit reconnaître Phobos et Deimos sur deux vases qui proviennent l'un de Cœré et l'autre de Camiros (Musée Napoléon, pi. LIX). Le premier a une tête et des pattes de lion avec une queue de cheval, et le second serait figuré par un homme à tête de lièvre (ArchœoL Zeitung, 1881, p. 286).

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type de la Gorgone. L'art archaïque Ta souvent mis en œuvre et la tradition le faisait remonter jusqu'à la période reculée à laquelle on attribuait les murailles de Tirynthe. Pausanias vit à Argos une tête de Gorgone, en pierre, qui passait pour un ouvrage des Cyclopes*.

On n'a pas retrouvé ce masque dans le répertoire de l'art mycénien ; mais, outre que certains monuments où il se rencontre appartiennent à une époque très voisine de l'ftge homérique, ce qui ressort des vers où est mentionné le monstre, c'est que, du temps d'Homère, ce type était assez connu pour que le poète, quand il nommait la Gorgone, évoquât devant l'esprit de ses auditeurs une image très nette. Il

n'est encore question ni des ailes, ni de la bouche béante et de la langue tirée, traits qui ne viendront que plus tard achever de définir ce type. Ce qui parait alors le caractériser, c'est l'œil fixe et largement ouvert, œil que, malgré Tinévitable imperfection du rendu, le spectateur, avec sa vive sensibilité, voit étincelant de colère et de haine (^eivov ^gpxojjL^vT)). Aussi, voulant peindre l'expression du visage d'Hector qui se jette dans la mêlée, le poète recourt-il aune comparaison sur l'efifet de laquelle il compte. « Hector, dit-il, a des yeux de Gorgone ^ » La même conclusion se tire des derniers mots du récit qu'Ulysse fait aux Phéaciens de sa visite aux âmes des morts. « J'aurais volontiers, raconte-t-il, continué à m'en tretenir avec les héros ; mais le peuple des morts accourait à grand bruit, et la peur blême me saisit; je craignais que l'auguste Perséphone n'envoyât de l'Érèbe la tête de Gorgone, monstre épouvantable'. » Cette tête de la Gorgone, ce n'était donc pas, pour les contemporains d'Homère, quelque chose d'indéterminé. En parlait-on devant eux, ils l'apercevaient aussitôt, et le frisson qu'ils éprouvaient a fini par accréditer l'idée que quiconque avait laissé s'arrêter sur soi le regard meurtrier de la Gorgone

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