‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 67 sur 349 · Vers · texte numérisé non relu

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3. Cette conjecture a été présentée par Otto Benndorf {Ueber das Aller des Trojaspieles, à la suite de Reichel, Ueber Homerische Waffen). Benndorf croit trouver dans la danse assujettie aux divisions du plan la première mention d'un exercice qui, sous le

sinueuses où le chœur se serait engagé, conduit par les sauteurs qui bondissaient en tête de la file ; c'est dans les chemins courbes ainsi tracés que se seraient accomplies ces évolutions des danseurs qui sont comparées par le poète au tournoiement de la roue du potier. Le dessin compliqué du plan se serait prêté à la séparation en demichœurs, à la formation de ces « lignes gracieuses qui s'avançaient Tune au-devant de l'autre ».

Il faut donc renoncer à chercher, dans ce passage, une allusion à un groupe qui aurait existé à Cnosse. Si l'art de la sculpture sur pierre a été cultivé autour du poète, il ne parait pas en rien savoir. Au contraire, pour tout ce qui est ouvrage de métal, il prodigue les détails, ce qui semblerait indiquer que, de son temps comme au cours de l'âge mycénien, l'orfèvre avait une avance très marquée. C'est ce que l'on devinerait à la manière dont parle de lui le poète ; il va jusqu'à le comparer à la divinité : « Tel un homme adroit, instruit dans les divers arts par HéphaBstos et par Pallas Athéna, applique l'or sur l'argent et exécute des œuvres charmantes, telle Pallas Athéna étend la grâce sur la tête d'Ulysse et sur ses épaules *. » On remarquera aussi la précision avec laquelle Homère, à propos d'Héphaestos fabriquant le bouclier d'Achille, décrit les procédés de l'orfèvre ; de tous les métiers, c'était évidemment celui où l'habileté technique était alors poussée le plus loin.

L'orfèvre prenait partout ses motifs. C'était de la figure humaine qu'il avait tiré laGorgone; mais l'animal, avec la diversité de ses formes, oCTrait à son génie inventif des ressources encore plus variées. Homère décrit une fibule dont Ulysse s'était servi pour attacher sur l'épaule sa chlœna^. Sur la plaque de métal derrière laquelle se dissimulaient les deux tubes où s'engageaient les épingles de l'agrafe, un chien était représenté, terrassant un faon sur le dos duquel il s'était abattu; la victime palpitante se débattait, sous la pression des griffes qui lui déchiraient les flancs. Il n'est pas probable qu'il s'agisse là d'un dessin gravé à la pointe; la finesse des traits eût rendu invisible, à quelques pas de distance, le tracé de l'image. Or le poète témoigne de l'admiration qui éclatait, sur le passage d'Ulysse, à la vue de ce bijou; il ajoute que le

nom de Jeu de Troie [ludm Trojœ), a été, en Italie, très en faveur pendant toute l'antiquité. La danse de la grue (T^pavoç), qui à Délos se célébrait en souvenir de Tavenlure de Thésée et d'Ariane, devait, avec ses TcspwXtÇeiç et ses avsXiÇciç, beaucoup ressembler à la danse décrite par Homère.

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