‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 82 sur 349 · I. I/iode, XVIII · texte numérisé non relu

I. I/iode, XVIII

cour de la maison ou sur un haut lieu ; elles n'avaient pas encore Timportance et Téclat qu'elles prendront lorsque se seront élevés ces ^ temples que la Grèce va bientôt savoir bâtir. 11 en est de même pour l'absence des navires. Les Grecs ne vivaient pas sur l'eau comme les riverains du Nil et de l'Euphrate; leur civilisation n'était pas étroitement liée au batelage ; leurs villes fortes étaient à quelque distance de la mer, et c'étaient les étrangers qui se chargeaient d'exporter les produits de leur sol et de leur industrie. Les Troyens n'ont pas de flotte; les Grecs, dans Vllliade, ne possèdent que des bateaux de transport. Le grand développement de la marine ionienne est postérieur au temps où l'épopée avait choisi ses thèmes et en avait arrêté les contours.

Nous ne nous occuperons pas, au moins ici, du Bouclier d'Hercule. . Ce n'est pas que cette description ne prête à des observations intéressantes, qu'il n'y ait profit à la comparer à celle du Bouclier d'Achille, qui en a suggéré l'idée*; mais le fragment épique où elle se développe en près de deux cents vers ne remonte pas au delà du vu® siècle. Ce qui permet d'indiquer cette date, c'est surtout le caractère de la décoration. Celle-ci comprend encore des scènes empruntées à la vie réelle ; mais on y trouve aussi des thèmes tirés de la mythologie. Ainsi, dans une des zones, on a le combat des Centaures et des Lapithes, auquel Athéna et Ares assistent, comme Apollon en est le témoin dans un des frontons d'Olympie. Ailleurs, c'est Persée poursuivant les Gorgones, c'est le chœur des immortels conduit par Apollon et par les Muses, ce sont les Parques nommées chacune par leur nom. Rien ne marque mieux la différence des temps. La description à laquelle s'est attaché le nom d'Hésiode porte l'empreinte de l'âge où l'épopée, ayant achevé de faire son tour de Grèce, commence d'imposer à l'imagination des habitudes toutes nouvelles. Celle-ci tend à ne plus voir désormais la vie qu'à travers le mythe ; les sentiments et les idées qui s'éveillent en elle au spectacle de la vie, elle les traduira désormais dans la langue du mythe.

Pour nous faire une idée de ce que l'art du sculpteur était au ix® et au viii® siècle, nous n'avons pu nous servir que des descriptions d'Homère. Une tombe du Dipylon a pourtant livré, en 1891, des monuments qu'il y a lieu de considérer comme contemporains de

1. Bru.nn, Griechische Kunstgeschichle, p. 85-88. Studniczka a consacré à ce bouclier une étude où l'on retrouve toutes ses qualités ordinaires [Ueber dm Schild des Herakles, in-8, 1896, 33 pages et 11 figures, dans les Serta Harteliana) .

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