‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 90 sur 349 · Figurine de terre cuite · texte numérisé non relu

Figurine de terre cuite

Hauteur, 0'",22. Musée du Louvre.

Dessin de Saint-Elme Gautier.

la campane, il semble que l'ouvrier ait voulu représenter la déesse vêtue. La facture est ici singulièrement plus barbare que dans les statuettes d'Athènes, et l'on s'est fondé sur le caractère des motifs qui décorent ces simulacres pour affirmer qu'ils sont antérieurs aux vases duDipylon; la figure humaine, a-t-on dit, n'apparaît pas dans le répertoire des motifs qui sont dessinés sur le corps de ces poupées. 11 faut renoncer à user de cet argument : le Louvre a récemment acquis une idole de ce genre autour de laquelle le pinceau a tracé une scène qui est l'un des motifs favoris des peintres du Dipylon,des femmes qui dansent

\, HoLLEAUx, Figurines béotiennes en terre cuite à décoration géométrique [Monuments Piot, t. I, p. 21-42).

en se tenant la main (fig. 31). Avant même que la preuve fût ainsi faite, on aurait pu rapprocher ces figurines des vases attiques ; il aurait suffi de signaler la ressemblance qui existe entre le rendu de la tête dans les peintures de ces vases et dans le modelé des statuettes béotiennes. Même long col, un cylindre qui n'en finit pas; même menton en galoche; même saillie du nez qui, pointant entre deux gros yeux ronds, sans indication de la bouche, donne à l'ensemble l'aspect d'un profil d'oiseau. Il y a, dans les peintures du Dipylon, telle convention qui n'est pas moins naïve que celle qui, dans ces poupées, a servi à indiquer les bras, ici représentés par deux boudins de terre (fig. 28, 31), et, là, peints sur la panse de la cloche (fig. 29).

Ces grossiers simulacres peuvent donc être contemporains des vases du Céramique, et l'on ne saurait s'étonner de les trouver très inférieurs, comme facture, aux statuettes que l'on ciselait, vers le même temps, à Athènes. Les matières précieuses n'étaient confiées qu'à des artisans de choix, tandis que le potier fabriquait à bon marché pour le peuple.

Un ouvrage de la plastique qui peut être regardé comme à peu près contemporain de ces poupées, c'est une plaque en terre cuite qui a été trouvée près d'un temple détruit, à Égine, mêlée à des débris de toute sorte, vases de style géométrique cassés en mille morceaux, idoles brisées, scarabées et petits pots en terre émaillée (fig. 32)'. L'image a été obtenue par estampage; elle représente une femme, vue de face, qu'une sorte de jupe habille de la ceinture aux pieds. Le torse paraît nu. Les deux mains sont portées aux seins et semblent les presser pour en faire sortir le laiL Le procédé employé, la grossièreté de l'exécution, la disposition de la chevelure, tout concourt à donner au bas-relief un air de très haute antiquité. Il y a en haut de la plaque deux trous qui indiquent qu'elle était suspendue à la paroi. C'était ici un monument votif, et, selon toute apparence, un simulacre d'Aphrodite.

Si nous n'avons rien dit ici de la glyptique, ce n'est pas qu'il n'existe

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