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des intailles qui datent des x«, ix^ et vin® siècles; mais, ces intailles, il est assez difficile de les distinguer, soit de celles qui remontent à Tâge mycénien, soit de celles qui relèvent de Tart grec archaïque. Le graveur, qu'il s'attaque à la pierre ou au métal, ne fait guère que reproduire, en les adaptant aux élroites dimensions d'un chaton de bague, les formes et les types qu'a créés la statuaire. Or les ouvrages de la statuaire nous font défaut pour tout le temps qui correspond à l'achèvement de l'épopée. Tout critérium sûr nous manque donc; nous ne saurions définir, par des caractères certains, parmi les intailles qui portent la marque d'une haute antiquité, celles qu'il conviendrait d'attribuer à la période qui s'ouvre par l'invasion dorienne. 11 n'a été trouvé que bien peu d'entailles dans les tombes de l'âge du Dipylon; au petit nombre de celles qui ont été signalées, nous en ajoutons une, qui provient de la Béojie, une pierre aplatie et presque rectangulaire, où la gravure représente une femme, velue d'une longue robe, élevant le bras gauche, et accostée de deux oiseaux, tournés symétriquement vers le dehors (cul-de-lampe, p. 153) *. Le thème est emprunté au répertoire des artistes mycéniens; mais l'exécution est sommaire et négligée. Il en est de même pour quelques autres pierres que l'on attribue, avec vraisemblance, à cette période. Sur quelques-unes, où sont figurés des hommes et des chevaux, on croit saisir la marque des procédés de dessin qui caractérisent le style géométrique*.
Nous devrions donc, de toute manière, renvoyer à un autre moment la suite de l'histoire de la glyptique. Ce qui achève de justifier le parti que nous avons pris, c'est que nulle part, dans les deux poèmes, il n'est question du cachet, là même où l'emploi de cet instrument paraît le plus naturellement indiqué. Quand Ulysse, prêt à partir de chez Alkinoos, s'occupe à mettre en sûreté les présents que lui ont faits les Phéaciens, il les enferme dans un coffre; mais il n'a pas l'idée d'y apposer son sceau; c'est au moyen d'un système compliqué de nœuds qu'il cherche à empêcher que l'on ne puisse ouvrir la caisse pendant son sommeil, au cours du voyagea Le procédé qu'il emploie donne à penser que l'on ne se servait plus guère du cachet dans la société où vivait Homère. Pourquoi avait-on renoncé à une pratique qui,
1. CoLLiG.NON, Note sur des fibules béotiennes à décor gravé {Mémoires de la Société des AntiquaireSj t. LV). Fig. 3. Hauteur de la pierre, 0™0I3.
2. FuRTw.ENGLER, Kœnigliche Muscen zu Berlin, Beschreibung der geschnittenen Steine im Antiquanum, 71 planches eu phototypie et 420 figures dans le texte, in-8, 1896.
3. Odysséej VIII, 446-448. Fcrtw.engler signale pourtant quelques cachets parmi les inlailles qu'il attribue à cette période (n°" 78, 79, 81, 8S).
très répandue dans la Grèce primitive, redeviendra plus lard d'un usage courant? Nous l'ignorons ; mais les indices sur lesquels nous avons appelé l'attention paraissent rendre vraisemblable l'hypothèse d'une décadence et d'une éclipse momentanée de la glyptique, qui renaîtra avec la sculpture à partir du vu® siècle.
Il en est de la peinture comme de la glyptique. Aucun coup de fortune ne nous a conservé, pour cette période, des débris de fresques du genre de ceux qui, par une sorte de miracle, se sont retrouvés sous les décombres des palais de Tirynthe et de Mycènes. D'autre part, on ne rencontre rien, ni dans l'un, ni dans l'autre poème, qui se rapporte à l'art du peintre. 11 est probable que, dans les intérieurs comme sur les façades, les enduits recevaient une coloration, et que les champs de quelque étendue étaient encadrés ou divisés en panneaux par des bandes dont la couleur était plu^ vive que celle du fond ; mais il n'est fait aucune allusion à des tableaux qui auraient décoré la maison princière. Ce silence s'explique : alors que le peintre céramiste ne savait plus donner d'autre parure à ses vases que l'ornement géométrique, il ne devait pas se trouver en Grèce d'artistes dont le pinceau fût capable de figurer dans les panneaux du mégaron, comme à Tirynthe, la chasse du taureau sauvage, ou, comme à Mycènes, des cortèges de chevaux et de guerriers, des scènes de combat.