en Valteline
- 12,000 — en Italie ;
c’est-à-dire 86,000 — en tout.
(4) Uitl. du maréchal de Guébriant, par Le Laboukf.uk, in-fol., 4657, p. 495.
1i j LUe en manque jusqu’à la Révolution française.
3) L'Adminitlration sous Richelieu, par Caillkt, t. U. p. 433, 434.
(4) Lettre à Servien, du 23 mars.
L’armée dut donc dépasser le chiffre approximatif de 100,000 hommes (1), car il fallait des troupes à l’intérieur, et ce chiffre devint insuffisant puisqu’il fallut convoquer en outre le ban et l’arrière-ban pour renforcer la cavalerie (2).
Avec ce chiffre , déjà imposant , l’on conçoit combien les variations prenaient d’importance, et que passer de l’une à l’autre constituait une difficulté. Richelieu recommande de réformer les régiments, qu’on était obligé de licencier, en conservant des soldats, les meilleurs sans doute, et en ne mécontentant pas les chefs, qui devaient être gratifiés de bonnes promesses (3). Obligé de ne pas outrepasser les 36 millions accordés pour les dépenses militaires (4) sur le budget du royaume, il ne rétablit quelques régiments que si une monstre (revue administrative) d’une armée lui fournit « des deniers revenant bon (5). » Sachant combien en face de l’ennemi les compagnies fondent, il prescrit aux malades guéris de rejoindre (6), et veut des régiments plus forts comme effectif.
Richelieu comprenait l’utilité de l’infanterie (7), et préférait ne pas faire de compagnies de mousquetaires que de préjudicier à cette arme essentielle (8). Ce point de vue
(4) Un état, date de <636, indique 142,000 hommes de pied et 22,000 cavaliers. Archives de la guerre, citées par M. Caillbt, t. II, p. 468.
(2) On les convoqua également en 4639. Voyez, sur l’effectif des troupes françaises au temps de Louis XIII, les Recherches sur la force de l’armée française, par Gkimoard, 1806, p. 25.
(3) Lettre à M. le Prince, 46 avril 4635. Lettre» et papiers d'État de Richelieu, t. IV, p. 708.
(4) Gombaut estimait que la France devait payer 26 millions pour entretenir 50,000 hommes.
(5) Lettre il M. de Bullion, 20 avril 4635.
(6) Richelieu estime qu’un de ccs guéris vaut trois recrues.
(7) Ln mai 1629, il avait fait décider que l'arrière-ban pourrait être appelé pour servir à pied.
(8) Lettres et papiers d'État de Richelieu , publiés par M. Avrkel, t. IV, p. 697 ; au Roi, de Rucl, le 30 mars 1635.
Gl'ERRE DE TRENTE ANS.
du grand ministre, nous le retrouvons dans la composition des armées à cette époque. Ainsi, en mars 1643, le roi de France envoie à son armée d’Allemagne un renfort de 6,000 hommes, sur lesquels on compte 5,400 fantassins (1).
Quand il en était autrement, lorsque, par exemple, au début d’une guerre , la cavalerie se trouvait prépondérante par la raison qu’elle se rassemblait plus tôt, on éprouvait de la difficulté pour les fourrages (2) , leur recherche occupant trop et exposant à trop d’alertes.
Nous ne trouvons rien de particulier relativement à l’organisation de nos armées au temps de Richelieu.
Mais le rang des régiments entre eux suscitait déjà des prétentions et des difficultés, de môme que le commandement donné, en mai 1630, au duc de Montmorency, l’un des plus jeunes maréchaux de France, éveille les susceptibilités de ses collègues, notamment du maréchal de la Force, avec lequel il doit agir incessamment.
Cette dernière dispute de préséance nous amène à parler de la hiérarchie. Les services rendus sont alors comptés pour l’avancement comme le mérite, voire même comme la naissance. Ainsi, quand, le 15 octobre 1641, un brevet de réserve (3) du cordon bleu est accordé au comte de Guébriant, le roi, dans sa lettre, le donne « à ses bons et recommandables services». Richelieu annonce cette faveur comme octroyée en « reconnaissance des services rendus au
(4) Hist. du maréchal de Guébriani, par Le LàBOURECR, 1657, p 587. (2) Hist. de (ïassion, t. II, p. 182. Le passage invoqué a trait à « 15,000 hommes presque moitié cavalerie et infanterie ».
(3} Promesse de la première place vacaote.
roi ». Le grand trésorier de l’ordre seul, Chavigny, parle des « services et de la naissance qui l’ont acquise (1) ».
Un autre fait hiérarchique, c’est que Richelieu, quand il exerce le commandement de général en chef ou généralissime (2), a plusieurs maréchaux sous ses ordres, lesquels ne font aucune difficulté de lui obéir, car c’est lui qui les nomme et dispense les faveurs ; à son départ même de Paris (29 décembre 1639), trois maréchaux sont à ses côtés dans son carrosse.
On passait alors de colonel maréchal de France : ce fut le cas pour Gassion. C’était, il est vrai, déjà un colonel autorisé, qui commandait à plusieurs régiments, et avait même un mestre de camp (3) sous ses ordres. Cela prouve à l’évidence que le grade d’oflicier général existait à peine, et que, si l’on voit déjà quelques maréchaux de camp (4) , cette création n’a rien de fixe. 11 ne faut pas croire que chaque maréchal avait son maréchal de camp; la similitude des mots entraînerait ici trop loin. Chaque maréchal de France avait ordinairement, à cette époque, deux maréchaux de camp, lesquels possédaient chacun un ayde de camp (5).
(1) Voyez II itt. du marirhal de Guébriant. par Lb Laboubecb, p. 441,
(2) On lui donnait souvent eo titre, que ses lettros royales de nomination ne confirment pas. Hitl, de Toirae, par Baudibr, p. 135. La ediarge de connétable avait été supprimée en 1 627.
(3) Mestre de camp était souvent le titre du colonel. Il s'agit ici d’un mestre de camp d'infanterie qui commande h 700 mousquetaires, et ce ne peut guère être un capitaine de la mestre de camp (compagnie) d’un régiment Voyez lliet. de Gaeeion, t. II, p. 113. Les mestres de camp avaient pullulé avant Henri IV. Brantôme en fait foi.
(4) Le maréchal de Gassion, par oxeinplo, a sous ses ordres, comme mnrécbal de camp, en 1644 le comte de laFeuillade, en 1646 le sieur de Ruvigny.
(5) Hitl. de Toirae, par Baudier, p. 201. Un maréchal de camp, s’il était seul attaché A un maréchal, obtenait souvent trois aides de camp au lieu de deux.
GUERRE DE TRENTE ANS
Quant au sergent de bataille (1), c’était alors une espèce de mestre de camp ou de maréchal de camp qui faisait fonctions de ranger les troupes pour la marche et la bataille. « 11 était partout, écrit un contemporain, et son poste était de n’en avoir point. »
Entre le capitaine et le colonel nul intermédiaire. Rien ne le montre mieux que cette expression : « Le capitaine Fourilles et son bataillon. » Le capitaine nommait les sergents, le fourrier, le tambour, le lifre et le chirurgien-barbier (2) de sa compagnie ; mais il présentait au colonel des candidats pour les emplois d'enseigne , caporal et appointé (3).
Les soldats peuvent parvenir au grade de capitaine, et plus avant s’ils s’en rendent dignes; l’article 229 de l’ordonnance du 29 janvier 1629 est formel à ce sujet.
L’infanterie, la cavalerie restent, à peu de chose près, ce qu’elles étaient du temps de Gustave-Adolphe.
Dans l’infanterie, certains régiments sont rendus permanents; un drapeau blanc devient leur signe distinctif, et déjà les appellations de vieux corps et de petits vieux apparaissent, en même temps que plusieurs régiments prennent le nom d’une province au lieu du nom de leur colonel; on voit momentanément des régiments partagés en bataillons. L’inflammation de la poudre formant amorce dans le mousquet a lieu au moyen d’un rouet qui , en tournant, frappe sur un silex. Bientôt môme (vers 1630), au lieu d’un mouvement de rotation , c’est un mouvement percutant ou choc qui
(4) On dit quelquefois ter genl-major de bataille. Le sergent-major était lin officier existant dans chaque régiment et y exerçant le» fonctions actuelles d’adjudant-major; il avait autorité sur tous lo» capitaines de son régiment.
(2) Aide du chirurgien du régiment, ce chirurgien-barbier faisait les cheveux et la barbe, saignait et pansait.
(3) Le Soldai français , in-46, 1652, p. 26.
tire du silex les étincelles nécessaires (1); mais, malgré ces deux perfectionnements, le mousquet à mèche subsiste, puisque, dans un écrit spécial daté de 1632, on rencontre encore celte recommandation adressée au soldat : « Qu’il cache sa mèche , allant de nuit ou estant en sentinelle (2). »
Si l’infanterie n’a plus de cuirasse, la cavalerie la conserve, et cela pour plus d’un siècle encore. En mars 1630, Richelieu lui-méme passe la Doire sur un superbe cheval, l’épée au côté , la cuirasse au dos.
Quant à l’artillerie, nous trouvons en août 1630, lors de l’expédition que Louis XUl dirige contre son frère, cette expression dans le Mercure français : « C’était une merveille de voir l’équipage de l’artillerie leste et en bel ordre, lequel ne faisait pas de moindres journées que la cour. » Et comme le roi apportait de l’ardeur à cette expédition et cheminait avec une grande diligence, l'artillerie marchait vite : elle avait donc gagné sous le rapport du charroi ; voilà ce que nous pouvons conclure de cette citation. Nous le conclurons aussi du chiffre de 120 chevaux, « plus 200 autres chevaux pour les soulager dans le passage des montagnes, » dont il est question pour conduire cette môme année six pièces d’artillerie de Lyon à la frontière d’Italie (3).
Au dire de Tallemant des Réaux (4), Richelieu se serait opposé à l’adoption d’une invention due à un baron du Languedoc et qui ne serait autre que celle des bombes, « à cause, dit-il, que cela ôtait le grand profit à l’artillerie, en rédui-
(1) Curiosités militaires t p. 489.
(2) Le Soldat français, autrement Discours militaire (par I>K LA Fontaine), Paris, in-1 6, 4652, chez Brunet, p. 4. Il est encore question de la miche aux p. 7 et 40.
(3) Lettre de Richelieu A M. d’Halinconrt, 8 avril 4630.
(4) Voyez Historiette du cardinal de Richelieu.
GUERRE DE TRENTE ANS. 165
sant l’équipage au quart des charrettes. » 11 faut reléguer ce récit parmi les contes jusqu’à une information plus sûre.
L’histoire nous montre Richelieu abattant, rasant les forteresses seigneuriales, et n’admettant en grâce les villes révoltées qu’au prix de leurs murailles (1). A le voir ainsi, ou pourrait être tenté de le croire ennemi de la fortification. Loin de là, il s’occupait de nos frontières et nourrissait des prétentions à la connaissance de l'art de fortifier, art géométrique, en elfet, dont une grande intelligence peut saisir les principes (2) sans l’avoir étudié dans sa jeunesse.
On s’entendait à embarrasser les localités au moyen des ressources de la fortification passagère. En février 1629, quand Louis XIII marche au secours du duc de Manloue, il trouve le pas de Suze très-fortifié, et là où ce défilé offre le moins de largeur (2m 25) « un retranchement de pierres sèches et de grosses pièces de bois entrelacées (3) ». En 1616, dans un bourg fortifié et contenant déjà un fort, l’église se trouvait « retranchée par un fossé relevé d’un grand parapet et environnée d’une grande palissade ».
Il y a plusieurs remarques à présenter sur l’attaque et la défense des places.
On attaquait encore « à la française, sans observer toutes les formalités (4), » surtout quand c'était le fougueux duc d’Enghien qui commandait, comme au siège de Courtray,
(1) Lettre de Richelieu au roi, 5 août 1639.
(2) Voyez Lettres et papiers d'Étal de Richelieu, t. IV, p. 743 et 748.
(3) Hiil. de Toirat, p. 409.
(4) Hitl. de Gassion , t. IV, p. 15. — Voy. la p. 37 du t. III du mfhne ouvrage : Gassion, au dire de son historien, se met « au-dessus des lègles vulgaires », et pourtant, deux pages plus loin, il dit que ce guerrier était d'avis « de procéder pied à pied » .
HISTOIRE DE L’aRT DE LA GUERRE.
en 1646 ; cette méthode sanglante et peu sûre ne sera réformée que par Vauban.
On s’opiniâtrait dans les défenses de villes , puisque souvent on trouvait à enrôler des soldats parmi la population des cités assiégées, rien que pour le pain de munition, puisqu’on 1638, dans Brisac , on alla jusqu’à manger de la chair humaine, tant la misère était grande (1). Les défenseurs chassaient l’assaillant des brèches à coups de pierre et même à coups de fléau (2). Ils éventaient des contre-mines en ayant l’adresse et l'audace d’en arracher les saucissons (3).
Citons, relativement aux sièges, la compagnie des tireurs en volant et en courant , composée de gentilshommes et servant auprès de la personne du roi Louis XIII pour ajuster ceux des ennemis qui se montraient par-dessus les fortifications, comme elle le fit avec succès au siège de Montauban (1621). Cette compagnie, qui en paix suivait le roi à la chasse, doit être comptée parmi les institutions qui ont précédé nos chasseurs à pied actuels et s’y rattachent.
Les marches des troupes étaient réglées par le gouvernement ; la latitude laissée parfois au chef à ce sujet ne provenait que d’une exception flatteuse. «J’ai dit au roi,» écrit M. des Noyers (4) au colonel de Gassion un peu avant sa promotion au grade de maréchal, « qu’il fallait vous laisser régler votre route pour ne point vous ordonner moins que peut-être vous ne feriez. »
On peut conclure de différents faits que l’art de combiner
(1 ) Hiit. de Guébrianl, p. 98.
(2) Bill, de Goetion, t. II, p. <07.
(3) Hitl. de Toiras, p. 169.
(4) Secrétaire d'Etat do la guerre.
GUERRE DE TRENTE ANS
les départs des colonnes afin de les faire arriver à point, cet art qui dépend aujourd’hui de la logistique ou science de l’état-major, n’existait pas encore ou n’était qu’entrevu.
Le pain se distribuait aux troupes pendant la roule, au moyen de provisions faites dans les grandes villes du parcours. Quelquefois ce sont nos ambassadeurs à l’étranger qui font les achats de blé et fournissent le pain de munition. Évidemment, c’est quand l’armée se trouve peu éloignée de leur résidence.
Des officiers prenaient grand soin des troupes en marche ; tel fut Guébriant. En avril 1638, il mena 4,000 hommes de pied au duc de Weimar, à Neubourg, traversant la Touraine, s'arrêtant à Saverne pour y faire prendre à chaque soldat pour sept jours de vivres, et franchissant ensuite le Rhin. « 11 était toujours à cheval autour des troupes, dit son historien; il les faisait marcher serrées afin qu’elles ne sortissent point de leurs rangs pour s’écarter. Quand elles arrivaient au quartier, il les enfermait dans des granges. . . et , afin que cette manière d’esclavage leur parût moins rude, il prit soin de leur faire fournir des vivres en abondance. . . 11 acquit ainsi le cœur de toutes ses troupes , qui déclarèrent de bonne volonté qu’elles le suivraient partout. »
Pendant que nous posions le siège devant Courtray, en juin 1646, le duc de Lorraine s’avança à portée de canon de notre camp, « avec toute son armée sans bagage (1), » et réussit de la sorte à s’emparer de diverses éminences. Ce sans bagages rappelle le sans sacs d’aujourd’hui , et montre que de tout temps les généraux habiles ont su alléger les troupes.
(1) Hit t. dt Gcution, t. IV, p. 14.
f L’ordre de bataille de celte période ne nous offre rien de spécial. Les troupes se rangeaient, en général, sur deux lignes, avec des pelotons d’infanterie dans les intervalles des escadrons. Le chef dont c’était le jour de commander l'armée se mettait à la tête de la bataille, c’est-à-dire du centre , tandis que les autres dirigeaient les ailes. On occupait volontiers les maisons qui pouvaient servir de postes et donner des vues pendant l’action (1).
On attaquait souvent en invoquant le nom, et par conséquent l’émulation , d’un régiment connu en criant , par exemple : Donne , Gassion. Inversement, nous pouvons citer une attaque en bataille faite «en silence, d’un temps et d’un pas égal, ce qui n’est pas ordinaire à la liberté française (2) ». Il s’agissait d’attaquer, sous Casai (1630), les retranchements des Espagnols , qui , frappés de cette démonstration , demandèrent la paix pour laquelle on avait déjà ouvert des pourparlers.
Cette dernière période de la guerre de Trente ans offre des opérations stratégiques. En première ligne , il nous faut citer l’admirable retraite effectuée du fond du llolstein par Torstensohn, ce général à la main perdue. Son invasion de ce pays par une marche secrète et irrégulière, alors que, faisant mine de passer l’Elbe à Torgau, il vint, après des détours, le traverser réellement à Harelberg, constituait déjà une opération remarquable; mais ce fut plus encore quand Gallas, accouru à sa poursuite, se joignit aux Danois, et que le général suédois Kœnigsmark se fut laissé attirer en Suède, car il se fraya alors un passage entre Sehleswig et
(1) Ifemoire» de Panlit, p. <44, <66.
(2) Met. de Toirtu, p. 205, livre u, cbap. 34.
GUERRE DE TRENTE ANS
Stapelholm, avança contre Gallas, le força à gagner Bernbourg, le jeta dans un camp où la famine le saisit, et vint avec ses troupes franchir la Saale et se placer dans des positions sûres et avantageuses.
En France, c’est Richelieu qui combine et décide en fait de guerre. Louis XIII se borne à régler souverainement les détails (1); il est méthodique, exact, soigneux; c’est un bon officier, et Louis XIV tiendra de lui sous ce rapport. Quant à nos maréchaux, plusieurs sont d’une grande ignorance, témoin la Mailleraye, qui, en 1641, laisse l’ennemi passer en plein jour une petite rivière sur six ponts sans l’inquiéter, et cela malgré l’avis unanime de son armée (2).
f.ertains points de jonction sont habilement indiqués par Guébriant, qui se trouvait parfois, à ce sujet, en désaccord avec le maréchal suédois Baner.
On comprend qu’il ne faut pas multiplier les détachements, «toujours sujets à mille insultes,» et cause d’affaiblissement pour l’armée principale. Se retirer honorablement, au lieu de s’entêter dans une mauvaise position et de perdre ainsi volontairement et inutilement une armée, est parfaitement admis.
L’artillerie sert de loin, ce qui est un progrès, car elle doit aider les autres armes sans les engager ni trop s’engager elle-même. Quand il faut renoncer à la poursuite d’une colonner battue, on la convoie avec des bouches à feu tant qu elles peuvent porter.
L’action de la cavalerie parait moins nettement définie, puisque l’on voit Gassion, lors de son investissement de
(<) Lettre s et papiers d'Êtat de Richelieu, par M. Avenel, 1. 1*', p. Cil. (2) Tallemant des RjÉaüX, Historiette du maréchal de la Meillerayt.
niSTOIRE DE l’art DE LA GUERRE.
Lens en 1647, jeter, après vingt escadrons espagnols culbutés et se retirant vei’s Douai, un détachement de 200 cavaliers qui se postent près d’un défilé sis à 3 kilomètres de cette ville et chargent vertement les vaincus «.dans ce défilé (1)». Ainsi, la cavalerie ne craignait pas alors de combattre au milieu des défilés; mais il est vrai que c’est par un coup d’audace et contre des troupes de son arme dénuées de tout soutien, soit en infanterie, soit en artillerie.
Ajoutons que la cavalerie manœuvrait prestement , car c’est à un mouvement leste et à propos de cette arme qu’est dû le commencement de la victoire de Rocroy (2).
La tactique de détail se perfectionne, principalement par les soins du mestre de camp du régiment de Champagne, Arnauld, commandant de Fort-Louis, pendant le long blocus de la Rochelle ; ce fort devient même le rendez-vous des volontaires qui accourent y apprendre l'art des manœuvres.
Relativement à la petite guerre , nous dirons que les coups de main gardaient encore faveur, puisque Gassion, devenu maréchal, conserve l’habitude d’en exécuter, soit pour enlever un quartier ennemi , soit pour effectuer une reconnaissance. Un des coups de main ou surprises célèbres de ce temps est celui exécuté le 24 novembre 1643 par Jean de Werth contre les Français campés à Tuttlingue , et qui coûta 2,000 tués à ces derniers (3). Onze ans auparavant, la victoire, dans la journée de Castelnaudary, avait été due à une embuscade. Dans les reconnaissances, on approchait
(1) Mit. de tins sion y t. IV, p. Ï09.
( i ) Consultez Commentaire i lur Fotord et la cavalerie , par le comte de Bbeze, t. I*', p. 2t9.
(3) Schiller, Guerre de Trente an», livre v, p. 407, 408 de la traduction Carlowitz. Jean de Werth, dit Schiller, u passait à juste titre pour dd grand maître dans les surprises , genre de guerre alors Tort usité. »
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parfois du camp ennemi à portée de la voix (1), ce qui montre le soin apporté à leur accomplissement. Pour rapporter les fourrages, dont l’exécution préoccupait, on employait des charrettes qui permettaient d’en amener à la fois une plus forte quantité. Ces charrettes, une fois remplies, se formaient en convoi et revenaient escortées.
L’administration militaire de Richelieu mérite attention (2). Ce grand ministre savait qu’il fallait solder et nourrir les troupes.
La solde n’était pas forte, car, en 1627, chaque soldat de la compagnie de la reine touchait trois sons par jour avec le pain : le prêt se faisait toutes les semaines, et le décompte (3) tous les six mois (4). Cette solde, il s’agissait d’en assurer la régularité, d’autant plus que, malgré son taux modique , elle grevait pour une forte part le budget de l’État ; aussi ce fut en vue de l’armée que Richelieu réforma les finances (5). Malgré cette réforme , l’argent fit souvent défaut pour les prêts (6), et il fallut en venir dès 1634 à une diminution du payement des troupes ; cette diminution commença par la suppression du surtaux à la cavalerie quand elle sortait du royaume, et fut opérée avec précaution afin d’habituer les troupes à la souffrir (7).
(1) Hist. de Onttion , t. Il, p. 54, On partait en reconnaissance avec 20 ou 25 maître*.
(5) La plupart des règlements de ce temps demeurèrent impuissants : recourez pourtant snr eux aux II Ut. de l'adminiilration de MM. Da&estb et Caielet.
(3) C’est aujourd’hui la rovue de liquidation : elle sc fait tous les trois mais.
(4) Lettre» et papier » d'État de Richelieu, t. II, p. 366, 436.
(6) Voyez l'Adminitlralion en France tous Richelieu , par M. CailLET, 2* édit., Ï86t, t. Ier, p. 73. Lettre de Richelieu du 20 avril 4633.
(6) Lettre » et papier» d'État de Richelieu, t. IV, p. 455.
(7) Le surtaux fut d’abord délivré h raison de quinze jours par mois.
On assurait le service de la solde pour les armées actives par l’envoi d’une somme (1) que portait un commis de l’extraordinaire des guerres ; en cas d’urgence, le chef de l’armée tirait à un mois de vue une lettre de change sur le trésorier de l’extraordinaire des guerres. Ce chef d’armée pouvait être chargé de remplir, outre ses fonctions normales, celles A' intendant (2) des troupes françaises , soit pour la police ou pour le payement.
Les gratifications d’entrée en campagne ne sont encore accordées qu’à titre gracieux (3). Guébriant, étant maréchal de camp et chef d’un corps auxiliaire de 5,100 hommes, reçoit 2,000 écus à ce titre en 1638.
Richelieu connaissait les tromperies de l’administration des finances. En 163!), au siège d’IIesdin, le grand maître de l’artillerie lui propose de sortir d’un moment de gène en créant de nouveaux intendants de finances à 200,000 francs pièce , et il répond : « Monsieur le grand maître, si on vous disait : Vous avez un maître d’hôtel qui vous vole, mais vous êtes trop grand seigneur pour n’être volé que par un homme, prenez-cn encore quatre, le feriez-vous (4)? » Il s’opposait aux fraudes dans la gestion des intérêts militaires, soit en écrivant au roi (5) : « S’il plaît à Votre Majesté dire à M. de Bullion que M. de la Force vous mande que les muni-
(1 ) Cette sommo s'évaluait souvent en monstres, c’est-à-dire en montants d’une revue. A la fin de mai 4 G44 , M. de Tracy porto une montre et demie au comte de Guébriant. Hiet. de Guébriant , p. 322.
(2) On voit que ce titre existait alors : je lie même l’expression « un gros intendant n, pour un intendant de grade supérieur, dans une lettre de Richelieu du 4er mai 4635.
(3) Cette allocation n’apparalt dans l’arméo française d'une façon régulière qu’en 4792.
(4) Tallemant DES RÉaüX, Historiette du cardinal de Richelieu.
(6) Lettre du 4or mai 4635.
GUERRE DE TRENTE ANS
tionnaires l’ont pensé ruiner, ce qui est véritable , elle ne fera pas peu pour faire secourir ses armées ; » soit en faisant pendre un sergent pour avoir mis dans sa compagnie deux passe-volants (1) appartenant à d’autres régiments, et en envoyant aux galères les deux passe-volants (2); soit en prescrivant de visiter les blés fournis par les munitionnaires, et cela « par personnes intelligentes et n’ayant aucune passion, afin que l’on n’envoie pour l’armée du blé pourri, dont le pain (3) serait préjudiciable à la santé (4) » ; soit en recommandant de ne distribuer réellement qu'aux effectifs , c’est-à-dire aux hommes présents; soit en veillant à la confection du biscuit et en pressant les munilionnaires d’en fabriquer suffisamment (5) ; soit en insistant pour que les troupes reçussent non-seulement le pain mais aussi le prêt de quatre sous imposé aux communautés (6).
On reconnaît les préoccupations administratives de Richelieu à le voir prescrire, en 1630, au maréchal de la Force de faire la récolte en Piémont « comme la chose la plus importante, à son avis, pour le service du roi », et à la faire exécuter, sur quatre modes qu’il propose, par des paysans piémontais, le meilleur mode de tous. 11 réglemente aussi les étapes ou le service des subsistances, fournies en
(1 ) Faux soldats. L'abus des passe-volants était assez fréquent, et l’on vit des officiers chercher mauvais parti au commissaire des guerres qui les dévoilait. lisez Historiette de Mastaube , dans T.u,lkmant des Rlalx .
(2) Après jugement. Lettre au roi, 28 février 4628.
(3) Le sac de blé donnait 430 rations de pain.
(4) Lettre au garde des sceaux, 40 noût 4630.
(5) Lettre à M. de Nantes, avril 4633. On voit par là que Richelieu ne dédaignait pas de descendre aux détails.
(6) Sans doute à titre d’avance sur les subsides extraordinaires votés par lo clergé ou bien à titre de logement militaire. Voyez la Lettre de Richelieu au maréchal de la Force, 3 février 4630.
route par l’habitant ou à ses frais, et essaye d’organiser aux années un service médical.
Quand un rouage lui paraît mal fonctionner il s’adresse à un autre ; c’est ainsi que, le 8 avril 1630, il charge, par une lettre spéciale, les trésoriers de France demeurant à Lyon d’acheter des mulets pour l’armée. L’intermédiaire de ces trésoriers lui avait paru déjà utile et prompt ; mais cette fois les maréchaux de camp arrêtent l’achat qu’ils devaient faire, et Louis Xlll demeure cinq jours au fort Barraull faute de vivres, ce qui retarde son entrée en Savoie.
En général, Richelieu prépare la guerre avec une active prévoyance ; il ne néglige rien : toute sa correspondance en fait foi.
Une fois la guerre préparée, il n’entrave pas les généraux dans leurs actes. Lisez plutôt ce passage d’une lettre adressée aux lieutenants généraux parle roi le 16 novembre 1630 : « Mon intention n’est pas de vous prescrire des ordres déterminés , en sorte que vous ne puissiez faire ce que vous reconnaîtrez clairement être le mieux pour mon service. Car vous savez qu’il est impossible de juger si bien de loin les choses, comme peuvent faire ceux qui sont sur les lieux et qui les voient de près. »
La discipline ne me paraît pas avoir été bien grande dans cette dernière phase de la guerre de Trente ans, même en France, même sous Richelieu. Certes, celui qui eut la fermeté de faire tomber des têtes de grands seigneurs afin d’inculquer à tous le respect de la loi, celui-là aussi sévit contre les officiers et les soldats. Ainsi , devant la Rochelle il introduit de l’ordre dans le camp catholique et réprime la licence : un coup de canon donne à 9 heures du soir le signal de la
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retraite aux soldats ; celui qui déserte avec ses habits est passé par les armes, etc.; en un mot, pour adopter l’expression du cardinal : « une douce sévérité tient tout le monde en son devoir (1). » Ainsi, en 1G38, il fait rendre un arrêt contre les officiers d’un régiment, cassés pour pil/ei'ies et volerics sur les gens de la campagne. Mais, en dehors de son influence et de quelques actes de sévérité de Louis XIII (2), les désordres subsistent et s’aggravent; ils s’aggraveront jusqu’au sévère Louvois soutenu par la main ferme de Louis XIV, et aussi, disons-le, par les progrès du temps (3). Là, les soldats français se roidissent contre l’ordre d’aller prendre part aux guerres de l’Allemagne, et l’on songe à les transporter aussitôt au delà du Rhin en un lieu où ils soient obligés de demeurer par force ; ici, un chef d’armée, un pair de France, fait échouer le siège de Fontarabie par jalousie, et sa condamnation , émanant d’une commission spéciale présidée par le roi, ne l’excuse pas ; ailleurs, les soldats licenciés sont tellement habitués à la rapine qu’ils se font voleurs à leur sortie du service.
Pour caractériser la rapine inexorable de ces temps, il suffit de montrer ces détachements vivant à discrétion là où ils logent, épouvantant les campagnes au point que l’on n’ose plus s’y trouver, et de rappeler la lettre par laquelle une partie de la garnison de Saint-Quentin menace, en 1645, les magistrats de mettre le feu aux quatre coins de la ville si
(4 ) Lisez deux lettres de Richelieu, en date du 28 février 4628 , l’une adressée au roi, l’autre à M. Mestlvier, prévôt général de l'armée.
(2) Voyez les Mémoire» de Ponlit , années 4 623 et 4624. Le mestre de camp Arnould, du régiment de Chumpagnc, gouverneur du fort Louis (prés la Rochelle), fut l'un des réformateurs de la discipline à cette époque.
(3) La plupart des exemples cités par M. Caillet (t. II, p. 4 49 et suiv.) en faveur de l’amélioration do la discipline sont de la fin de la carrière de Richelieu et du régne de Louis XIII,
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la solde qui leur est due depuis cinq mois ne leur est pas payée.
Le gouvernement autorisait, en cas de nécessité, le soldat à vivre du pays. Ainsi, une lettre de Richelieu dit que, si les approvisionnements manquent, le soldat pourra prendre chez l’habitant. Ainsi , Louis XIII écrit au gouverneur d’Arras : « ... Vivez d’industrie... sans faire crier...; agissez comme les autres dans leur gouvernement (1). » Triste temps où la royauté tolérait, prescrivait presque ce qu’on a justement appelé un demi-pillage.
A côte de cette tolérance regrettable pour les actes du soldat, on rencontre des exemples de grande sévérité. Par exemple, après la deuxième bataille de Leipzig (1612) gagnée par Torstensohn , l’empereur d'Allemagne réunit un de ses régiments de cavalerie accusé d’avoir fui dans l’action, le dégrade, déchire ses étendarts, fait fusiller plusieurs officiers, décime ses soldats.
Il y avait alors de la faveur, et il faisait bon de compter des appuis dans l’entourage de la cour. Louis XIII. ce roi morose, ne vivait pas sans un préféré; sa veuve la régente aussi, témoin Mazarin, auquel elle eut l’aveuglement de faire cadeau d’un lit; quant à Richelieu, il avait ses prédilections, mais en général il protégeait le mérite et le talent.
La faveur trop évidente mécontentait, et nous voyons par l’histoire de Gassion comment, dans ce cas, le mérite même devenait suspect aux troupes et menait presque les masses au manque de respect (2).
(1) La Misère au temps de la Fronde et S* Vincent de Paul, ou un Chapitre de l’histoire du paupe'risme en France , par M. Alphonse Fkillkt, gr. in-48, 4862, chez Didier, p. 41.
(2) IJist . de Gaesion , t. II, p. 455.
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Les récompenses se donnaient aux actes brillants (1) : ainsi un nageur qui, en 1627, traverse trois lieues de mer pour faire communiquer la citadelle Saint-Martin et le fort de la Prée (île de Ré), où commandait Toiras, avec le camp du roi, ce nageur obtient une gratification et une pension sur la gabelle (2) ; mais le simple soldat combattait et travaillait pour demeurer toujours dans une position infime, car il n’y avait alors ni haute paye, ni chevrons, ni médailles, ni prime de rengagement, ni une portion nettement déterminée des places d’officiers réservée aux vieux soldats (3).
Vis-à-vis des officiers le gouvernement se montrait plus généreux. Grades, pensions et, pour les chefs d’armée, décorations, tout cela leur arrivait assez facilement. La correspondance officielle se montrait même très-gracieuse pour eux, manière d’agir convenable à l’égard de gens qui risquaient leur vie pour le service du roi. Louis XIII appelle Toiras, en lui écrivant : Mon capitaine, et les lieutenants généraux de l’armée d’Italie : Mes cousins , appellation réservée d’ordinaire aux maréchaux de France. Il faut citer également ce début d’une lettre ministérielle : « Brave Charost , t honneur de la race, ces trois mots te feront connaître l’estime qu’on fait de deçà les monts du courage qu’en ces dernières occasions tu as témoigné aux champs de Mars, » écrit le cardinal de Richelieu le 13 juillet 1630 à Louis de
(4) Aussi l’on tenait aux occasions qui se présentaient d'en faire : dans un régiment, par exemple, chaque officier réclamait comme un poste d’honneur son tour de commander les enfants perdus. Voy . les Mém. de Pontit , à l’année 1628.
(2) HUI. de Toirae, p. 82.
(3) Leur admissibilité seule uu grade d'officier était reconnue. Voyez p. 463, où nous traitons de la hiérarchie à cette époque.
HISTOIRE DE L’ART DE I.A C.l'ERRE.
Béthune, comte de Charost, mestre de camp du régiment de Picardie, qui venait de se distinguer au combat de Vegliano.
Quand un maréchal succombait à la tête de son armée, on lui faisait de solennelles obsèques; ainsi, en 1644, le service du maréchal de Guébriant se célébra avec pompe à Notre- Dame, où le duc d’Uzès prononça son oraison funèbre (1).
Nous rencontrons souvent, au temps qui nous occupe, l’idée arrêtée de ne pas concentrer les troupes au repos sur un seul emplacement. Il y a plus de cantonnements que de camps; et ces cantonnements, on cherche à les élargir le plus possible, de manière à ménager aux soldats d’excellents quartiers, abondamment pourvus. En avril 1633, Richelieu recommande au maréchal de Chàtillon de « diviser son armée pour ne gâter point la campagne (2) ». Le fait est que le pays une fois épuisé en vivres, en fourrages, entièrement mangé suivant l’expression du temps, on se voyait dans l’obligation de le quitter et d’en quêter un autre, au risque de nuire par là au plan général des opérations (3).
On songe à fonder des établissements utiles à la carrière militaire.
Le premier de tous, c’est une école militaire; l’idée en apparaît dès 1626, année dans laquelle l’assemblée des notables demande en F’ rance la création d’un collège militaire par chaque archevêché ou prince, « pour l’instruction de la jeune noblesse. » Vingt ans plus tard, Richelieu consacre
(1) Journal d'Olivier Lefevre d'Ormetson, t. Ier, p. <88 : « Jamais homme, dit ce magistrat, n’a été regretté universellement comme celui-là, et personne ne lui envie cet honneur qui n'est pas ordinaire, »
(2) Lettre à M. Servien, 8 avril 1635.
(3) Reportcst-vons à la p. 298 de l’Hiet. de Guibrianl.
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un fonds de 22,000 livres de rentes pour installer, Vieillerue-du-Temple, à Paris, une école militaire où 22 gentilshommes devaient pendant deux ans se perfectionner dans les exercices militaires et dans les lettres. Ce rudiment d’école ne lui survécut pas (1).
Après la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir, on s’occupa de la vieillesse, ou du passé. Henri IV avait fondé un hôpital pour les soldats estropiés; et d’ailleurs il les faisait admettre dans des abbayes chargées de leur entretien. En 1623, le chiffre de la contribution de chaque abbaye fut fixé, et en 1633, avec une partie de ces contributions (2), le gouvernement institua, sous le titre de commanderie de Saint-Louis, à Bicêtre, un hospice destiné à recevoir les soldats estropiés à la guerre et devenus invalides pour le service du roi. Cette commanderie porte en germe, par son nom et sa destination, deux des fondations qui ont illustré le règne de Louis XIV.
(1) L'Administration en France i ou» le ministère du cardinal de Richelieu, par Caillkt, t Ier, p. <98, 199. 210. Suivant la Gazette de Renaudot, du 31 déc. 1639, Louis XIII aurait autorisé une Académie royale det exercices de guerre , où les tnestres de camp et capitaines d’infanterie auraient envoyé leurs nouveaux soldats s’instruire gratuitement dans le maniement des armes. Cette idée ne parait pas avoir eu de suite, et les officiers ont continué à instruire eux-mêmes leurs hommes.
(2) 100 livres annuellement par abbaye dont le revenu excédait 2,000 livres.