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30ti HISTOIRE DE L’ART DE LA GUERRE.

A Mollwitz et à Czaslau, il commence l’action avant que l'armée autrichienne ne soit formée.

A Sorr, il ose, sous le feu de l’ennemi, faire exécuter à toute sa ligne de bataille un changement de front à droite ; le succès couronne son audace, malgré les projectiles ennemis, tant celle manœuvre s’opère avec promptitude.

A la bataille de Prague, l’armée prussienne exécute avant l’action un mouvement analogue, venant, par un changement de front en arrière, se placer dans une position perpendiculaire à celle qu’elle occupait en premier lieu.

A Rosbach, le roi de Prusse engage l’action sans avoir achevé son mouvement, étant pour ainsi dire encore en marche.

A Leutben, son chef-d’œuvre, il n’abandonne pas sa ligne d’opération, maiszV en change ; ce qui, au dire de Napoléon, constitue la manœuvre la plus habile qu’enseigne l’art de la guerre (1).

Dans la journée de Zorndorlf, dès qu’il a reconnu le carré formé par l’armée russe, il fait ses dispositions d’attaque et, après une cannonade préliminaire , avance sa gauche en refusant sa droite : c’est bien là l’ordre oblique dont on lui a fait tant d’honneur, mais qu’il n’a pas employé constamment et que l’on connaissait avant lui, puisque l’antiquité nous en offre des exemples. Lorsqu’il employait l’oblique, il entendait parfois placer les bataillons de l’aile assaillante

guerre de Sept ans sont curieuses h étudier sous ce rapport. A liohenfriedherg, il s’aperçut à temps de la maladresse de l’un de ses aides de camp qui avait transmis ses ordres d’une manière inexacte, et put remédier à la fausse manœuvre cnusée par cette erreur.

(1 ) Avant Napoléon, Guibert avait déclaré cette bataille « le triomphe de l’art ». Voyez son Éloge de Frédéric.

entre deux fortes batteries : on peut le conclure de la disposition pour les colonels d’artillerie Dieskau et Moller, rédigée par lui en 1758 (1).

Nous le voyons, à Kunersdorf, avancer sa droite en échelons et ranger son armée à peu près en potence sur le flanc gauche des Russes.

A Lignitz, il apprend subitement que les Autrichiens sont à 400 pas de lui, prolonge aussitôt sa gauche pour éviter une manœuvre tournante, et maintient par son feu le général Laudon assez de temps pour pouvoir achever sa disposition en ordre de bataille, et cela sans que ses préparatifs soient aperçus par l’ennemi (2).

Malgré la diversité et la soudaineté de ses dispositifs, on peut déduire de l’ensemble des actions qu’il a livrées, et de ses usages tactiques, la forme habituelle de son ordre de bataille. Cet ordre comprenait deux lignes et une réserve; dans chaque ligne, l’infanterie se tenait au centre et la cavalerie aux ailes. Au lieu d’une disposition en échiquier, il rangeait la première ligne presque pleine, ou du moins n’y admettait que des intervalles de 5 A 6 mètres entre les bataillons et les escadrons. Quant à la deuxième ligne, il y laissait des intervalles, mais de façon que jamais les vides ne dépassassent les pleins en étendue ; ces intervalles devenaient presque nécessaires pour que cette ligne, toujours moins nombreuse que la première, eût néanmoins le même front.

Une particularité de l’ordre de bataille de Frédéric, c’est qu’il plaçait souvent en arrière de la première ligne et per-

(1) Voyez Bes OEutree, édition officielle in-8°, t. XXVIII, p. 249. (Il y a une petite figure indiquant cette disposition.)

(2) Consultez la Vit du feld-marêchal baron de Laudon , pnr Pezzl , traduction du baron de Bock, Luxembourg, 1792, p. 108.

pendiculairemeut à celte ligne, c'est-à-dire en potence , et face en dehors, un ou plusieurs bataillons de grenadiers :

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