‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 20 sur 127 · MODIFICATIONS MACÉDONIENNES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS MACÉDONIENNES

Je comprends sous ce titre les modifications apportées à l’art militaire grec par les rois de Macédoine Philippe et Alexandre, « nés d’une maison, dit Polybe (2), qui s’était toujours flattée de parvenir à l’empire universel. »

Philippe n’inventa pas la phalange. « 11 ne-fit que suivre les principes des Grecs et leur système de tactique, qu’if s’appliqua à perfectionner; il y réussit par la sévérité des lois et l’éclat des récompenses qu’il établit, par la pratique constante des exercices et la bonté des armes, qu’il leur fournit (3). » La phalange macédonienne ne contenait dans l’origine que 6,000 hommes; elle fut permanente , principale cause de la. supériorité des troupes macédoniennes sur les troupes grecques. Philippe proscrivit la mollesse et la débauche (4), diminua le nombre des valets et des chariots de transport, accoutuma ses soldats à faire de longues marches chargés de lourds fardeaux : il leur faisait porter pour trente •jours de farine par les plus grandes chaleurs (5). Il créa lé corps des camarades, composé de jeunes gens nobles, qui vivaient de sa table et le suivaient à la guerre et à la chasse ; ce corps de cavalerie d’élite devint une pépinière de bons généraux.

(1) Influence de la poudre à obnon, p. 371 et 373.

(2) Livre v, chap. 20.

(3) Maizerot, Coun de lactique, tome I,r, p. 49.

(4) Poltks, livre iy, chap. 2.

(5) Froxtis, livre iy, chap. 1er.

Alexandre, si l’on en croit Polyen (1) et Plutarque (2), commença « par faire raser la barbe aux Macédoniens afin d’ôter cette prise aux ennemis, » ou plutôt sans doute pour les habituer à l’obéissance, même dans les moindres choses, à l’imitation dos éphorés Spartiates qui , à leur entrée en charge , donnaient l’ordre à leurs concitoyens de se couper les moustaches (3). — Sous ce prince, les peltastes acquirent une réputation égale à celle des hoplites, et parmi eux il faut surtout citer les argyraspides, ainsi nommés parce que leurs boucliers étaient argentés; les argyraspides montaient la ^ardc à l’entrée de la tente d’Alexandre. Les armés à la légère furent dès lors employés plus au loin qu’ils ne l’avaient encore été ; ils servirent à éclaircir les masses , à éloigner la cavalerie, à s’emparer des hauteurs. Jamais Alexandre ne les plaça derrière sa phalange.

Contrairement à sort père, Alexandre adopta la forme rectangulaire plus ou moins profonde, comme ordre de bataille de sa cavalerie, qu’il soumit, après la bataille d’Arbelles, à une discipline uniforme, sans avoir égard à la différence des nations qui la composaient.

Il posséda des éléphants, mais n’en fit point usage dans selïatailles , et se servit en rase campagne de machines de guerre pour chasser l’ennemi des défilés et des rives des fleuves.

Son ordre de bataille était ordinairement l’ordre oblique; il rangeait son*armée sur plusieurs lignes, partagées souvent en sections pour les rendre plus propres aux évolutions, et plaçait sa cavalerie à l’aile d’attaque.

(t) Livre iv, chap. 3.

(î) fn de Thitèt et Apophlkegmei A' Alexandre .

(3) Plutabqce, Vil à' Agit et de Cléomint.

GRECS

« La guerre d’Alexandre, a dit Napoléon, fut méthodique ; elle est digne des plus grands éloges; aucun de ses convois ne fut intercepté ; ses ai mées allèrent toujours en S’augmentant (1). >» Ajoutons pourtant que si Alexandre, fidèle à son système d’assurer ses derrières et ses communications , eut raison d’assiéger Tyr, il semble avoir eu tort d’entreprendre son expédition d’Égypte; ce fut on effet une pointe hasardée qui pouvait lui devenir funeste, si les forces de la Perse eussent été conduites avec cette unité et cette concentration que son génie et son ascendant avaient imprimées à l’armée macédonienne; et, d’ailleurs, était-il nécessaire de conquérir l’Égypte pour se la rendre favorable?

Le grand mérite de ce conquérant fut la rapidité (2) ; il traversait presque à la course des pays inaccessibles, et tombait à l’improviste sur scs ennemis. Il combattait personnellemeut avec un grand courage et une folle témérité, car il s’exposait plus qu’un chef d’armée ne doit le faire. On le reconnaissait facilement à l’éclat. de ses armes et à l’empressement respectueux de sa suite.

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