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MACHINES DE GUERRE

« Si l’on recherche vainement chez les Grecs l’origine des machines^ il est du moins certain qu’on ne peut leur refuser de les avoir presque toutes perfectionnées (3). » Ils les

(t) Tite LiVe, xxiv, 34. — Polybe, livre vin, fragment 3. — Voyez aussi UmscHARDT, Stèmoires critiques, tome IV, p. St et 95.

(2) Plutarque , Vie de Ptric'Ja. — Quelques - uns des retranchements grecs étaieut construits en pierres brutes et en. bois (Thucydide, VI, (i5, 68) ; ■ Les anciens, dit à ce sujet M. Maurice de Sellon (Kechtrches historiques sur la fortification passagère, Paris, 1848, p. Il), les anciens, qui n’avaient pas h redouter les éclats de pierre produits par le boulet et l’obus, pouvaient se permettre ce genre de retranchements, b

(3) Jolt de Maizeroy, Art des sièges, p. 29. Non* avons extrait de cet ouvrage lu plus grande partie de ce paragraphe. — Plutarque, dans la Vie

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poussèrent même, sous les successeurs d’Alexandre, à des proportions tellement exagérées qu’elles perdirent beaucoup de leur utilité, tout en attestant l’extrême •habileté des constructeurs.

Énumérons les principales machines en usage chez les Grecs : * * • >

Machines de siège. — Le bélier , grande poutre dont l’extrémité, garnie d’une armure de métal, servait à battre en brèche ; on le mettait ordinairement en mouvement à bras d’hommes, mais il ne pouvait être transporté que par de nombreux attelages de bœufs ou de chevaux.

La tarière , fer pointu et armé de dents, que l’on introduisait entre les pierres dits murs pour les disjoindre et les faire tomber.

Le corbeau à griffes ou démolisseur. C’était une perche dont l’extrémité, garnie de pinces, était portée en avant pour saisir les objets qu’elle arrachait en reculant

Le mantelet, qui servait à couvrir les travailleurs par le devant. On employait également à cet usage des rideaux de peaux fraîches ou de câbles tressés, montés sur des cadres de bois.

La tortue , appentis mobile qui couvrait les travailleurs par le haut, son toit restant à l’épreuve des traits et du feu. On distinguait les tortues cC approche ou vignes.,' les tortues de comblement, qui s’utilisaient pour combler le fossé ou pour aplanir le terrain des approches, et les tortues bé Hères , qui renfermaient un bélier.

de Pe’riclit, attribue l'invention de* machines de guerre au mécanicien Artémon ; dans lu Vie de Uarcellut, il pose cette remarque : « La mécanique, longtemps méprisée par la pliilosopbio , (ut séparée de la géométrie et devint un des arts militaires. »

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Les grues, lés échelles (1), les ponts portatifs. La grue, montée sur un pivot à base garnie de roues* offrait une machine-simple, susceptible de nombreuses applications; la principale était le tollènon , grue au cou de laquelle on suspendait un coffre rempli de soldats qui jetaient des traits ou des feux. .

La sambuque , machine destinée à dresser une échelle à la hauteur des créneaux. Dans la sambuque de mer, l’échelle était posée sur la proue de deux galères accolées, et se dressait à volonté au moyen de cordages ; elle portait à sa partie supérieure une plate-forme sur laquelle se plaçaient les assiégeants. Dans la sambuque de terre, l’échelle s’appuyait sur un chapiteau qui reposait lui-même sur un train de charpente; un cric, ajouté au chapiteau, permettait de donner à l’échelle l’inclinaison nécessaire.

Les tours carrées, nommées aussi héle'po/es (c’est-à-dire preneuses de villes), dont la hauteur mesurait 45m pour les plus grandes, et 25” moyennement pour les plus petites. Ces tuurSj montées sur des roues fort larges et mues de l’intérieur, avaient plusieurs étages. On y plaçait , aux étages supérieurs, des archers et des frondeurs, et des ponts à charnière qu à coulisse pour abattre sur les brèches élevées, 'aux étages intermédiaires des machines de jet, et à l’étage inférieur des béliers ; de là le nom de tours bélièrçs qu’on donnait quelquefois à ces immenses maisons mobiles qui contenaient jusqu’à de l’eau pour les cas d’incendie. Les tours

(t) « Il y en avait de cuir dont on soufflait les montants comme des outres, on les appelait coriatce , d’autres retieulatœ , qui étaient de corda avec de gros hameçons au bout pour les accrocher aux créneaux. Héron en inventa qui so soutenaient sur des pivots : il y avait eu haut un mantelct qui couvrait un soldat qu'on y faisait monter pour observer. » (Maizeroy, traduction des In iti lutions militaires de l’empereur Léon, 1770, tome lw, note de la p. 64.) Comparez cette note avec ce quo nous disons ci-upr s des échelles employées au moyen fige (§ 14 de notre cliap. VI).

HISTOIRE DE l’art DE LA GUERRE.

bien faites se démontaient et se remontaient aisément, ce qui ! facilitait beaucoup leur transport.

Les machines incendiaires. Celle dont parle Thucydide (1) consistait en une chaudière remplie d’un mélange de charbon, de bitume et de soufre, dans laquelle un long tube amenait un fort courant d’air produit par de grands ebrps de soufflets adaptés à Tune dé ses extrémités.

Machines de jet. — Les machines de jet peuvent se diviser en deux classes distinctes : celles qui ne lançaient que des pierres, et celles qui lançaient des pierres ou des traits, ou l’un et l'autre ensemble.

La première classe comprend les oxibèles , les doriboles . les scorpions, les catapidtes, machines toutes à deux bras en forme d’arc brisé.

La seconde classe se divise en machines à un bras ou monancones, et en machines à deux bras. Dans les monanconcs, nommées aussi onagres ou fundibales , le bras était armé à son extrémité d’un cuilleron, où l’on mettait la pierre , le boulet de fef ou la balle de plomb ; ce bras , en frappant sur un auget, pouvait également faire partir une flèche. Les machines à deux bras ou batistes jetaient des pierres ou des flèches, et surtout les traits enflammés appelés fabrique*. Il y avait aussi des baüstes monancones.

Comme on appropriait souvent les machines de la première classe à jeter des pierres, de tous les noms cités cidessus aucun n'appartient en propre à une espèce, et la seule véritable distinction qu’on puisse établir entre les machines de jet des anciens git dans le nombre de bras.

Le principe général de ces machines reposait sur l’action ••

(<) Livre iv, cliap. <00.

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du ressort d’une corde de nerfs qui, se débandant, après avoir été tendue au moyen d’un treuil , laissait échapper le

MONAPtCONK.

bras dans les monancones, et agissait tomme dans l’arbalète pour les machines à deux bras , de telle sorte que dans les monancones les projectiles partaient suivant une ligne parabolique, tandis que le tir des machines à deux bras s’effectuait presque horizontalement. On était parvenu à donner à ce tir une assez grande justesse (1).

La plus grande portée de ces machines montait à 5 stades .(environ 1,040®) et le poids des projectiles lancés par les plus fortes allait à 750 livres. — Elles servaient aux assiégeants pour inquiéter l’ennemi et tâcher de le chasser du

(1) Folard Ct Maizerot (Art des sièges, p. 384) prétendent « que le tir de ces machines était beaucoup plus juste que ccl^i de nos bouches & feu. » Depuis eux la justesse du tir de l'artillerie a fait d’immenses progrès, et quiconque a manié un canon sait que l'on atteint actuellement, surtout quand on se sert do pièces do siège, avec une incroyable précision. Pourtant le colonel Akmaxdi ! Histoire militaire des éléphants, p. 497 et suivantes) développe des preuves qui établissent, à son avis, que la justesse du tir des machines des anciens a ne le cédait en rien d celle de nos armes à (eu. » — Consultez, sur les ouvrages relalifs aux machines de jet des anciens, ln noto que j’aj insérée aux p. 220 et 223 de ma traduction (1834) de l 'Histoire de l'art militaire chez tes anciens du major prussien F. de Ciriacy.

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rempart, et à l'assiégé pour chicaner les approches et retarder les travaux de l’attaque. Elles lançaient, outre les pierres, les (lèches et les poutres, des boulets rouges, des pots à feu. . . Les armées grecques en traînaient aussi à leur suite, mais s’en servaient rarement; on les démontait pour les transporter, et on n’emportait que les pièces les plus nécessaires à leur mouvement; les autres pièces se confectionnaient sur place.

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