‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 28 sur 127 · CONSTITUTION MILITAIRE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION MILITAIRE

Ce fut d’abord le sénat qui décida exclusivement la paix

(1) a Lis Romains, destructeurs pour no ptts paraître conquérants, ruinèrent Curlhuge et Corinthe-, et, par une telle pratique, ils se seraient peut- Stre perdus, s’ils n'avaient pas conquis toute la terre. • ( Enpril du loi i, livre xxi, cliap. 13.)

(2) Cotte relTcxion, quoique devenue commune, n’en n’est pns moins juste. (ClllUON, Décadence , édition du Panthéon littéraire, tonie I", p. 23.)

(3) Nous ne nous occuperons en général île l’art militaire romuiD que sous

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ou la guerre ; le peuple s'attribua ensuite le droit de ratifier les décisions du sénat.

Les forces romaines, commandées par les consuls, magistrats élus pour un an, se composaient de troupes nationales et de troupes auxiliaires fournies par les alliés.

Les troupes nationales étaient div isées en plusieurs grands , corps égaux en nombre et contenant chacun , suivant la même proportion, trois espèces d’infanterie pesante, des armés à la légère et de la cavalerie. Ces corps portaient le nom de légions. Les tribuns , chefs des légions, étaient nommés les uns par les consuls, les autres par le peuple ; ils étaient annuels et choisissaient les centurions; ces derniers choisissaient à leur tour les officier sous leurs ordres.

Nul ne pouvait être légionnaire s’il n’était citoyen romain et possesseur de 400 drachmes (1) (10,000 fr. environ). Tout légionnaire entrait au service à 17 ans et en sortait de droit à 46. Sur ces vingt-neuf années, il devait, en passer seize sous les drapeaux. Les chevaliers n’étaient astreints qu’à dix ans de service, temps exigé pour être apte aux charges de magistrature. La république récompçn- * sait les vétérans en leur distribuant des tories conquises.

Les citoyens qui possédaient moins de 400 drachmes étaient enrôlés parmi les marins et les armés à la légère.

Toutes ces règles subirent des exceptions dans les circonstances critiques où se trouvèrent les Itomains, l’intérêt de la république étant toujours le premier mobile de leurs actions. Alors on enrôlait des vieillards, des citoyens ne possédant pas 400 drachmes, des affranchis, des esclaves, voire

la république : cetto observation est fnite une fois pour toutes. Nous réunirons ensuite dans un même paragraphe, sons le titre do Modifications impériales, les divers changements qui curent lieu sous les empereurs.

(<) Polybe, livre vi, fragment 5.

niSTOIRE DE l’art DK LA GUERRE.

même des gladiateurs et des brigands; on prenait les jeunes soldats avant 17 ans, on portait la durée du service effectif à 20 ans, on ne donnait le congé qu’à 50 ans.

Etaient exempts du service militaire : les magistrats en charge et la plupart des anciens magistrats, les sénateurs, les prêtres, les augures, les myopes, les sourds et généralement tous les infirmes et valétudinaires. Les personnes exemptes pouvaient s’enrôler volontairement, et dans les circonstances graves le sénat suspendait les exemptions.

U y avait deux sortes de levées : la levée ordinaire et la levée extraordinaire.

Dans la levée ordinaire, on levait quatre légions à la fois, et on s’attachait à les égaliser, sous le rapport de la force, au moyen d’un système périodique de choix qui autorisait successivement les tribuns de chaque légion à prendre, sur un groupe de 4 citoyens désignés, celui qui leur paraissait le plus robuste. Dès qu’on avait fait prêter serment aux levées, on leur indiquait , hors de Home , un lieu de rendez-vous. Dans ce lieu, après l’incorporation dans les légions, la distribution de# armes et le déploiement des enseignes, le général purifiait son armée, cérémonie religieuse nommée lustration, et sans laquelle on ne se mettait jamais en marche. Les légions ainsi levées « se disciplinaient sur-le-champ par la force du génie militaire, qui était la base du gouvernement et qui formait le caractère des citoyens (1). » A la fin de la guerre , elles étaient licenciées et chacun retournait dans ses foyers; car la république n’entretenait point de forces permanentes.

Dans la levée extraordinaire, l’enrôlement était volontaire, et chaque enrôlé choisissait l’arme dans laquelle il voulait

(4) Tactique de Maizerot, tome III, p. 53.

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servir : d'infanterie ou la cavalerie. Parmi ces volontaires, il y avait souvent de vieux soldats qui, ayant fait leur temps, revenaient de leur plein gré; on les nommait evoeati. Ils étaient exempts de travaux militaires et considérés comme gens d’élite.

Les levées demandaient beaucoup de temps : car il fallait faire les' sacrifices voulus, prendre les auspices, consulter les livres sacrés , faire prêter le serment militaire (1); en un mot, remplir minutieusement toutes les cérémonies religieuses. Mais, dans les cas pressants, on usait de diligence, et l’on vit des légions levées le matin se mettre en marche le soir même.

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