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Voie prétorienne (ou principale

étaient , du côté du prétoire la porte prétorienne , et de l’autre la porte décumane , par où sortaient les çriminels pour être exécutés. Cette distribution donnait au camp romain l’apparence d’une ville, d’autant plus qu’il renfermait aussi deux places, celle du marché et celle du questeur. Les vélites campaient le long du retranchement , sur les quatre côtés, occupant ainsi la plus grande partie du pourtour du

ROMAINS

camp. Le prétoire (1), ou logement du général, auquel on donnait 200 pieds (59“) carrés et dont le centre, une fois choisi, désignait remplacement du camp , était situé sur l'axe plus près de la porte prétorienne que de la porte décumane. Entre le prétoire et la porte prétorienne campaient les extraordinaires; entre le prétoire et la porte décumane campaient les deux légions romaines et les deux légions des alliés. La cavalerie était adossée aux triaires, et les princes aux haslaires, de telle sorte que l’emplacement de chaque manipule répondait à celui d’une lunue; mais une rue parallèle à la voie prétorienne séparait les triaires et les princes. La suppression de cette rue fut la seule modification apportée au campement par la substitution des cohortes aux manipules.

Les tentes étaient de peaux et ne s'appuyaient que sur un piquet placé à leur centre; chacune d’elles occupait 10 pieds (2” 95) carrés. Dans certains camps d'hiver, les Romains employaient les baraques.

Pour les camps passagers, on massait à la hâte , en terre ou en gazons, un petit parapet surmonté d’un rang de palissades. Pour les camps stables , on creusait un fossé de 7 pieds romains (2m 07) de profondeur environ et de 9 à 13 pieds romains (2m 65 à 3” 84) de largeur, dont la terre servait à élever un parapet au-dessus duquel on construisait des créneaux en gazons, en terre battue ou en clayonnage, et dont on fermait les issues par des barrières , ou même, « quand on croyait être attaqué, (par) un mur de gazon facile «à renverser dès qu’on voplait faire une sortie (2). » Tous

(1 ) Le prétoire où était l’otijuroru/um, lien où l’on consultait les augures,’ regnrdnit toujours l'orient , région favorable ; la porto la plus éloignée du prétoire, lu porte décumane, la porte des condamnés, regardait au contraire l'occident, région elnietre.

(î) Tactique de Maizerot, tome III, p. 70.

ces travaux, dirigés par les centurions et exécutés à la tâche, avec ordre, se faisaient en très-peu d’heures.

Pour un camp défensif, la profondeur du fossé et la hauteur du parapet variaient chacune de 1 2 à 1 5 pieds romains (Sm 54 à 4“ 42); plusieurs rangées d’abattis et de trous de loup précédaient le fossé ; le parapet , surmonté de palissades renforcées d’un clayonnage découpé en créneaux , était flanqué de distance en distance de tours en charpente qui* le dominaient , et sur lesquelles on plaçait des machines de guerre. €ésar fit construire de ces tours à plusieurs étages, elles joignit par des galeries, de manière à former un double parapet.

On voit que les camps romains étaient de véritables forteresses; aussi, pour les assiéger, employait-on, comme devant les places de guerre, les terrasses, les tortues et les tours. Outre les fonctions de la défense en cas d’attaque, le service ordinaire du camp comprenait :

J° Les corvées de propreté ;

2” Les gardes personnelles du général et de son lieutenant, du questeur et des tribuns ; . .

3°.Les gardes intérieures (vigilicp) et les gardes extérieures ( excubiœ ); la faction était de 2 A 3 heures;

4° Le poste de la porte du camp , où César plaçait jusqu’à 2 cohortes (1); v\.

5° Les rondes faites par les chevaliers pour contrôler la vigilance des sentinelles, que la crainte àu fustuarium (bastonnade) retenait dans le devoir (2) ;

6" Enfin les stationes, postes extérieurs placés aux points importants pour éclairer les démarches de l'ennemi et pour

(1) Güischardt, Mémoire! critique!, tome I*r, p. 287.

(2) Polïbe, livre vi, fragment 5.

rendre libres les communications utiles. Ces postes extérieurs, que les positions éparpillées des modernes obligent de multiplier, étaient en petit nombre chez les Romains, à cause de « leur façon de retrancher les camps et de se concentrer dans un terrain d’une petite étendue (1). »

Pour augmenter le danger personnel et , par suite , la vigilance des sentinelles de nuit , on leur faisait parfois monter leur garde sans pique ou sans bouclier (2).

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