‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 48 sur 127 · B0MA1NS · texte numérisé non relu

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saient presque nus au» javelotgdc la cavalerie barbare qui commençait à adopter l'usage de l’armure; ils négligeaient « leur propre défense et celle de la pall ie , et leur indolence pusillanime peut être considérée comme la cause immédiate de la destruction de l’empire (1). »

A toutes les époques, les Romains eurent à la suite des légions des ouvriers propres a la construction des machines de guerre. La présence de ées ouvriers, commandés par un officier spécial , et le soin qu’on avait d’exercer un certain nombre de légionnaires à la manœuvre des machines, expliquent la rapidité avec laquelle, dans toutes leurs guerres (2-), les Romains parvenaient à créer et à mettre en œuvre, pour faire un siège, défendre un poste ou passer une rivière, les machines les plus colossales et les mieux entendues (3j. Cés machines étaient ordinairement ensuite abandonnées, et l’on vit rarement sous la république un train d’artillerie attaché à chaque légion; mais, sous l’empire, à mesure que la valeur personnelle et les talents militaires disparurent , on attacha des machines d'une manière permanente aux légions. « Lorsqu’il ne fut plus possible de trouver des hommes, il fallut bien y suppléer par des instruments de différente espèce (4). >» Ce fut surtout après la translation du siège de l’empire (321 depuis J.-C.) que devint excessif, dans les armées romaines; l’abus de l’art balistique (5).» Pour moins s’exposer, les légionnaires préféraient combattre de loin; aussi les armés à la légère, qui se servaient d’anues de jet

(1) Gibbon, Décade nr», tome I*r, p. G7i.

(2) Surtout dans les campagnes de CMsar ; consultez les Commentaire*.

(3) Maizeboy, Art des sièges, p. 299.

(t) Gibbon, Décadfnce, tomo I", p. 10, note. Edit, du Pasilhéon littéraire.

(5) CakkioS'-Njsas, Histoire de l'art militaire, tome 1er, p. 309.

el dont le service était moins pénible , plus indépendant et mieux récompensé, se multiplièrent-ils outre mesure (1).- La légion de Végèce se compose de 6,100 fantassins et de 726 cavaliers et se divise en dix cohortes. La cohorte d’élite , chargée de la garde des enseignes et nommée cohorte milliaire, est double en notnbre des autres; dans l’ordre de bataille , la cohorte milliairc se divise en deux parties placées aux ailes de la première ligne , qui comprend en outre quatre cohortes; la seconde ligne est formée des cinq colihrtes restantes. Ces cohortes sont disposées en échiquier, comme dans l’ordonnance primitive par manipules. Voici l’énumération des différentes espèces de rangs ou plutôt de lignes dont se composait chaque cohorte : au premier rang, des pesamment armés; au second , des archère cuirassés; au troisième et au quatrième , des vélites remplissant le même emploi que les vélites de la république ; au cinquième , un onagre tlanqué de frondeurs et d’arhalétriere; au sixième, des triaires formant réserve. Outre ces onagres, qu’on faisait traîner sur des chariots attelés de bœufs, il y avait cinq carrobalistes ou manubalistes pour chaque cohorte ordinaire et dix pour la cohorte milliairc, en tout cinquante-cinq par légion. Ces carrobalistes étaient placées sur le front de la première ligne, cinq à chaque flanc et neuf dans chaque intervalle. Telle est l’ordonnance bâtarde à laquelle, au commencement du v* siècle (2), on donnait encore le nom

(1) Voyez Vkgkcë, livre n, cliap. 3.

(2) La Bibliothèque historique el militaire fait vivre Végèdo sous Valentinien II, c'est-à-dire de 375 à 394 ; Gibbon le Toit vivre sous Valentinien III, c’est-à-dire de 425 à 455 : en prônant la moyenne, on obtient 4 1 0 ou le commencement du v® siècle. — VréoÈCE nous apprend, livre i*r , chnp. 8, que do son temps on marquait les recrues ; Hogmat ajoute (Considérations sur Part de la guerre, 1816 , note 1 , p. 517) : a Sur la peau avec un fer chaud , afin de faire reconnaître les déserteurs. »

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de légion , et pourtant il eût été à désirer, dans l'intérêt de l’empire, qu’on pût la conserver intacte.

Mais il n’était plus possible d’arrêter l’empire dans sa chute ; et déjà, pour s’opposer à l’invasion du Germain Radagaise (404 depuis J.-C.), Stilicon n’avait pu rassembler une armée de 35,000 hommes qu’en offrant « la liberté et deux pièces d’or à tout esclave qui consentait à s’enrôler (1). » Stilicon comptait d’ailleurs si peu sur la valeur de ce ramassis honteux qu’il n’osa hasarder une bataille, et qu’il préféra affamer les barbares en les bloquant par une forte ligne de circonvallation.

Du reste , si les soldats manquaient , les bons généraux devenaient rares , et , après Stilicon , on ne peut guère citer, parmi les généraux de l’empire d’Occident , qu’Aêtius qui sauva l’empire en battant les Huns dans les plaines de Châlons (451 depuis J.-C.). Trois ans après, le vainqueur d’Attila fût assassiné par l’empereur; ce crime avait sa signification : c’était le peuple romain qui brisait son soutien! L’empire d’Occident ne survécut que 25 ans (jusqu’en 479).

« Au commencement du vi" siècle, a dit Lebeau (2), on ne recortnaissoit plus la milice romaine : les exercices de la cavalerie n’étoient que des tournois, et ceux de l’infanterie que des parades, dont les raffinemens recherchés pouvoient bien amuser un spectateur oisif, mais n’étoient d’aucun usage dans les batailles. » Mais, dans le courant du même siècle, l’art militaire se releva. Bélisaire, le célèbre général de Justinien, sut, avec de faibles moyens, reconquérir l’Afrique et l’Italie. Son ordonnance consistait en pesamment

(1) Gtbdoîi, Décadence, tome I", p. 717.

(2) 13» Mémoire «ur la légion, tomo XXXV des Mémoire! de l'Académie de i intcripliom , p. 276.

armés rangés en phalange sur 8 ou 10 rangs de profondeur ; les armes n’étaient plus uniformes; l’aigle servait encore

d’enseigne (1).

Sous Iléraclius, (pii brille par ses qualités guerrières entre les indignes princes de Constantinople, l’année romaiuç, vaincue par les Sarrasins à Aiznadin, consistait en 70,000 hommes, presque tous à cheval. Tandis que la cavalerie, que l’on exerçait à la manière des différents jieuples harhares, commençait à devenir prépondérante, l'infanterie, complètement négligée, tendait à s’anéantir; les archère étaient regardés comme ce qu’on avait de mieux.

Le secret de la composition de la poudre de guerre et de ses propriétés fusantes (2), communiqué à Constantin Pogonal, en 070, prolongea pendant des siècles, sous le nom de feu grégeois, l’existence de Constantinople (3). Outre cette aide inattendue, « l’autorité du monarque de Byzance faisait tout ce que peut faire l’autorité : elle prescrivait des camps et des marches, des exercices et des évolutions; elle publiait des ordonnances et des écrits sur l’art militaire (4).

nLv a * • *

(1 ) Lebf.ac, 14' Mémoire sur ln légion, tome XXXV des Mémoittt de l'Ara démis de s inscriptions , p. 289.

(2) Et non de sa force de projection que les anciens ne connurent pas^

(3) Consulte* Ludovic Là LAMIE, Recherches sur le feu grégeois, 2* édit. ,

1845, in-4°, p. 70 et 86; — l’ouvrage de MM. Reinaud et Fav£. Qu Au grégeois, etc., in-8°, 1845, p. 110 et 234; — LaCahanb, De la poudre à canon el de son introduction en France , 1845 , p. 2 et 4. Nous reprendront la question du feu grégeois , en parlant de l’invention de la pdudre, au début de la seconde partie de l 'Histoire de l’art de la guerre. ^ • .

(4) Parmi ces écrits te trouvent en première ligne les Inelilulions militaires de l'empereur Léos VI , dit le Philosophe. Deux passages de cet ouvrage prouvent toute l'importance qu’on attachait alors aux archers. L’un institution iv) veut qno les centurions sachent, autnnt quo possible-, tirer de Parc; l’autre (Institution vi) contraint les Romains & l’exercice de l’arc jusqu'à 40 ans. Un passage de l'Institution ix tolère pondant la marche le dépOt des armes dans les chariots, h condition que si l'ennemi approche chaque soldat reprendra scs armes pour fltre prfit à combattre. O Scipion , ce n'est pas avec de pareils soldats que tu eusses vaincu Annibal !

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Telles étaient- la richesse du prince et l’habileté de ses nombreux ouvriers que les armées avaient en abondance tout ce qu’elles pouvaient désirer en ustensiles et en munitions; mais l’autorité du prince et l’adresse de ses ouvriers ne pouvaient former la machine la plus importante, c’est-à-dire le soldat (1), » et c’est faute de soldats que croula l’empire de Constantin !

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