‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 6 sur 127 · JUIFS · texte numérisé non relu

JUIFS

D’après les lois de Moïse, à vingt ans on était apte au service (1) ; mais on exemptait, afin de les conserver à l’État, ceux qui avaient planté une vigne, bâti une maison ou épousé une femme dans l’année : et l'on permettait à ceux qui manquaient de courage de quitter les rangs pour que la contagion de leur exemple ne devînt point funeste à l’armée (2). ,

Outre les archers et les frondeurs, il existait des corps de troupes plus pesamment armés : ces corps,, forts de 1,000 hommes, se subdivisaient en groupes de 100 hommes. L’armée, commandée par le chef de la nation, qu'il prit le titre de juge ou de roi, marchait sous 12 enseignes, une par tribu : celle de Juda portait un lion , celle de Ruben un homme, celle de Dan un aigle, celle d’Éphraïm-un bœuf. Les armes défensives étaient le bouclier, le casque, la cuirasse ; les aimes offensives une forte épée, « leur arme de prédilection », et une hallebarde pouvant servir pour le jet ou l’estoc. Le costume consistait en une tunique courte et serrée sur les reins.

David fortifia Jérusalem, qu’il choisit pour résidence, et y bâtit une citadelle : il n’eut ni cavalerie ni chars, mais son fils Salomon en établit. Le roi Ozias fit le premier construire des arsenaux (vers 808 avant J.-C.).

Les Juifs combattaient ordinairement sur une seule ligne de 10 à 30 hommes de profondeur, derrière laquelle se trouvaient les chefs pour tuer les fuyards : les premiers rangs

(1) La Sa in if Bible, le* Nombre», chap. verset 3.

(2) Lh Sainte Bible, Deutéronome, chnp. 20, versets 5, 6, 7, 8. a Les Romains, au contraire, dit Carkioü-Nisas ( Histoire de fart militaire, tome I", p. 372), croyaient raisonnable d'appeler celui qui avait à protéger sa femme, sa vigne on sa maison. » Rappelons à ce propos que du (luesclin , avant ln bataille de Cocherai (f 364) , permit à ceux de ses soldats qui manquaient do cœur de quitter les rangs.*

2 f HISTOIRE DE L’ART DE LA ClIERRÉ.

élaienl formés d’archers et de frondeurs, qui ouvraient l’action en entonnant le cri du combat. Les signaux se faisaient au son du cor et de la trompette. '

Leur religion interdisait aux Juifs de combattre le jour du sabbat, et maintes- fois ils furent surpris et défaits par suite de cette interdiction. Les Machabées, dans l’intérêt de leur patrie, secouèrent avec intelligence la gêne de cette prescription religieuse , et vainquirent plusieurs fois le jour du sabbat.

Quant à l’art de fortifier et de prendre les places, les Juifs durent s’y perfectionner par le grand nombre de sièges auxquels les contraignit la conquête de la terre promise. Cependant on ne doit admettre qu’avec réserve les conclusions quelquefois conjecturales de l’auteur de la Poliorcctique des anciens (1), qui fait remonter :

L’emploi delà mine et de la sape à Jacob (2100 avant J. -C.) ;

L’emploi des circonvallations à Moïse (1 500 avant J.-C.) ;

L’emploi des enceintes avec tours et créneaux et citadelles à Abimelech (1300 avant J.-C.);

Enfin l’emploi des batistes cl catapultes à Ozias (810 avant J.-C.). • . .

Et surtout il ne faut pas supposer ces -moyens d’attaque , ces enceintes et ces machines, aussi parfaits qu’ils l’ont été depuis chez les Grecs et les Romains.

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