‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 70 sur 127 · SOLDE JOURNALIÈRE · texte numérisé non relu

SOLDE JOURNALIÈRE

Ennemie le l 'époque-

ippmimali'tnut es monnaie actuelle.

Écuyer à cheval couvert

7 sols 6den.

18 fr. 75 C.

Écuyer à cheval non couvert..

Le taux de cette solde parait élevé, car le prix de l’argent était alors énorme, comparativement à sa valeur actuelle ; mais il s’appliquait uniquement aux guerres du roi Contre des vassaux rebelles, et avait par conséquent chaque fois une faible durée. . ,

Citons, pour terminer, deux soldes d’une nature particulière.

En 1066, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant,

(4) BoktkKfs, Recherches sur la solde , dans le Journal militaire, partie non officielle, septembre 1848, p. 99 et 100.

(2) Daniel , Histoire de la milice française, tome Ior, p. 40- et 403.

(3) En 1338, pour l'dcnjcr 6 sous .(15 francs), suivant Mokteil, Histoire des Français des diters états, XIVe siècle, épîlrc 34, note 23.

sur le point de partir sous voiles pour sa proie l’ Angleterre, ne voulait décourager aucune prétention parmi les mercenaires qui accouraient s’offrir à lui, et il promit à un moine de Fécanip un évêché anglais pour un navire et 20 hommes d’armes (1).

Dans la croisade de 1248, une fois en Palestine, le sire de Joinville, sénéchal de Champagne, accorda une solde de 1,200 livres aux « chevaliers et gens d’armes » de sa bannière jusqu’à Pâques, c’est-à-dire pour la moitié de l’année, et de plus il les nourrit (2). Ces 1,200 livres vaudraient aujourd’hui environ 72,000 francs (3), et la bannière de Joinville, une des plus importantes, comprenait probablement plus de 10 lances fournies.

Pour l’écuyer, pour l’aspirant à la chevalerie, l’obtention du titre de chevalier, conféré en cérémonie et avec accolade, formait la plus belle récompense.

Pour le chevalier, il était rémunéré de ses grandes actions, de sa valeur, de scs blessures, par une renommée qui s’étendait en tout lieu, par le plus glorieux accueil dans les cours, dans les châteaux , par l’amour de la dame de ses

(1) Augustin Thierry, Conquête de l'Angleterre, édition grand in- 18, 1846, tome Ier, p. 244.

(2; Joinville. Hiiloire de taint I.oyt , édition Petitot, p. 321 et 322; édition do M. Francisque Michel (grand in-18, chezDidot, 1858), pp. 143.

(3) Je cnlcule ainsi. A la fin du régne de saint Louis le setier do blé valait sept sols, tandis que aujourd'hui il vaut au moins 21 francs, c'est-à-dire soixante fois plus ; donc la valeur rejativo de la livre, .monnaie de cette époque, peut être considérée comme représentant au milieu du xixc siècle 60 francs. La page précédente montre que Bontemps estimait, en 1818, à 50 francs la livre du temps de saint Louis.

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pensées. Ail plus fort du raffinement des pures idées féodales, la gloire et l’amour stimulaient assez l’émulation; pourtant, à cette époque même, et surtout dès que ces idées s’amoindrirent, les chefs cherchèrent à établir des récompenses plus solides. Nous citerons :

1° Les armoiries. Dans l’origine, les armoiries furent adoptées un peu au hasard, et le plus souvent d’après la volonté ou le caprice de leur possesseur ; mais, dès l’organisation de la société féodale, il n’en fut plus ainsi , et le roi seul conféra les armoiries. La plupart étaient en réalité un attribut militaire, cl formaient presque, comme signe distinctif et endossé par la suite de chaque chevalier, un équivalent de l’uniforme. On les trouve fixées et héréditaires à partir des croisades.

2° Le prix et armes, donné après une action au chevalier qui s’était le plus distingué.

3° Les anneaux, colliers, chaînes, couronnes et autres objets décernés par les souverains au plus valeureux ; on en rencontre même d’offerts par les vainqueurs h leurs prisonniers dont ils admiraient le courage, et ce fait caractérise bien cette chevaleresque époque. Toutefois, ajoutons que ces dons appartiennent assez rarement à la première portion du moyen âge.

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