DISCIPLINE ET CHATIMENTS
Nous avons dit au § i du chapitre qui précède que les Francs étaient peu obéissants. Cette tendance de leur caractère se maintient jusqu’à Clovis, malgré l’assertion contraire du P. Daniel (1), et ce monarque est obligé de punir parfois
(1) Noos avions déjà combattu cotte assertion dans los notes 4 4 et 47 d'un
LE MOYEN AGE AVANT l’l'SAGE DE LA POUDRE. 263
de sa main ceux de scs soldats qui se considèrent encore comme ses égaux , à l’instar du temps où leurs ancêtres vivaient sous les forêts de la Germanie. Charlemagne seul eut * la force d’introduire et de faire observer dans ses armées une discipline sévère. Cette discipline disparut en France et en Allemagne, sous scs faibles successeurs, sapée en partie par l’esprit d’indépendance du système féodal. Les ehevaliers combattaient souvent plus pour eux que dans l’intérêt général ; les cavaliers légers et les fantassins songeaient plutôt au pillage qu’à la poursuite : tous, aux différents degrés de la hiérarchie, commettaient des crimes ou des fautes. De là des modes de répression, des châtiments d’autant plus utiles à indiquer qu’ils restent empreints de l’esprit du temps.
En tête de ces châtiments, nous devons placer :
La dégradation de la chevalerie, dans laquelle on arrachait, on rayait, on brûlait ou traînait dans la boue les armoiries; pendant ce temps, le dégradé était sur un échafaud et on lui jetait à la face toutes sortes d’injures; il descendait, puis, mis sur une claie, était porté à l’église couvert d’un drap mortuaire et entendait réciter sur lui les prières des morts. La dégradation s’appliquait à la lâcheté» à la félonie, à tout acte bas et vil.