‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 72 sur 127 · faut ajouter à la dégradation · texte numérisé non relu

faut ajouter à la dégradation

La selle chevalière (peine consistant à porter sur son dos une selle d’armes) et la perte des éperons d’or, tranchés publiquement; ces deux peines, et d’autres semblables, se prononçaient pour enfreinte aux lois de la chevalerie.

Les mutilations diverses, telles que l’amputation ou le

percement de la langue pour blasphème; l’amputation d'un

travail d'annotation préparé, on 1850, pour une réimpression do V Histoire de la milice française, qui a été annoncée mais n'n pas paru.

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poignet pour mauvais traitement envers un chevalier ; Pamputalion des oreilles (esoreil/ade) pour crime ou pour réci- • dive dans la tromperie au jeu.

Il est assez difficile de préciser les punitions appartenant spécialement, au moins comme origine, à la partie du moyen âge qui nous occupe ; toutes chevauchent plus ou moins sur la seconde partie, qui est plus riche en documents, plus connue, plus appréciée.

Voici pourtant un châtiment qui se rapporte à la grande croisade du roi saint Louis, à la croisade de 1248 : — Tout chevalier pris dans un mauvais lieu , et le cas se présenta fréquemment en Egypte, perdait son cheval, son armure, ses harnais, et était chassé et proscrit de l’armée, à moins qu’il .. ne voulût se soumettre à une expiation publique qui nous semblerait, à nous, prudes du présent siècle, plus scandaleuse encore que le péché commis (1).

Les armées de Clovis n’étaient pas nombreuses : la tribu des Saliens, sur laquelle il régnait , ne comptait guère que 4 ou 5,000 hommes en état de porter les armes, et ses effectifs sur les champs de bataille ne devinrent sans doute jamais considérables, puisqu’aueun historien ne les indique et que chaque écrivain se borpe à ce sujet à des expressions vagues. L’un de ses petits-fils, Théodebert, roi d'Austrasie, envahit pourtant, 38 ans après sa mort, l’Italie à la tète de 100,000 hommes; dans scs plans gigantesques, il parlait même de

. (4) Joinville, Histoire de saint Loys , édition Petitot, p. 342 et 344;

édition do M. Francisque Michel (grand in-1 8, chez Didot, 4858), p. 154.

renouveler cette invasion avec 500,000 combattants (1). Charles Martel, à la bataille de Tours (732), dite aussi de Poitiers, lutta, dit-on, avec 30,000 Francs contre 400,000 v Sarrasins. Charlemagne entretint à la fois plusieurs armées.; j'avoue n’avoir pas rencontré d’indications relatives à leur effectif probable.

Sous les rois qui suivirent ce monarque, même difficulté pour rassembler des documents sur la force des armées.

300.000 combattants prirent part, dit-on, à la bataille de Fontanet (8 fl), où les forces se trouvaient égales de part et d’autre. En 1066, le fameux Harold eut pu réunir 100,000 hortimes pour arrêter le duc de Normandie Guillaume à son entrée sur le territoire anglais. Louis le Gros mit 200,000 combattants sur pied pour résister à l’empereur et au roi d’Angleterre, qui voulaient envahir la France (1124). A la bataille de Legnago, où les Impériaux furent vaincus (25 mai 1176), .leurs vainqueurs, les Lombards, avaient à peu près

100.000 guerriers sous les armes. La journée de Bouvines (1214) montra Philippe-Auguste remportant une grande victoire avec 50,000 Français (2). A là fin de 1237, aux environs de la bataille de Cortenuova, l’armée impériale et Par-

. * mée lombarde ne comptaient ni l’une ni l’autre phis de

25.000 hommes. Ces chiffres, moindres que les précédents, sont purement accidentels et n’indiquent pas un retour déterminé vers les petites armées, qui ont de tout temps remporté les plus grands succès. Bientôt, en effet, de gigan-

(1) Gibbox, Décadent* de l'empire romain, chap. 41.

(2) SiSMONDi réduit encore ce chiffre : « Nous serions, dit-il, porte h croire que chaque armée De dépassait pas, h üouvines, la à 20,000 hommes et qu’elle se composait de 7 à 800 chevaliers, de 42 il 1,500 écuyers & cheval, de 2 ou 3,000 cotterets ou routiers à pied, et do 40 à 12,000 hommes de U milice d«s villes. »

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tcsques expéditions dépassent tonies les proportions connues : la première croisade (1) entraîne des millions d'individus de tout âge et de tout sexe, parmi lesquels on peut compter

630.000 combattants (2) ; Louis VU emmène 1 50,000 hommes dans la croisade de 1147.

Au reste, les armées ne s’évaluent déjà plus par tètes, mais bien par bannières : saint Louis part pour la croisade de 1248 à la tète de 2,800 chevaliers bannerets. Il est donc nécessaire d’expliquer ce que l’on doit entendre par bannière.

lia bannière semble avoir compris, suivant les pays et les temps, de 5 à 10 lances fournies. Or, la lance fournie, qui a aussi varié, peut en moyenne, ou le plus communément, se fixer à 6 combattants, savoir : l'homme d'armes (chevalier ou écuyer), 3 archers, 1 cputîllier (3) et 1 page. Il s’ensuit que la bannière se composait de 30 à 60 combattants à cheval. En adoptant le plus faible de ces deux nombres, comme la plupart des écrivains, les 2,800 bannières de la croisade de 1248 correspondent encore à

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