ARTILLERIE
Outre les grosses machines de jet lançant des projectiles avec une cuiller ou une fronde , et dont nous avons parlé au § 1 4 du précédent volume , il existait aussi des machines plus portatives , correspondant aux pièces actuelles de campagne; mais leur usage ne parait pas remonter au delà du xiv” siècle : elles ont donc sur les bouches à feu une faible antériorité. C’était, en général, des arbalètes à tour, placées sur un petit chariot à deux roues, et nommées esprinyoles. On en voit figurer trois à la bataille de Mons-en-Puelle (1 304) , sur le front de l'armée française. Les espringoles lançaient soit des pierres, soit des dards appelés carreaux (1). Quant * aux trébuchets qui projetaient des pierres entourées de feu , ils paraissaient plus rarement à cause de leurs dimensions, car il fallait pour les porter un chariot à quatre roues, et se rapprochaient aussi des machines de siège par l’emploi du cuilleron (2).
Les premiers canons, c’est-à-dire les machines applicables à l’usage de la poudre nouvellement inventée, machines destinées à remplacer les anciennes machines de guerre et à servir de base à la constitution d’une nouvelle arme (3),
(1) On écrivait alors garot ou garrot nu singulier, et garrot au pluriel.
(2) Étudei sur le pané et l’avenir de l'artillerie, par le prince Louis-Napoléon Bon a farte, t. Ier, p. H.
(3) Il y avait de l'artillerie avant l'invention des canons et armes à feu , car en donnait ce titre n la spécialité des anciennes machines (on disait un artilliert un artilleur... , en latin un artillator). Mais cette spécialité, surtout on campagne, n’était qu'un faible accessoire : avec la poudre, au contraire, cette spécialité restera secondaire quant au nombre île ses soldats, mais elle obtiendra bientôt par ses effets presque autant d’importance que les armes principales.