SUÉTONE
4 InEy.
où HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ.
façon de nos glaces. Pline, décrivant le verre obsidien, fabriqué à limitation de la pierre du même nom (ad sèmilitudinem lapidis quem in Æthiopid invenil Obsidius), disait de ce verre, qu'appliqué contre la muraille comme miroir (in speculis parietum), il rendait, attendu si teinte noirâtre, l'ombre de l'image plutôt que l’image elle-même (pro imagine umbras reddente)!.
Pausanias, parlant du temple de Diane en Areadie, raconte comme chose curieuse, qu'en sortant de la chapelle, du naos, où était la statue de la déesse, on trouvait appliqué dans le mur de la chapelle un miroir; qu'en y regardant, on s'y voyait à peine, si même on se voyait, mais qu'on apercevait distinetement la statne de la déesse.
Il est évident qu'il y avait là, encastrée à même la muraille, une plaque de verre, une elace, non étamée, qui reflétait à distance, suivant les lois de l'optique, l'image de celui qui posait devant elle, et au travers de laquelle on pouvait voir les objets reportés dans la chapelle.
Sénèque nous apprend qu'on se servait à Rome de miroirs grands comme la personne, ornés d'or et d'argent ciselés, et plus tard, de pierreries*.
Le verre se prètait mieux que le métal, les anciens nous l'ont dit (neque est aptior materia), à de si grandes proportions. Ces miroirs égaux en hauteur à la stature humaine n'auraient pas eu moins de 5 à 6 pieds romains (1,75 environ). Il n'y à pas tant d'années qu'une glace de cette dimension, en France, eût passé pour une grande glace.
Ces miroirs étaient fixés à la muraille, à la façon de nos glaces (speculum parieh adfixum) et faisaient partie de la décoration des appartements, ainsi que l'indique Ulpien dans son Digeste *.
Lucrèce dépeint deux de ces miroirs placés en regard l'un de l'autre, se renvoyant
l'image et la répétant jusqu'à cinq et six fois :
Fit quoque de speculo in speculum ut tradatur imago Quinque, eliam sex *.
Pour obtenir cet effet, ces deux miroirs, d'après les lois de la physique, avaient dù être placés entre eux, avee ou sans dessein, sous un angle d'environ 60 degrés.
Ailleurs le poëte se complait à décrire les effets d'optique de ces grands miroirs, où l'image, T 2 Le)
dit-il, se meut comme nous, lève avee nous le pied, imite tous nos gestes Vitruve raconte qu'un certain Gtesibius d'Alexandrie, habile ingénieur, avait imaginé de
1 Jih: XXANVI CS xx.
? « Postea rerum jam potiente luxurià, specula totis parts corporibus, auro argentoque cœælata sunt, denique gemmis » ornata. » (Quæstiones neturæ, Bb. !, ©. xxur.)
$ Digeste, L. xxxut.
Ÿ De rerum naturd, lib. IV, vers 505.
S Jbid., vers 319.