DG
HISTOIRE DE L’ART GREC
En admettant que les anciens ne sussent point fermer l’ouverture du toit, elle peut rester sans voile et sans fenêtre. La statue, n’en sera pas moins protégée, et une très-petite partie du temple demeurera exposée à la pluie ; l’avantage sur l’hypèthre est, en cela, considérable. Cependant il y a une objection plus grave, C’est qu’aucun des architectes de notre temps qui ont étudié avec le plus de religion les ruines antiques, n’a trouvé de combinaison satisfaisante pour ouvrir la charpente et la toiture d’un temple rectangulaire. Je ne veux pas dire qu’il soit difficile de' se figurer un grand trou carré dans le plafond , interrompant la snite de la construction, ou bien des jours de combles, mesquins, disséminés. Mais un arrangement clair, simple, répondant à tous les besoins de solidité et d’élégance que les Grecs faisaient passer avant toute chose, on n’en a point encore trouvé; sans cela, tout le monde eût abandonné l’hypèthre comme on avait abandonné le temple fermé. M. Fergusson a imaginé un système d’éclairage ingénieux qui nécessite une foule de petites fenêtres sur la toiture et des complications que le génie grec comporte peu. D’ailleurs, les monuments figurés de la Grèce écartent son système, aussi bien que l’hypothèse qui veut une lanterne surhaussée protégeant l’ouverture du toit. Les basreliefs, les vases peints, les monnaies, représentent parfois des temples vus par leur long côté. L’arête de la toiture est toujours continue, et l’on ne peut rien découvrir qui ressemble à une lanterne ni à des fenêtres.
L’ÉCLAIRAGE DES TEMPLES
Comment donc se prononcer entre les trois systèmes que je viens d’exposer? J’avoue que j’incline vers le dernier, quoiqu’il soit le plus difficile à justifier par des preuves. Je répugne 'également à croire que les Grecs aient laissé leurs temples plongés dans les ténèbres et qu’ils les aient laissé dévorer par la poussière ou inonder par la pluie. Il y a eu de grands monuments hypèthres, cela paraît assuré. 11 y a eu quelques petits sanctuaires fermés, obscurs, comme nos cryptes chrétiennes. Mais la généralité des temples, pleins de richesses, d’offrandes magnifiques, d’armes, de meubles, d’objets précieux, décorés de peintures des grands maîtres, contenant des statues*en or et en ivoire, ne pouvaient être obscurs comme des caves ou lavés par la pluie comme des places publiques. Rien n’est plus contraire aux idées que nous nous faisons de la vie antique, où tout est lumière, et de l’art antique, qui protège ses chefs-d’œuvre avec un soin si jaloux et qui les adore. Les textes anciens n’ont rien de décisif, puisque toutes les opinions y trouvent des armes. Il faut donc attendre que les monuments parlent ou qu’un architecte archéologue trouve une heureuse solution du problème et nous démontre qu’un temple pouvait être fermé tout ensemble et éclairé.