‹ Histoire de l'art grec avant PériclèsChapitre 27 sur 30 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ÉCOLES DORlENiNES. — CANACHUS ET AGÉLADAS.

Quand on considère combien les Grecs étaient curieux de leurs origines et avides de gloire, on s’étonne du nombre d’artistes anciens dont ils ont laissé perdre le nom. Déjà, sous les empereurs romains, ils ne peuvent désigner les auteurs de beaucoup d’œuvres conservées dans les sanctuaires les plus fréquentés. Si Pausanias n’eut relevé la plupart des signatures gravées sur les piédestaux des statues, la part faite à l’oubli eût été plus considérable encore. Il est juste, toutefois, de faire un retour sur nous-mêmes. Combien de sculpteurs et de peintres antérieurs au quinzième siècle et même au seizième sont ignorés des siècles qui ont suivi ! Combien d’œuvres, auxquelles nous nous contentons de reconnaître un certain caractère primitif, restent anonymes ou sans intérêt, je ne dis pas seulement pour la foule, mais pour les amateurs les plus éclairés ! On prononce des noms au hasard, sans certitude ni vraisemblance, et ces

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noms sont condamnés à n’avoir point d’écho. Cimabué, Giotto, Mazaccio, le Pérugin sont populaires jusqu’à un certain point, parce qu’ils sortent des rangs, et surtout parce que l’érudition est un des goûts dominants de notre époque ; d’autres, qui ont fait un peu moins, mais qui ont fait beaucoup pour le progrès de l’art, sont relégués dans l’oubli. En vain les critiques s’efforcent de démêler leur mérite à travers des formes plus naïves qu’attrayantes, et de leur rendre leur place dans l’histoire ou dans la faveur publique, le public demeure indifférent comme on est indifférent pour les débris d’un naufrage. Cette injustice est encore plus sensible pour les sculpteurs du moyen âge, ignorés presque tous. Qu’on se rejette sur leur piété, sur une humilité qui s’absorbait dans le sentiment religieux et ne prétendait à aucune gloire, il n’en est pas moins vrai qu’ils restent enfouis dans une nuit impénétrable.

Les Grecs cédèrent donc à la faiblesse commune et à la courte portée de la mémoire humaine, en oubliant aussi beaucoup de leurs anciens maîtres. Tel est, le malheur des œuvres qui ne sont point marquées du sceau delà perfection. Seulement, de même que pour nous les talents les plus vaillants surnagent et restent sinon populaires du moins connus, de même, parmi les sculpteurs de l’époque archaïque, plusieurs étaient chers aux Grecs dégénérés. Leurs statues furent d’autant plus goûtées qu’elles devinrent plus anciennes. Les Romains les admirèrent encore plus que les Grecs, peut-être parce que les bronzes étrusques

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