‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 220 sur 262 · OO · texte numérisé non relu

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relli, se conformant aux principes de ses collaborateurs florentins, mêle les personnages et les costumes de son temps aux flgures bibliques. Le groupement est d’ailleurs plus vivant et plus savoureux chez lui que chez Ghirlandajo; de même que certaines flgures se distinguent par une liberté, une désinvolture ou une noblesse inconnues à celui-ci : tels sont l’homme assis, une jambe croisée sur l’autre, vers le milieu de la composition, et l’adolescent debout à l’extrême droite, prototype des lansquenets que le maître peindra plus tard à Monte Oliveto et à Città di Castello. Il est fâcheux que la multiplicité des épisodes (Moïse ne paraît pas moins de cinq fois dans la composition, dans cinq actes düTérents de son ministère) nuise à l’action générale et à l’effet d’ensemble

Avec ces fresques alternaient d’importants tableaux de chevalet. Aussi fécond que laborieux, Signorelli défraya à peu près toutes les villes de la Toscane et de l’Ombrie : Cortone, Volterra, Arezzo, Castiglione, Montepulciano, Pérouse, Città di Castello, Spolète, etc.

A Florence, il peignit sur toile, pour Laurent le Magnifique, « quelques figures nues de divinités païennes » (le Triomphe de Pau, au Musée de Berlin) et une Madone accompagnée de deux Prophètes.

Malgré son titre, le Triomphe de Pan manque absolument des qualités que nous recherchons dans les compositions classiques. Rien ne se saurait imaginer de plus tourmenté ni de plus discordant; nul rythme et nulle harmonie dans le groupement; les personnages, représentés nus dans des attitudes destinées à faire ressortir la science anatomique de l’artiste (de face, de profil, de trois quarts, de dos ; les uns debout, d’autres assis, l’un même étendu sur le sol), se trouvent mal à l’aise dans l’espace limité où ils sont entassés. Pour les y faire tenir convenablement, il eût fallu donner plus de profondeur à la composition et plus d’importance au paysage; or la connaissance de la perspective aérienne non moins que l’entente du paysage étaient précisément le côté faible de Signorelli, ceux où il se montrait particulièrement inférieur aux Ombriens. Malgré tant de lacunes, on ne saurait nier que le tableau de Berlin n’ait une grande tournure et une sorte de grâce farouche.

En 1482, croit-on, Signorelli peignit à Città di Castello, pour l’église Sant’ Agostino, V Adoration des Mages, transportée depuis au Musée du Louvre. Cette composition importante, avec ses lansquenets pleins de désinvolture et de hardiesse, pèche malheureusement par le groupement; l’ensemble manque absolument d’air. On y remarque des tons de cuivre et de bronze qui jurent avec les tonalités plus chaudes des Ombriens.

1. D’après un témoignage, postérieur, il est vrai, de plus d’un siècle, Signorelli aurait représenté, dans le Mo'ise promulguant la loi, Théodore Gaza et plusieurs autres Grecs. (De Nolhac, Petites Notes sur F Art italien ; Paris, 1M87, p. in-14.)

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