‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 247 sur 262 · I. Landucci, Diario jiorentino, p · texte numérisé non relu

I. Landucci, Diario jiorentino, p

Lanterne du palais Slrozzi.

porte-étendard et aux porte-torche, aux heurtoirs et au.x clefs, aux différents

ustensiles complétant la cheminée — chenets, landiers, pincettes, pelles, — bref à toutes ces merveilles du fini où excellaient les serruriers du temps.

Les parades tendant de plus en plus à remplacer les mêlées sérieuses, ou plutôt les Italiens se retirant de plus en plus de la lutte en présence de soldats aguerris, tels que les Français, les Suisses, les Allemands, les Espagnols, les AR.MES ne pouvaient manquer de devenir des objets de luxe plutôt que des engins de destruction. Le souci de la décoration, en un mot, l’emporta sur la destination pratique. Ce qu’étaient les armes de parade , on peut le voir et par les pièces qui sont parvenues jusqu’à nous et par celles qui figurent dans les sculptures ou les

peintures du temps. Le casque était souvent une véritable pièce d’orfèvrerie, aux ornements les plus fantastiques ou les plus exubérants. Les 'artistes les plus habiles ne dédaignaient pas d’y mettre la main. A ce point de vue, les armuriers devinrent de plus en plus tributaires des orfèvres. Certaines formes toutefois, par exemple les épées connues sous le nom de langues de bœuf (en italien : « cinque dea ») ou les dogasses, jurent par leur lourdeur avec l’élégance qui dominait partout ‘ailleurs '.

I. Une épée aussi précieuse au point de vue de l’art qu’à celui de l’histoire, l’épée que le marquis J. -F. de Gonzague portait à la bataille de Fornoue, vient d’entrer au Louvre, grâce à l’initiative de M. Émile Molinier. Cette épée (reproduite dans le Bulletin des Musées, 1890, p. 341) a pour auteur l’artiste auquel on doit l’épée de César Borgia (gravée ci-dessus, p. lü-l l),

L’Epée de Gaston de Foix.

D’après sa statue funéraire. (Musée de Brera.)

Porte-torche du palais Strozzi.

LE MOIMLIER.

l^preuve tirée sur un manche de couteau niellé.

La COUTELLERIE SC traiistorme de son côté en une brandie de l’art. On ne se contente pas de donner aux couteaux les formes les plus élégantes et les plus pures : on incruste les manches de pierres 1*^.

de couleur, par exemple de lapis-lazuli , d’émaux et surtout de S;

nielles (Duchône décrit une quinzaine d’épreuves tirées sur des manches niellés et représentant tantôt des arabesques, tantôt une tête de Méduse, tantôt des instruments de musique, ou encore le Triomphe de Jules César, le Triomphe de Neptune, V Histoire d'Holopherne, etc.). Plus souvent encore, on grava ou incrusta sur les manches les armoiries des possesseurs. Quant aux lames, elles se couvrirent, comme les armures, de riches damasquinures (voy. les gravures de la page 82).

Avec la sculpture en bois nous touchons à l’art du Mobilier.

Les meubles quittent de plus en plus les profils du moyen âge, tantôt trop rigoureusement architecturaux, tantôt trop fantaisistes, pour revêtir des formes à la fois aisées, amples et distinguées. Aux sièges fixes, richement sculptés ou incrustés, dans le genre des stalles, ou du trône de Julien de Médicis (attribué à Baccio d’Agnolo)', font pendant les fauteuils recouverts de velours, comme celui de Sixte IV dans la fresque de Melozzo da Forli, de Jules II ou de Léon X dans les portraits de Raphaël.

Pendant toute cette période, la polychromie était inséparable du mobilier. Tantôt on décorait les lits, les bahuts, les coffres et les tables de véritables tableaux à l’huile, tantôt on les enrichissait de précieuses sculptures et marqueterie en bois, dont le contrat conclu en 1488 avec l’ébéniste Niccolô Paoletti peut donner une idée (// Buonarroti, 1887, p. qoS).

La MARQ.UETERIE coiitiiiua pendant cette nouvelle étape à captiver la faveur des amateurs en même temps qu’à s’enorgueillir de la participation d’artistes véritablement éminents; les uns architectes célèbres, tels que les Majano, les San Gallo, Baccio Pontelli, Baccio d’Agnolo; les autres, dessinateurs du goût le plus pur, qui surent s’assurer l’immortalité dans cette technique si minutieuse : les Barile de Sienne (p. 226), Fra Giovanni de Vérone

Couteau niellé du xvr siècle.

(Collection Spilzer.)

le mystérieux Ercole, dans lequel on a cru d abord reconnaître Hercule de Pcsaro, mais qui. d’après une découverte récente de M. \riartc, est identit|ue à Ercole dei Fideli de Ferrarc.

Page 1