Histoire gênérate de ta Tapisserie en Italie..., p
2. Jeune Homme et Jeune Fille jetant des oranges, — Joueur de guitare, — Cavalier et Dame dansant.
Joueur de luth, — Femme montrant à un homme attaché à un arbre le cœur qu'elle vient de lui
arracher, — Couples amoureux, par Zoan Andrea ; — Femmes au bain, — Musiciens (Passavant, t. \ , p. 36, 3?, 38, 83, 180, 187; t. VI, p. ii.S, etc.); — Trois Chanteurs, — Une Femme rèjlèchissant, gravures de Marc-Antoine. (Delaborde, p. 226, 229.)
.•>. Deux Amoureux, — Une Boutique de Cordonnier, — Une Scène de Chasse, etc. (Delange, Recueil de Faïences italiennes.)
Je ne mentionnerai pas les copies en faïence, en émail, en bois, etc., de ces gravures, car la commodité ou plutôt l’indolence des artistes a seule motivé ces reproductions, et nous ne trouvons dans le choi.\ de tel ou tel sujet aucune indication utile sur le goût des contemporains.
LE REALISME.
A la liiérarchie sociale, aux distinctions et aux souvenirs de fomille se rattachent les ressources si variées mises par l’art héraldique au service des beauxarts. Le moyen âge et la Première Renaissance en avaient tiré d’innombrables motifs de décoration, aussi fiers qu ingénieux et pittoresques. La Renaissance, dans sa nouvelle évolution, les négligea de plus en plus, éblouie et comme ensorcelée qu’elle était par les ornements classiques. Les Borgia, les derniers, firent exécuter de nombreuses et brillantes variations sur le taureau qui figure dans leurs armoiries. Pinturicchio, dans ses fresques du Vatican, alla jusqu’à métamorphoser ce taureau en bœuf Apis et à évoquer les mythes de l’ancienne Égypte. Au revers d’une médaille d’Alexandre VI, on voit un ange poser une couronne sur la tête du taureau.
Signalons encore, sans quitter Rome, le chêne (« la rovere k) de Sixte IV et de son neveu Jules II, ce chêne aux branches puissantes, avec son indéfinissable caractère de vigueur; puis le lion ajouté par Léon X,
en souvenir de son nom d’adoption comme pape, aux boules de la maison de Médicis; ou encore les roses du cardinal Riario dont Bramante a fait le thème principal de l’ornementation du palais de la Chancellerie, construit pour ce prélat. Mais, encore une fois, le rôle de ces motifs éminemment personnels tend à s’eft'acer.
Mendiant ou forçat, l-'ac-siniilé d’un dessin de Léonard de Vinci. (Bibliothèque de Windsor.)
Dans la Renaissance allemande ou flamande, qu’il est nécessaire d’évoquer à tout instant en regard de la Renaissance italienne, afin de fiiire ressortir par le contraste les tendances de cette dernière, les scènes rustiques, les danses de paysans par exemple, jouissaient d’une fiiveur sans égale. Dürer, Holbein, Lucas
E. Müntz. — II. Italie. L’.Xg'e d Ür.
de Leyde abordaient-ils ce domaine, leur verve se développait en raison même de la trivialité du sujet. Les artistes italiens, eux aussi, se sont plu à peindre la vie des champs; mais, comparés à leurs confrères du Nord, leurs paysans sont des héros d’églogue, dignes de peupler l’Arcadie de Sannazar*.
La plaquette en bronze est à la statuaire ce que l’estampe est à la peinture : elle a pour mission, comme sa sœur, de traduire toutes les idées et de pénétrer partout. On ne s’étonnera donc pas de retrouver sur des plaquettes des sujets analogues à ceux que mettait en œuvre la gravure. Une plaquette de la collection de M. Spitzer montre un laboureur demi-nu conduisant une charrue; une autre plaquette de la collection de M. G. Dreyfus représente une scène analogue.
Placé plus bas encore que les ouvriers des champs, relégué au dernier degré de la hiérarchie sociale, le mendiant a parfois attiré l’attention des artistes. Voici, dans une gravure appartenant à l’École vénitienne du commencement du xvP siècle, un vieil aveugle s’appuyant sur un bâton, tout en tenant en laisse son chien et en tendant la sébile : à sa ceinture pend un rosaire (Passavant, t. V, p. ide); ou encore un mendiant du Vinci. Mais, quelque misérable que soit leur condition, leur tête respire la noblesse : on pense à Homère ou à Bélisaire, non aux gueux que mettra bientôt en scène Callot.
En regard de la représentation d’une classe déterminée — grands seigneurs, soldats, musiciens, paysans — plaçons maintenant la représentation de l’individu, c’est-à-dire le portrait. Quelle place cette forme par excellence du réalisme tient-elle dans l’art de la Seconde Renaissance?
Assurément, le rôle des portraits a grandi d’année en année, fournissant aux artistes l’occasion de se trouver plus souvent que par le passé en contact avec le modèle vivant; bien plus, en contact avec autant de modèles qu’ils avaient de portraits à exécuter. Et ces portraits, qu’ils sont variés en comparaison de ceux de 1’ âge précédent ! Aux effigies à peu près invariablement de profil et en buste succèdent les portraits en pied, les portraits équestres, les portraits allégoriques’’, les portraits collectifs (portraits de tous les membres du Sacré Collège peints par B. Peruzzi sur la frise du palais Bazio à Rome). Tantôt Raphaël peindra une Fornarine aussi peu vêtue que possible, tantôt il prodiguera autour de son modèle une série d’accessoires de nature à compléter sa physionomie morale, comme il l’a fiiit pour le pape Léon X. Mais cette recherche de la physionomie
1. Le Marchand de lait de G. -A. de Brescia ; les Bergers de D. Campagnola, dans le goût du Giorgione; le Vieux Berger jouant du flageolet, le Paysan et la Femme aux œufs, le Jeune Berger, tousd’Agostino Veneziano; le Vilain et la Vilaine, de Benedetto Montagna (les deux personnages se prennent aux cheveux : entre eux un enfant avec un couteau qui cherche à les séparer), etc. (Passavant, t. V, p. iio, 168-1-69; t. VI, p. 59-61.)
2. Dès cette époque quelques artistes se laissèrent séduire par ce genre faux s’il en fut, puisqu’il tend à mêler ce qu’il y a de plus abstrait à ce qu’il y a de plus réel et de plus personnel (de nos jours encore Ingres en a fait la douloureuse expérience dans son portrait de Chérubini). C’est ainsi qu’en iSaS Lorenzo Lotto peignit un fiancé et une fiancée couronnés par l’Amour (Musée de Madrid).