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LES MUSEES HT LES CABINETS D'ANTIQUES

La formation méthodique des musées, la découverte du groupe des Trois Grâces, de l’Hercule de bronze, de la Zingara, tous trouvés à Rome, marquent une étape de plus.

Les amateurs, auxiliaires souvent inconscients

bas-reliefs mis à contribution par les sculpteurs de l’arc du Castel Nuovo. A quelque distance de là, Barletta s’enorgueillissait de sa statue colossale de Théodose.

En remontant vers le nord, il faut signaler, à Ravenne, les précieux vestiges conservés dans l’église Saint -Vital ( bas-relief avec les Génies entourant le trône voilé de Neptune1); à Pavie, la statue équestre connue sous le titre de « Regisol » (détruite pendant la première Révolution); à Venise, les quatre Chevaux de bronze rapportés de Constantinople (1 2()5) et placés sur la façade de Saint -Marc (déjà copiés par Giotto dans ses fresques de la Madonna dell’

Arena), etc.

Ornements antiques sur un frontispice du xv“ siècle. (Philippus Bergomensis : de Claris Mulieribus.)

des artistes, réunissent les modèles que ceux-ci imiteront ou interpréteront : les marbres, les bronzes, les médailles, les bijoux, les pierres gravées; ils feront ainsi mieux connaître les formes antiques, la richesse de ces imaginations grecques et romaines si foncièrement plastiques; ils remettront en lumière tout l’attirail archéologique; ils créeront la couleur locale.

Dès le premier tiers du quinzième siècle on trouvait dans la plupart des grandes villes de l’Italie, surtout dans le nord, des séries plus ou moins riches de médailles et de pierres gravées. Vers 1400, Ambroise le Camaldule

l. De Ronchaud, lu Tapisserie dans l' Antiquité ; Paris, Rouam, iBRq, p. I2>.

cite les collections du médecin Pierre et de Benoît Dandolo, à Venise; d’Andreolo Giustiniani, à Gênes. Cyriaque d’Ancône, lui-même collectionneur passionné, mentionne à son tour, en 1442, les médailles réunies par le fils du marquis de Mantoue, Gianlucido (1421-1448), qui étudiait alors à Pavie. A Ferrare, Lionel d’Este possédait un choix de cornalines. A Florence, on admirait la collection de Niccolô Niccoli, du Pogge et de Ghiberti. A Naples, le roi Alphonse recherchait surtout les médailles des hommes célèbres. Dès le milieu du siècle, Pierre de Médicis avait réussi à conquérir environ 900 médailles et 17 ou 18 intailles ou camées (inventaire de iqSô). Mais sa collection était absolument éclipsée par celle de son rival, le cardinal Pierre Barbo de Venise (plus tard pape sous le nom de Paul II); en 1457, ce prélat possédait 227 camées, près de 400 intailles, 97 monnaies d’or et un millier de monnaies d’argent.

Ces chiffres devaient être singulièrement dépassés vers la fin du siècle : en 1492, Laurent le Magnifique laissa plus de 23oo médailles; en 1494, le médaillier de la maison d’Este comprenait 487 médailles en or et 3385 médailles en argent.

En établissant un dossier spécial pour chacun des principaux monuments de la sculpture, on serait étonné de la multiplicité des emprunts auxquels ces différents modèles ont donné lieu.

Prenons les Dioscures du Quirinal. L’un d’eux a été copié dans un dessin attribué au Pisanello (Milan, Bibliothèque Ambrosienne) et dans un dessin fort médiocre du British Muséum, faussement donné à Pollajuolo (Braun, n° 65). Le groupe entier a été mis à contribution dans les ambons de bronze de Saint- Laurent de Florence, commencés par Donatello et terminés par Bertoldo, ainsi que dans le retable de l’église Saint-Zénon de Vérone, dû à Mantegna. Un dessin du même Mantegna1 nous en offre une imitation libre. Quant aux chevaux, ils ont servi de prototype à Léonard de Vinci, à Raphaël et à bien d’autres.

Le groupe des Trois Grâces, aujourd’hui au Musée de la cathédrale de Sienne, et le bas-relief avec trois nymphes debout presque dans la même attitude, ont inspiré : i" un des auteurs des fresques du palais de Schifanoja; 2°, 3°, 40 les auteurs des médailles de Marie Politiana, de Pic de la Mirandole et de Jeanne Tornabuoni; 5° un bas-relief du seizième siècle (imitation assez libre), conservé au Musée archéologique de Brera (n° 10 1); 6°, le dessin de Raphaël conservé à l’Académie de Venise; 7° le tableau du même récemment acquis par le duc d’Aumale; 8° une miniature des Vies de Platina (Florence, Bibliothèque Laurentienne, pi. LXV, n° 38, volume exécuté en 1489, à Florence, avec un frontispice ajouté sous Léon X); nous voyons dans cette

l. Gravé dans la Galette des Beaux-Arts, 1886, t. I, p. 177.

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